‹ Les livres de Dieu: Moïse et le TalmudChapitre 34 sur 184 · Traité Jouma .ina Ti^h T\W\ "jh ^''NT · texte numérisé non relu

Traité Jouma .ina Ti^h T\W\ "jh ^''NT

de logique s en sont détachés et sont devenus œuvre morte, mais ses principes philosophiques, la base morale sur laquelle il a bâti sa cité avec toutes les conséquences sociales et politiques, sont encore debout aujourd'hui partout où bat un cœur humain pour la justice, la liberté et la solidarité.

Quelle est, me demandera-t-on, a travers tant de contradictions , la véritable foi fondamentale de Moïse? C'est ce que nous allons chercher.

C'est ce que nous allons trouver.

Moïse n'est ni un révélateur surnaturel, ni un illuminé, ni un médiateur dans le sens que les chrétiens attachent à ce mot. C'est un législateur philosophe, et sa législation est fondée sur un principe, conçu, si Ton veut, à priori, mais corroboré par une longue observation empirique.

Ce principe, loin d'avoir des rapports avec la science occulte des Egyptiens, y est diamétralement opposé. Les Égyptiens avaient pour base de leur religion Timmortalité de l'âme et la métempsycose. Poussant ce principe à l'ex-

tréme, ils étaient arrivés jusqu'à Tadoration d'un bœuf blanc, d'un cbat noir et de plusieurs serpents multicolores, choses que Moïse appelle des abominations.

Moïse était né dans une tribu, dans une race qui, pour une raison ou une autre, avait une notion plus idéale de Dieu que les autres peuplades habitant la Palestine. Il y a toujours eu, il y aura toujours des aristocrates d'esprit. Abraham avait une idée assez distincte de la justice de Dieu, même de la fraternité puisqu'il risqua sa vie pour sauver son parent ingrat et ses alliés en refusant la moindre récompense. Mais cette idée était encore très-confuse. La légende du sacrifice d'Isaac, bien qu'elle soit le point de départ de l'abolition du sacrifice humain, admet pourtant que Dieu puisse exiger le sacrifice d'un enfant unique et que ce serait une preuve d'attachement divin donnée par l'homme, ce que Moïse appelle thoébah\ abomination.

La réputation d'Abraham qui était réellement

un preux, avait pénétré jusqu'en Egypte. Isaac est monogame et marche dans la voie de la justice. Jacob, polygame malgré lui. — Moïse défend d'épouser deux sœurs, — aspire continuellement à cette justice. L'idée d'un Dieu unique, plus fort que tous les autres dieux El SchadaX (le mot de Jéhovah leur était inconnu, comme le dit l'Écriture*, déjà citée,) planait comme idéal sur l'esprit de cette race, mais elle était confuse. Sans Moïse elle aurait totalement disparu, grâce à l'esclavage et à l'ignorance dans lesquels les Hébreux ont vécu en Egypte durant trois siècles. De bonne heure Moïse se révolta contre Tinjustice et l'oppression. Dès sa tendre jeunesse il vint au secours, lui, le fils adoptif de la princesse Egyptienne, d'un pauvre frère, odieusement maltraité par un Égyptien qu'il tua. Adolescent encore, entouré de millions de lâches esclaves, Mosché seul protesta de toutes ses forces en faveur de la liberté. Non-seulement il ne commit pas d'injustice, mais, il risqua sa vie pour empêcher qu'une injustice ne fût faite à un

i . Exode, chap. vi, v. 3.

de ses frères. Ce point de départ est très-important. Tout le système de Moïse jaillit de son cœur d'accord avec sa raison, et ce système se résume dans les quatre mots que voici :

Justice^ Liberté^ Responsabilité y Solidarité,

Pendant cinquante années conduisant paître les troupeaux de Jéthro dans le désert — il avait quatre vingts ans quand il retourna en Egypte, et il est mort à cent vingt ans ayant conservé toutes ses facultés*. — Moïse eut assez de loisir pour transformer ses sentiments en principes et pour élaborer tout un système, toute une société idéale ; plus encore , toute une civilisation ; ce n'est point encore assez, toute rhumanité! Son beau-père Réuel Jéthro, était un penseur hors ligne. Les quelques conseils qu'il donne, d'après rÉcriture, à son gendre Moïse, après la victoire remportée sur les Égyptiens, sont frappés au coin du bon sens et de la pluç haute sagesse politique. Il lui conseille, à moins de succomber sous le fardeau, de choisir des hommes forts, craignant

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