‹ Les livres de Dieu: Moïse et le TalmudChapitre 75 sur 184 · Lévitiqtie, chap. xxv, v · texte numérisé non relu

Lévitiqtie, chap. xxv, v

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l'esclavage pour tout Israélite. Il doit être traité comme un salarié. Mais Tusage avait tout de même établi qu'un Israélite pouvait se vendre. Il paraît tout d'abord qu'on ne pouvait pas Tacheter à un autre Israélite. La version du Deutéronome dit en effet : a Quand ton frère THébreu ou ^ THébreue ne vend. )> Voici maintenant la version de l'Exode qui dit tout le contraire, et qui certes est postérieure à Moïse :

« Quand tu ax^hèteras un esclai^e hébreu (on pouvait donc le vendre ?) il te servira six ans, à la septième année il sortira libre. S'il est venu seul il s'en ira seul. S'il a une fenune elle sortira avec lui. Si son maître lui a donné une femme qui lui a donné des fils et des filles, les entants seront au maître et lui sortira seul. Mais si l'esclave dit : « J'aime mon maître, ma femme et « mes enfants, je ne veux pas être libre, » son maître l'amène alors devant le juge, l'approche de la porte ou poteau, lui fore l'oreille et l'esclave servira leolam (toujours jusqu'au Jubilé). Et si quelqu'un vend sa fille pour esclave (on pouvait donc vendre sa fille; c'est contre la loi) ce elle ne sortira pas comme l'esclave homme, n

(C'est diamétralement opposé au Deutéroriome, où il est dit : Et ainsi tu feras à [esclaffe femme.) Si elle ne plaît pas à son maître qui ne l'épouse pas, elle est libre. 11 ne peut, en aucune manière, la vendre à l'étranger ayant été parjure envers elle. S'il la donne à son fils, on lui fera, d'après le droit des filles affranchies. S'il en prend une autre pour lui, il ne lui diminuera rien ni de sa nourriture, ni de ses vêtements, ni de ses droits à l'amour conjugal. S'il manque à une de ces trois choses, elle est libre et sort sans rançon. «

Abstraction faite de ces contradictions, où est le peuple de l'antiquité et même des temps modernes ayant eu ou ayant encore des esclaves qui puisse s'enorgueillir d'une pareille loi? Il est vrai que les rois juifs ne se sont pas gênés delà violer, malgré les cris et les menaces des prophètes. Ils ont même, grâce à des prêtres complaisants, falsifié les règlements de Moïse, comme on le voit, mais ils n'ont pas pu effacer tout.

Nous verrons plus tard dans un article spécial que la femme israélite, sauf la distinction sexuelle, jouissait des mêmes droits que l'homme, et qu'elle perdait ses droits à mesure que la mo-

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narchie et le clergé reniaient les principes divins du grand législateur pour les échanger contre ceux des peuples despotiques et idolâtres. La femme est restée victime de ces principes menteurs jusqu'à nos jours. Elle ne s'est relevée que depuis 89 qui est Tapplication sociale d'une philosophie de justice, de raison et d'égalité.

Moïse ne proclame pas seulement l'égalité pour les hommes, il est le premier et l'unique législa* teur qui a eu une notion de la solidarité de tous les êtres, et qui prescrit à l'homme des devoirs envers l'animal, la plante et la terre. Evidemment ces devoirs jaillissent du principe philosophique de Moïse. D'après ce principe, Dieu a créé l'homme à son image, mais toutes les créations, même la matière brute, sont une émanation de son essence. La différence entre les êtres n'est que dans la quantité d'essence divine que chaque être contient. De là le devoir du supérieur de se vouer à l'inférieur, le devoir de l'homme envers

la béte et la plante. Naturellement ces devoirs accomplis tournent en faveur de Thomme. « La terre elle-même, dit Moïse, te donnera toutes ses bénédictions si tu obéis à ma loi. » Voici maintenant les quelques règlements que Moïse prescrit en faveur des bétes et des végétaux.

n ordonne* de laisser le petit à sa mère pendant buit jours avant de le sacrifier. Il ordonne à deux fois, de célébrer le sabbat afin que la béte ait un jour de repos. Il défend* de tuer le petit avec son père ou sa mère le même jour.

Moise reconnaissait aux bêtes ime certaine sentimentalité, plus qu'un simple instinct. Il défend à deux fois « de cuire l'agneau dans le lait de sa mère*. » 11 défend* de dénicher la mère avec les oiseaux, et ordonne de donner la liberté à la mère et de ne garder que les petits u afin , ajoute-t-il, que tu vives longtemps. » Cette précaution pouvait bien n'être qu'une mesure en fa-

i. Exode, chap. xxii, v. 29, puis Lévitique, chap. xxii, V. 26.

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