‹ Les livres de Dieu: Moïse et le TalmudChapitre 105 sur 184 · Kitty^ FIN nnm n^om «]W^d w · texte numérisé non relu

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et Bileam à un cèdre. Or, le roseau vient près de Feau, il est agréable au toucher, ses racines sont nombreuses et tous les vents du monde ne le renversent pas, de plus, on en fait la plume pour copier la loi de Dieu ; tandis qu'un fort vent du nord renverse le cèdre d'un coup. La fable du renard, invitant le poisson à quitter Teau pour la terre ferme, se trouve Traité Bérachoth, neuvième li^TC. C'est le païen invitant Israël à quitter sa loi. L'homme entre deux âges, ayant deux femmes, dont l'une lui arrache les cheveux gris et l'autre les cheveux noirs, se trouve Baba Kama, sixième livre. Enfin le Talmud Sanhédrin raconte la fable du boiteux se mettant à cheval sur l'aveugle pour le conduire et y compare l'âme chevauchant sur le corps. Tout cela en très-bon hébreu. En général tous les principes moraux du Talmud sont écrits en bon hébreu et recueillis tels qu'ils furent écrits. Tels sont les Pirké Abath dont les auteurs en grande partie ont vécu avant Jésus-Christ et dont la morale parfois est d'une grande élévation.

Le Talmud, dans la forme où il se trouve devant nous, n'est donc pas le livre d'une seule

époque, mais un recueil de discussions, de débats, de doctrines et de principes contradictoires de plusieurs siècles consécutifs, depuis la rédaction de la Mischnah, espèce de codification de toutes les lois politiques, religieuses et sociales de Moïse applicables à Tétat juif sous le second temple, jusqu'à la copie définitive de la Gemor rahj qui veut dire : Conclusion supplémentaire ^ faite par Rabinah quatre siècles après Jésus- Christ.

Le Talmud avec la Mischnah commence dès 1 époque où les grands-prêtres se sont emparés du pouvoir absolu sous le second temple. Sous le premier temple, le grand-prêtre n'avait qu'une voix délibérative. Il fallait que le roi ou le chef de tribu le consultât pour qu'il répondît*. Mais sous le second temple, le grand-prêtre lui-même était le pouvoir absolu. Dès lors les rabbins pharisiens ont cherché à expliquer et à commenter la loi de Moïse dans un esprit de parti clérical, en dépit de la lettre, souvent en dépit du bon sens et de la raison.

4. Voir à ce sujet le chap. xvii de Spinoza de son Traité théologico^politique.

Leur doctrine étant, bien qu'à leur insu, diamétralement opposée à celle de Moïse et des prophètes, force leur fut de violenter, de triturer, de torturer les textes pour mettre une chose à la place d'une autre.

Dans cette motwation^ qu'on me pardonne le mot, les talmudistes, déjà du temps de Hillel le Pieux et le Vieux, longtemps avant Jésus, ont fait des tours de force qui dépassent en extravagance et en audace tout ce que l'on connaît de la scolastique et de l'aberration humaine. C'est à la fois le côté gai et triste du Talmud. Mais notre travail visant plus haut, nous passons outre pour arriver aux textes et pour laisser au lecteur luimême la liberté de prononcer.

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