‹ Les livres de Dieu: Moïse et le TalmudChapitre 88 sur 184 · Nombres, chap. xxxvi, v. 6, etc., etc., etc · texte numérisé non relu

Nombres, chap. xxxvi, v. 6, etc., etc., etc

Nous voici arrivé à la question des droits de la femme d'après les lois de Moïse.

De grands penseurs ont cherche et discuté le vrai critérium du progrès et de la civilisation dans rhistoire. Des volumes ont été écrits à ce sujet. Rien pourtant de plus facile à trouver que ce critérium. Dans un pays où le faihle est protégé contre le fort, l'étranger contre l'indigène, le pauvre contre le riche, là est le progrès, là est la civilisation. On pourrait y ajouter, là est Dieu! Et d'après Moïse là où est Dieu, là est le bonheur, la bénédiction, la prospérité.

Dans les pays, en effet, qui jouissent de ces avantages, régnent la justice, la liberté et l'égalité. Sans cette trinité, il n'y a pas de progrès possible. L'humanité basée sur la morale divine, morale excluant toute distinction sociale et politique, n'est jamais là où le faible est opprimé par le fort, où la naissance et la fortune ont d'odieux privilèges, où l'étranger, où tout être

humain n*est pas considéré comme Tégal du citoyen, sous n'importe quel prétexte, car tous les prétextes ont leur origine dans l'intérêt égoïste, sordide, souvent dans le vice et dans la couardise; enfin là où la femme, parce qu'elle est d'un sexe plus faible, ne jouit pas de tous ses droits inhérents à sa nature humaine, égale, sinon supérieure, sous bien des rapports, à celle de l'homme. L'histoire, hélas^ nous montre peu de peuples arrivés à cet idéal. Partout le fort opprime le faible, partout la femme est odieusement exploitée par Thomme, partout l'étranger est exclu de tous les droits; çà et là seulement il est des éclaircies où le droit naturel apparaît comme un rayon de soleil au milieu des ténèbres, et des prêtres. De grands hommes ont pourtant, de tout temps, posé les jalons de ce progrès et de cet idéal de civilisation, mais leurs lois sont restées à l'état de théorie, leurs règlements à l'état de pieux désirs. Jamais peuple n'a observé les lois de Moïse à l'égard de l'étranger. Plus de vingt fois, il dit : « L'étranger jouira des mêmes droits que toi, tu aimeras l'étranger comme toi même, car tu étais étranger et esclave en

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Egypte. » Aujourd'hui, après trois mille ans, 1 étranger n est pas, en France même, l'égal d'un Français. Moïse était plus avancé que le Code Napoléon à ce sujet. Quant à la femme, nul législateur de l'antiquité n'a atteint l'idéal de Moïse. Ce grand philosophe a parfaitement compris L'égalité de la femme. Mais Moïse a souvent tenu compte, dans ses règlements, des habitudes invétérées de son peuple. Tous ses efforts tendaient à abolir la polygamie, à la limiter, à la rendre impossible. Bon nombre de ses lois étaient purement locales. « Car le pays où tu entreras, dit-il à son peuple *, n'est pas comme l'Egypte d'où vous sortez. »

Telle qu'elle est, sa loi sur la femme est supérieure, plus humaine, plus égalitaire, plus libérale, plus conforme à la nature que celle de toute l'antiquité et aujourd'hui encore il est des lois à l'égard de la femme en France, notamment le droit de tuer en flagrant délit, qui n'atteignent pas à la hauteur de la loi de Moïse.

Inutile d'ajouter que toutes les lois de Moïse

1« Deutéronome, chap. xi, v. 10.

furent violées, anéanties par la monarchie absolue des Juifs et que la femme sous les rois et les pharisiens a perdu tous les droits que Moïse lui avait assurés.

