mnwnSSai
éloigner de son corps tonte impureté et de son esprit tonte injustice. La justice de Dieu envers les êtres est, d'après Moïse, de les avoir créés utiles les uns aux autres el de laisser à chacun tout le développement de son individualité.
L'homme est le mieux doté, car il est quasi comme Dieu , il est libre et il est responsable. Il faut donc que l'homme, pour être juste, laisse à son semblable loute la liberté de son développement et de son travail. Pour ce, il faut que le plus fort commence à ne pas opprimer, à ne pas voler, à ne pas tuer son prochain plus faible et à lui laisser sa femme, sa terre, son serviteur, son bœuf et son âne. Moïse n'énonce donc pas les droits absolus de l'homme, il ne dit pas : « Tu auras le droit de vivre, de posséder, d'aimer, de travailler, de donner, détester, etc. » Car à quoi sert ce droit illusoire du faible là où le plus fort, ne faisant pas son devoir, ne sent pas le principe de justice ancré dans son cœur, par un idéal simple, divin, inviolable, par Famour de Dieu? Mais il dit : « Tu ne tueras pas, tu ne voleras pas, tu ne mentiras pas, tu ne violeras pas ton serment, tu ne prendras à ton sem-
blable ni sa femme, ni son serviteur, ni son bœuf, ni son âne; tu n'envieras pas son bonheur. » Le tout au nom de Dieu qui est la justice ^ qui , non-seulement laisse à toutes ses créatures leurs droits naturels, mais qui ne permet pas qu'on attente au droit d'une existence, homme, bête ou plante, sous peine d'appliquer au violateur de la loi la même injustice comme châtiment. C'est la loi de la logique. Toute action porte quelque part , réagit quelque part. Une action qui trouble cette harmonie sera détruite par une action similaire, comme deux dissonnances se dissolvent dans un accord parfait. La justice comme châtiment n'est pas autre chose. Il en est de même de toutes les actions d'impureté physique. Bon nombre de commandements de Moïse rentrent dans cette catégorie. Tels sont les mariages consanguins, les abominations de sacrifices d'enfants, la défense de manger certaines bêtes, certains poissons et certains oiseaux que l'on croyait impurs, et mille autres règlements sur la lèpre, les appartements, le camp, les ablutions, les costumes et jusqu'aux modes des peuples idolâtres qu'il abomine et que le
pays ifoniit à cause de leurs impuretés, comme le corps humain rend des aliments indigestes. Il y a plus. Non-seulement Thomme ne doit pas être injuste, non-seulement il doit tendre à être juste , mais encore il ne doit permettre ni une injustice, ni une impureté. Ainsi Faction de Pinhas* saisissant un javelot pour percer de pari en part un prince juif avec une fille moabite, qui s'était prostituée pour lui faire adorer ses dieux, est considérée par Moïse, au nom de Jéhovah, comme un acte méritoire digne d'être signalé, a 11 a apaisé la colère de Dieu. » Lui-même, Moïse^ tue un Egyptien qui veut tuer un Israélite ou qui menace sa vie par la dureté de l'esclavage. Il ne faut pas, d'après Moïse, permettre qu'une injustice soit faite à son semblable, il faut accourir à son secours*. Il ne faut pas permettre qu'une fille se prostitue, mieux vaut la retrancher de la commune. Un homme ne doit pas se rendre justice soi-même, mais on doit in-