‹ Les livres sacrés du CambodgeChapitre 213 sur 275 · Voyage du roi Niméa au Paradls · texte numérisé non relu

Voyage du roi Niméa au Paradls

Quand ^slatoli-cocher eut fait cette réjionse, il conduisit la voiture royale au paradis des tévodas.

Le roi Niuiéa aperçut alors un palais de pierres précieuses (pii était situé au milieu de l’espace et qui était très joli et très brillant. Ce palais était haut de douze VLudi ' et à (piatre étages. Tout près, se trouvait un bassin

1. 11 y a neuf petits enfers sur seize que Matali ne fait pas visiter au

roi Xîina. Ce sont, d’après le Ti-nii-Plnim : le Sot(is(i/i((, l’enfer de ceux qui ont vole les animaux domestiques ; le celui des voleurs

de bulfles et de ])oisson vivant ; le Bi'u-irui nèdiiu'iui, l’enfer des chefs de villa.ce concussionnaires; le Lonhitulddxis^ celui des empoisonneurs, parricides ou sacrilèges; le Loiihltti/iisi, l’enfer des falsificateurs de denrées ; le Sàtapcd/fi. l'enfer des voleurs de femmes qui sont aussi adultères ; VAr((rdi-d, celui des voleurs do femmes non adultères ; le Lon/idsiinphcdli, l'enfer des adultères; le Michchltdtiplti, l’enfer des juges injustes.

2. Le yu(;h (!/oJ(tn(c), d’après les Cambodgiens, vaut 8. ÜUO brasses de

soit 13 kil. bUO.

KIM É A- R É Am Cil ÉA DA K

aux l)elles rives plein (Viine eau très claire. On y trouvait des Heurs de lotus de eiiuj couleurs et des arbres toutlus cjui ])ortaient des fleurs et des fruits. La iiéang Tép-thida (pii demeurait dans ce palais se nommait néang Poni-tép-thida. Elle était servie tous les jours par un millier de jeunes déesses. Quant à elle, elle se tenait prescpie toujours sur le magnitique tapis de la prospérité. Comme elle ouvrait une fenêtre, le roi Niméa la vit entourée de quelques-unes de ses Hiles (s/v’/y liCtn/tQr) ; il dit a iMatolî-coclier :

— Matoli, cocher des févodas, voici un très beau [lalais à quatre étages et haut de douze yucdi. Il est, je le crois, habité par une déesse de l’air (-s/’c?/ tép-aksar) qui est superbe et (pii est couverte de bijoux. J’ai beaucoup de plaisir à la voir, mon cher Matoli, mais, je vous en prie, dites-moi ce qu’elle a fait autrefois pour mériter de renaître au paradis des tévodas.

Matoli, cocher des févodas, réiiondit ainsi à la demande du roi Niméa ;

— Seigneur, grand roi! néang Poni-tép-thida, à 1 épocpie où dominait la religion du buddha Kasyapa, était leschne de la femme d’un Préalim qui désira faire une offrande de riz et de fruits aux religieux. Il s’adressa à sa femme et lui dit : (( Néang, il faut préparer demain matin un repas, car je veux faire une offrande aux religieux. » Néang, ayant entendu ces paroles, répondit a son mari ; « Seigneur-niaitre, pour (pielle raison voulez-vous faire une offrande a ces religieux ; ce sont gens avides et insatiables. Il serait plus sage de garder vos biens. » Le Préahm, ayant entendu les parolc.s de sa femme, s’adressa à sa lille, mais celle-ci lui parla comme avait fait sa mère. Alors le Ih'éahm dit a sa servante (]ui était son esclave : (( Toi, prépare huit sortes d aliments, car je veux faire une offrande aux religieux. Peux-tu h?s préparer? » L’esclave Poni répondit : « Je le peux; je vais

préparer ces aliuicnls : soyez sans iiKjuiétiule, tout sera i)rét demain matin à l'iieui-e convenal)le. » L'eselave yd)ni sc mit à pré[)ar('r l('s aliments de l’olîrande, puis ('lie étendit (|uatie tapis dans la salle, mit des Heurs j)artout, puis, (piand les religieux arrivèrent, elle les lit asseoir sur les tapis (pi’elle avait préparés. Cette eselave était très heureuse d'avoir fait cette chose. Voilii ])our(iuoi elle recueille aujourd'hui ici les fruits des imhiles (iu'('lle a amassés en la faisant, et i)our- (pioi elle est venue renaître au paradis des tévodas.

Matoli-cocher, ayant ainsi [)arlé, continua de conduire la voiture royale et la mena devant un palais de diamants (jui com})tait sept étages surmontés d'un magnili(juo trident {lirij saur). Le tévohotciui habitait ce joli palais était très puissant et très riche. Le roi Ximéa, voyant ce su])erl)c ])alais, dit à Matoli :

— Matoli, CO palais est superbe; il est ;i sept étages et couvert de scul[)tures dorées; en outre, il est très brillant; le tévobot (pii l’babite est entouré d’un grand nomlrre de déesses de l'air (pu sont très jolies et couvertes de bijoux magnili(pies. ,Jc suis bien beureux de voir son bonheur, aussi heureux (pic si ce palais était à moi, mais je désii'c savoir, mon cher Matoli, ce (pie ce tévobot a fait autrefois sur la terre, et de (piels mérites il recueille aujourd’hui les fruits, pouripioi enlin il est venu renaitre au paradis des tévodas, en ce superbe ])alais?

Matoli, ayant entendu cette (piestion, répondit :

— Gland roi, seigneur grand roi! au temps du Buddha Kasyâ[)a, ce tévobot était un grand richard nommé Satinle-riche [sétheyj. 11 demeurait au jiays de Kasœ-karéas ' . Son cœur était pur, clair, généreux, vertueux. Il donnait de grandes auimînes aux pauvres, aux infirmes, aux orphelins et il avait élevé des monastères pour les religieux du

Page 1