Bodliisattva
esprit était encore jeune et ma ver tu pas encore épanouie. J’étais audacieux ; cependant je laissai le sacré parasol à cinci étages, et les sacrés biens’ pour aller me faire religieux et clierclier la grande et hospitalière doctrine qui a rapport à l’obtention de la perfection. Cela vous surpi’end? Maintenant je suis devenu Buddha, comment cela s’est-il fait ?
IL — Ces quelques paroles dites, le Préas* se tut et demeura sans parler. Cela surprit un religieux, et ce religieux dit à un autre :
— Eh 1 savez-vous pourquoi le Saint, après nous avoir dit quelques paroles", s’est assis sans parler davantage, n'a-t-il donc plus rien à nous dire?
L’autre religieux répondit :
— Non, il n’a pas fini de nous enseigner, car il connaît les 84.000 traités.
— Mais alors, s’il n’a pas fini, pourciuoi demeure-t-il ainsi sans parler? serait-ce par paresse?
— Oh non! il n’est pas paresseux ; s’il était paresseux, il n’aurait pas acquis la vertu par [un effort qui a duré] quatre fisangkliay'. Il est vrai qu’il s’est arrêté après avoir prononcé quelques paroles, mais cela ne prouve pas qu’il soit paresseux.
— S’il n’est pas paresseux, pourquoi se tait-il et demeure-t-il immobile?
— Peut-être veut-il dormir? s’il avait à nous enseigner.
1. Le parasol ro3'al et les saints biens; c’est-à-dire le trône surmonté du parasol étagé et le pouvoir royal.
2. Le texte porte « Préas Moha-Çhînok ». Il est évident que c'est par erreur : le Buddha ne peut recevoir ici le nom qu’il a porté au cours d’une existence antérieure.