‹ Les livres de Dieu: Moïse et le TalmudChapitre 47 sur 184 · Même chap., v · texte numérisé non relu

Même chap., v

a-t-il quelque chose à pardonner à une maison? Le mot kipour veut en effet dire couvrir moralement, purifier. Le substantif kaporeth^ qui est tant de fois répété, ne veut pas dire propitiatoire^ mais purificatoire^ littéralement couiferture^.

Il y a plus, Moïse n'est pas le créateur de cette fête de Jom kipour. Jamais, de son vivant, le peuple diraël n'a célébré ni connu cette fête, ' ni après lui sous le premier temple.

Tout d'abord, il est à remarquer que Moïse qui, dans le Deutéronome, chapitre xvi, répète

i . Le mot 19D vient de n^D rançon .vSsT nttTV 19D DK

Exode, chap. xxi, v. 30. puis Exode, chap. xxx, y. 12.

W93 193 Timpôt de l'âme, rançon, couverture. Kot^r^

dont le français a fait couvrir. Il y a en général une grande

analogie onomatopique entre Fhébreu et le français.

M. Ânaïs, président de la Société archéologique à Béziers, a prononcé un discours sous la Restauration (on le trouve dans le premier volume de V Histoire de France de M. de Genoude) tendant à prouver que le patois du Midi et le basque viennent tous deux de Thébreu et des juifs que les empereurs romains ont exilés par centaines de mille dans la Gaule. Les preuves sont extrêmement curieuses. Ce qui est plus curieux encore, c'est que sur vingt mots hébreux cinq ont la même signification et la même prononciation

ses commandements pour les fêtes, ne fait pas la moindre mention, ni du jour de Tan (Roschhaschanali), ni du Kipour^ jour du pardon. Il ordonne la Pâque, la Pentecôte et la fête des Cabanes. Pour ces fêtes, tout Israélite était tenu de se rendre à Jérusalem. Or, la fête du jour de Kipour n'est éloignée des Cabanes que de quatre jours. Si donc Moïse avait connu, ordonné cette fête, il n'aurait certes pas manqué de faire venir le peuple à Jérusalem quatre jours plus tôt, d'autant plus que sous le second temple, le jour de Kipour est devenu la fête principale des juifs.

qu'en français. Citons-en quelques-uns au hasard. Abri vient à'aber^ aile d'aigle, auspices. Europe vient d'Ereb, soir, couchant. Essem veut dire nssement, Sueth^ suette, sueur. Ennui veut dire en héhreu enni; Yaïn hébreu se prononce comme Ven français, ce qui ne se trouve dans aucune langue. // vient de venir, locution qui ne se trouve qu'en français et qu'en hébreu , N*CD NI pnP*l , « Isaac vient de venir. » Le mot bo même veut dire je vais, en patois de Béziers. Règle vient de regutl; pied, mesure; javelle, schabelle\ corne, kéren\ aurore, or\ raison, rasin. Je n'en finirais pas. Quand on lit Thébreu avec un peu d'attention à ce sujet on est confondu d'étonnement, surtout quand on sait l'allemand venant du celte. Le mot celte même est hébreu.

Cette fête, relatée dans le Lévilique, chapitre xxiii, où d'ailleurs ne se trouve pas le mot pardon des péchés, ostensiblement écrite d'une main pharisienne plus de mille ans après Moïse, a été, comme tant d'autres choses, créée et intercalée par les prêtres du pardon. Tout d'abord l'oreille du loup perce par le mot sabathon, linaw, qui s'y trouve trois fois. Jamais du temps de Moïse, ni même sous le premier temple, on ne se serait servi de cette terminaison on, qui est tout à fait talmudique ; de même l'adverbe : ach "jn. L'expression beéssem haiorn Jiaséh « dans ce même jour, » y vient cinq fois, trois fois de suite coup sur coup (verset 28 , 29 et 30). Moïse n'eût jamais écrit cela. C'est le style d'un rabbin. Le verset 27 dit : « le dixième jour du septième mois ; » puis le verset 32 dit : a le neuvième jour dès le soir. » Au lieu de l'expression ordinaire de Moïse tt79:n nniD:i, « cette âme sera retranchée , » l'auteur se sert du verbe perdre .^maNni

Tout ce chapitre xxni, sans ordre, sans style et sans logique, indigne du génie de Moïse, le plus grand écrivain du monde, est

tout entier de Tëpoque pharisienne du second temple.

Mais la fraude est bien plus visible dans le sacrifice des deux boucs : c*est le chapitre xvi du Lévitique. Il débute ainsi : « Et' Jéhovah parla à Moïse après la mort des deux fils d'Aaron, lorsqu'ils s'approchèrent de Jéhovah et moururent : Dis à Aaron qu'il ne vienne pas en tout temps dans le sanctuaire. » Ainsi de suite jusqu'au verset 29. Pendant toute la description du sacrifice des deux boucs, il n'est pas dit un seul mot de la fête du pardon du dixième jour du septième mois. Puis, soudainement, au milieu du commandement, après tout un long chapitre, on lit : « Et il vous sera de loi éternelle, au septième mois, le dixième jour, vous humilierez vos âmes, vous ne ferez nulle œuvre, l'indigène comme l'étranger. Car en ce jour Jéhovah {Jekaper^) on le traduit {y ous pardonnera) pour vous purifier de tous vos péchés. Devant Jéhovah, vous serez purifiés. » El puis tout de suite, comme s'il n'avait jamais été question d'une fête : « Et

LOI FONDAMENTALE DE MOÏSE. 6i

le prêtre purifiera (toujours Kipour) celui qui Ta oint* (il s'agit en effet d'une inauguration d'un nouveau grand-prêlre) et qui a rempli sa main pour officier à la place de son père, et il mettra les habits de lin sacrés, et il purifiera le sacro-saint et la tente de destination, et l'autel il le purifiera, les prêtres et tout le peuple il les purifiera. Et il vous sera une loi éternelle, afin de purifier les fils d'Israël de tous leurs péchés une fois dans Tannée. » Évidemment le verset 29 et la fin' sont des interpolations.

Laissons de côté le commentaire ingénieux, prétendant que le bouc qu'on a ponctué Assasel, veut tout simplement dire : Isis-El (le dieu Isis), car El veut dire dieu. L'auteur de ce sacrifice, méprisant l'idole d'Egypte, lui envoie pour la narguer un bouc chargé de péchés d'Israël, pour démontrer en même temps ce qu'il pense de ces fêtes et de ces sacrifices expiatoires, en usage chez les peuples païens. Mais comment admettre que Moïse qui en tout est si

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