En effet, Thumanité entière était encore plongée dans le polythéisme, source de Tesclavage et de la polygamie, que Moïse avait affranchi la femme en la déclarant égale de Thomme. En général, les institutions sociales d'une nation sont les conséquences logiques des idées que cette nation se fait de Dieu. Que pouvait être la femme chez les peuples antiques, qui n'admettaient pas Tunité du genre humain, et dans le ciei desquels il y avait plusieurs races, plusieurs rangs de dieux et de déesses, chacun d'après sa prétendue force. Qu'était-ce donc qu'une déesse Grecque? Une concubine à côté de beaucoup d'autres, brillant un instant par sa jeunesse et sa beauté, et cédant la place à une autre plus jeune et plus belle. Que pouvait être la vertu conjugale dans un pays dont les dieux faisaient des gorges chaudes de l'aventure malencontreuse de Vulcain et de Vénus? Je parle des Grecs dont l'histoire était la plus civilisée d'entre les païens.

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Les autres peuples leur étaient encore inférieurs sous bien des rapports. Nulle part, chez toutes ces nations^ on ne sent la divine influence de réponse vertueuse, car cette femme, loin d'être régale de l'homme, n'était qu'une espèce d'esclave confinée dans le gynécée. Les femmes des Atrides sont affreuses. Hélène, la belle Hélène, la cause de la guerre de Troie, retourne après cette guerre auprès de Ménélas^ qui la reprend, et, peu assagie, comme dit Montaigne, par les leçons terribles que les dieux lui ont données, elle prête une oreille complaisante aux douceurs que lui dit le jeune Télémaque. Hector aime bien Andromaque, mais n'a-t-il pas, comme Achille, sa Briseïs ? Puis, Hector à peine refroidi, Andromaque épouse le vainqueur de son mari.

Car l'Andromaque de Racine n'est pas celle de l'histoire. Un mari hébreu , comme Ulysse, n'aurait jamais eu besoin de vaincre, par la force et la ruse, tous les prétendants présomp tueux de sa femme. 11 n'aurait eu qu'à paraître en disant : m Je suis Ulysse! » La reconnaissance faite, tous ces ardents et ridicules galants d'une femme mariée de plus de quarante ans,

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se seraient retirés du combat sans perdre une flèche ni un bon mot.

Les Grecs ont bien inventé les muses ; mais, outre qu'elles sont bâtardes^ elles ont des favoris, des nourrissons, des amants, jamais des époux. Elles sont, en effet, les Hétaïres du ciel.

Nous ne connaissons la femme Égyptienne que par la Bible. Les rares historiens nationaux n'en parlent pas. Nous savons que Pharaon était le maître absolu de toutes les femmes de son pays, ménie des étrangères ; témoin l'histoire de Sarah! Quant aux femmes indigènes, nous ne connaissons d'elles que l'histoire édifiante de Putiphar.

Disons-le tout de suite, les Juifs sont également tombés par la polygamie, maintenue, augmentée par le despotisme, la cause principale de la dissolution des mœurs et de l'esclavage qui en est la conséquence inévitable; mais du moins savaient-ils, par les prophètes, qu'ils violaient leurs propres lois. Moïse le leur avait prédit littéralement et presque minutieusement. C'est précisément parce que les rois Juifs, à partir déjà de David, violant ouvertement la loi

de Moïse, étaient revenus à la polygamie et à Fesclavage, qu'ils ont partagé le sort des autres rois. Les hommes ont passé, mais la loi est restée, et, de cette loi seule , a jailli Témancipation de la femme !

Sur la première page de la Bible, se trouve écrite, en lettres ineffaçables, l'égalité de l'homme et de la femme. Eve sort de la côte d'Adam, qui qui dit en la voyant * : « Ceci est l'os de mes os et la chair de ma chair. Elle s'appellera hchah^^ » c'est-à-dire le féminin de Isch^^ qui veut dire homme. Dans la langue hébraïque seule, l'homme et la femme portent le même nom, sauf la terminaison du genre. « C'est pourquoi, P homme quitte son père et sa mère pour s^ attacher à SA* femme ^ et ils deviennent une, seule chair. »

Voilà, ce me semble, une déclaration d'égalité et de monogamie comme l'histoire entière n'en connaît pas.

i. Genèse, chap. ii, v. 23.

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