‹ Les livres sacrés du CambodgeChapitre 13 sur 275 · Yosaudara · texte numérisé non relu

Yosaudara

3. Le texte siamois donne à ce roj'aume le nom de Devadaha (Vo3'ez Alabastei’, The ichccl of the lato Biiddhisni illusfrated from siamese sources, etc., pp. 79 et 178 (n. 27). Ce royaume, ou ville royale, portait aussi le nom de Koli.

4. Cinq fils : Suddiiodana, Ghatitodana, Dhotodana, Amitodana, Sukhodana. Le texte écrit ce dernier nom avec le caractère ho au lieu des deux caractères kâ qu'il faudrait.

Deux filles ; Aniita et Parali.

5. C'est-à-dire que le roi de Tévalongka épousa la sœur du roi de Kôbœla-phosn, alors que celui-ci épou.sait la sœur du roi de Tévalongka.

6. Probablement Janadéva. — Les textes siamois lui donnent le nom deChanatiba. — M. Alabaster rectifie et le nomme Ankana (pp. 80 et 178).

7. Sunantba, d'après le texte siamois. — Je crois que M. Alabaster se trompe lorsqu’il écrit, p. 181, n. 33 : « The wife of the king Ankana and mother of Maia, is in other accounts named Yasodhara». On a vu plus haut que le texte cambodgien compte une génération de plus dans la généalogie de Maya. Si le texte siamois a commis la même erreur, Sunantha et Yasodhara ne sont pas le même personnage, l’une est la mère de l’autre.

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eut trois filles, néang Mâha-Maya, néaug Pàcliapati, néang Tondapaui' et un fils, Sopaputli’.

Suthôton prit néang Maya et fit la cérémonie de Fondoiement pour en faire sa reine au royaume de Kôbœla-phosn.

Xofc. — Le Mariage de Mâha-Maya

Un autre tout petit livre intitulé Précis Màha-Mâya-Léak, que j’ai sous les yeux, donne cette courte histoire de la mère du Buddha :

Au temps du Buddha Vipassy, la princesse ^lâha-Maya, qui devait être la mère de notre maître, était fille du roi de Pantliumavati. Ayant offert au Buddha Vipassy de la poudre de hois de santal, elle lui adressa cette prière : « O seigneur, qui êtes le maître des trois mondes, faites qu’au cours de l’une de mes existences futures, je sois « le saint passage du Saint » (la mère d’un Buddha).

Longtemps après, à l’époque du Buddha Kasyapa, la princesse Mâha-Maya se trouva fille du roi Kingkisa et se nommait Sotharaina; elle faisait beaucoup l’aumône au Buddlia, à ses disciples et se distinguait entre tous les fidèles laïciues par sa piété.

A sa mort, elle alla renaitre au paradis d’Indra, puis elle reparut sur notre terre comme fille du roi de Mathura, sous le nom de néang Phusati. A la dissolution des ciini éléments de son être corporel, elle alla renaitre au paradis des Tusitas. C’est de ce bienheureux séjour qu’elle descendit sur notre terre, une fois encore, pour être la fille de Préas

1. Mâha-Maya, Mâlia-Prijapati et Uanclopani. — Spence Hardy ne nomme que deux filles de Clionatipas dans son Mcunicil of Budhisni.

2. Suj)ra Buddha, père de Mâha-Maya, ici donné pour son frère. Il était aussi père de'Uevadatta.

LE PRÉAS PATHAMA SÂMPHOTHIAN

Ankana, roi de Tévalongka (Devadalia). Elle surpassait alors en beauté toutes les filles du Chompu-dipa, possédait les cinq beautés du corps et les soixante-quatre signes de la supériorité de la femme. Son nom était Mâha-Maya-Lakkliana. Elle était aussi vertueuse que lielle et jouissait de la conséquence de tous ses mérites. Un jour qu’elle distribuait du riz à des pauvres, son vase ne cessa pas d’être plein bien qu’elle y puisât sans cesse ; quand elle eut donné à tous ceux qui s’étaient présentés, — et ils étaient très nombreux, — le vase était encore plein. En outre, tous les malades qui parvenaient à toucher sa main étaient guéris.

Alors les rois des Yaksas et les quatre gardiens du monde veillaient sur elle et la protégeaient sans cesse, car elle devait, conformément à son souhait fait au temps du Buddha Vipassy, être la mère du Buddha, notre Maître.

En ce temps-là, Sîhàtanu, roi de Kôbœla-phosn, était vieux de soixante ans. Voulant marier son fils Suthôton, afin de lui abandonner le pouvoir, il avait chargé huit Brahmanes de chercher, au travers des royaumes voisins, une princesse digne d’être l’épouse de son fils Suthôton, ayant les cin(| beautés du corps et les soixante-quatre signes de la supériorité féminine.

Etant parvenus, après avoir parcouru en vain plusieurs royaumes, dans celui de Tévalongka, ils entendirent parler de la princesse Mâha-Maya et se présentèrent à elle, alors qu’elle était dans le jardin royal en compagnie de ses suivantes, occupée à confectionner des guirlandes de fleurs. Comme ils avaient l’apparence respectable, la princesse ne crut pas devoir s’éloigner d’eux et leur demanda qui ils étaient :

« Nous sommes, dirent-ils, les envoyés du Préas Sîhàtanu, le roi de Kôbœla-phosn, et nous parcourons les royaumes.

avec la mission de cherclier pour son (ils une pi incesse ayant les cinq beautés du corps et les soixante-quatre signes de la perfection féminine. Le roi a soixante ans d’âge et notre jeune prince, Préas Sutliôton, vient d’avoir seize ans. 11 est beau, plein de grâce, de science, de sagesse, et notre roi veut, aussitôt après son mariage, lui remettre le pouvoir. Il semble bien, maintenant que nous vous voyons, que vous êtes la femme digne d’être l’épouse de notre jeune prince.»

La princesse, à ces mots, éprouva une grande joie en son cœur, un grand amour pour le prince Sutliôton, mais, comprimant sa passion, elle répondit ; « — O Brahmanes, ce sont là des choses dont il faut parler à mon père, non à moi.»

Le roi ayant écouté les envoyés, après avoir pris l’avis de ses conseillers, consentit à donner sa fille au fils du roi de Kôbœla-phosn, et lui renvoya ses envoyés avec de nombreux présents.

Le roi Sîhâtanu, ayant entendu ses envoyés, chargea de suite Sodhatha et trois autres sakyas d’aller officiellement demander à son père la princesse jMâha-lMaya pour son fils Sutliôton.

A leur retour, il rassembla les princes de son royaume au nombre de dix mille cavaliers et, à leur tête avec son fils, il se mit en route pour la ville royale de Tévalongka. De son côté, le roi Ankana alla au devant du roi de Kôbœla-phosn jusqu’au jardin royal et lui rendit hommage, puis, de suite, il donna l’ordre de tout préparer pour le mariage. On éleva trois palais magnifiques et un temple, et dans ce temple on plaça un trône royal orné de pierres précieuses.

Le jeune prince et la jeune princesse furent chaque jour, pendant quatre mois, baignés de l’eau parfumée contenue en soixante vases, afin que toute l’impureté de leurs corps disparût, puis Préas Sutliôton revêtit les vêtements royaux et prit les cinq insignes de la royauté, (jui sont : le parasol

LE PRÉAS PATHAMA SÂMPIIOTIIIAN

blanc à cinq étages, l’épée royale, l'éventail royal, les chaussures brodées d’or et le inokot d’or garni de pierres précieuses'.

Le moment propice étant venu, Préas Mâha-Maya monta sur un char magnifique et s’achemina vers le temple avec son père et une escorte de dix mille cavaliers. Alors les dieux de la terre, des airs, des artères, accoururent par milliei’s, par dix milliers, par cent milliers, pour former l’escorte de celle qui devait être la mère de notre Maître. Et Indra les conduisit lui-même, pendant que Sotavas-mâha-brahma'^ et Sahampati-mâlia-brahma” portaient l’im, le grand parasol royal, l’autre une jarre de cristal pleine d’eau parfumée. De leur côté, venaient le roi Sîhâtanu et son fils escortés de dix mille cavaliers.

Dans le temple, le brahmane prit le poignet du prince Suthôton et le fit asseoir sur le trône, puis il prit la princesse Mâha-Maya par le poignet et la fit aussi asseoir sur le trône. Cela fait, prenant sept fils de coton, il fit la ligature des poignets. Alors Indra sonna de la conque marine, le grand brahma Sotavas les bénit et le Ijrahma Sahampati versa sur eux l’eau de senteur de l’ondoiement.

La terre trembla, les eaux de la mer gonflèrent et les divinités du ciel jetèrent des fleurs sous leurs pas. La reine Sunantha, épouse du roi Ankana et mère de Mâha-Maya, fut si surprise de voir ces phénomènes marquer le mariage de sa fille, qu’elle alla de suite faire une offrande aux divinités et leur demander la grâce de renaître après sa mort dans le paradis des Brahma-lokas.

1. Le mokot (i^ali inakata) est la couronne; au (*anibo<lge une sorte de coitïure à pointe très élevée et à oreilles.

2. Mis ici pour Sudassa. C’est ce roi des bralimas du quatorzième rupa brahmaloka, que nous verrons plus loin recevoir dans un filet d’or le Bodhisattva naissant.

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