Dipdhkara
3. Cette scène des deux miracles est imparfaitement et même confusément racontée ici. Tout d’abord, la leçon birmane ignore l’incident de Sarîimto et dit que le Saint s’éleva dans les airs, se tint au-dessus des têtes de ses parents comme une personne jetant sur eux de la poussière et qu’il fit paraître sur un mangotier blanc des merveilles de feu et d’eau. Alors son père l’adora et ses parents l’imitèrent. Ce que voyant, le Saint fit tomber sur eux une pluie de couleur rouge qui avait la vertu de mouiller ceux qui l’aimaient (?) et de pas mouiller ceux qui ne l’aimaient pas. Puis, afin de prouver que ce phénomène n’est pas unique, qu’il s’est produit au temps de Vessantara, le Saint raconte l’histoire de ce prince (Bigandct, pp. 164-16.Ü). — Spence Hardy est beaucoui) plus détaillé et présente des variantes assez graves pour que je les signale ici : afin d’obliger ses parents à le saluer, le Buddha s’élève dans l’air en leur présence, fait jaillir de ses épaules, de ses oreilles, de ses narines, de ses yeux, de ses mains, de ses pieds, des quatre-vingtdix-neuf jointures de son corps et des quatre-vingt-dix-neuf mille pores do sa peau, des rayons lumineux de six couleurs, et des mêmes endroits do son cori)s sort un coui-ant d’eau. Ces phénomènes produisent en lui la méditation mystique. C’est alors que Sarîputo, qui est resté à Râjagriha, voit de l’endroit où il se trouve le miracle accompli par le Buddha. Il accourt, traversant les airs avec cinq cents disciples, et prie le Saint de raconter son histoire au temps où il était Vessantara. Le roi Suddhodhana s’incline devant son fils, tous les sakyas l'imitent et le Buddha dit le jataka de Vessantara (p. 205-206;.
Le Licrc du Vcsandài-, le roi charitable^ dont j’ai donné la traduction, raconte que les .sakyas, afin de ne pas s’humilier, envoyèrent des enfants pour saluer le Buddha, mais que celui-ci, les comprenant.
LE PKÉAS l’ATIIAATA SAMPHOTIIIAN
Le lendemain matin, le Saint emmena les 20.000 religieux dans la ville royale de Kôlxrla-pliosn. Il se demanda alors si les buddhas précédents s’étaient présentés devant leur père avant d’aller mendier aux portes des maisons ou s’ils avaient été mendier devant les portes des maisons après s'étre présentés à leur père. Alors il sut de ])ar luiméme que les buddhas précédents avaient tout d’abord reçu des vivres dans leurpatra aux portes des maisons.
Tous les habitants, le voyant, s’a.ssemblèn'iit tumultueusement pour lui faire l’aumône : d’autres ouvraient les fenêtres pour voir passer le Saint.
Le roi Sutliôton l’ayant invité' à venir manger dans son
s’éleva dans les airs, répandit sur eux de nombreux et agréables rayons lumineux qui sortirent de .son corps, puis une pluie de sable. A cette vue, son père s’inclina devant lui et les sakyas rimitèrent. Il fit alors tomber la i)luie rouge qui mouille ou ne mouille pas. L’incident de Sarîputo, dont ne parle pas la leçon birmane, est ignoré de l’auteur du Lieve de. Vesantava, et le récit de cette existence du Ruddba est amené par un autre artifice. Les religieux se sont rassemblés, devisant sur la puissance du Buddlia qui fait pleuvoir des pluies aux belles couleurs. Le Saint vient au milieu d’eux, leur dit que le phénomène n’est pas nouveau, qu’il s’est ])i'oduit au temps de Vessantara et, sur leur insistance, leur fait le récit demandé (Voy. pp. 13 et 11).
1. Cette scène est foi-t abrégée ici, et doit être n’-tablie, car elle est fort curieuse. Voici ce que dit la version birmane: « Des divers étages de leurs maisons, les habitants regardaient avec stupidaction un spectacle aussi étrange, a Qu est-ce ceci, se disaient-ils, nous voyons le prince » Hahula et .sa mère Yosaudhara. circuler avec les plus riches vêtements » et dans les litières les plus élégantes, et maintenant le prince Sid- » dharta paraît dans les rues, les cheveux et la barbe rasés, et le corps » couvert d’un vêtement jaune qui conviendrait à un mendiant. Cela » n’est réellement pas convenable. » (J’abrège ici) : Alors des rayons lumineu.x sortent du corps du Huddlia et tous se mettent à célébrer ses mérites. Le père apprend que son fils parcourt les rues, en demandant 1 aumône, il court à sa rencontre et lui dit : « Pourc|uoi vous exj)0sczvous à un tel allront ^ Est-il nécessaire d’aller de porte en porte demander votre nourriture ? N’y aurait-il pas un moyen meilleur et plus décent de subvenir à vos besoins? » Le Buddha lui répond: n Mon noble père, il est de règle et convenable qu’un rahan aille quêter sa
palais, il s’y rendit de suite et se mit à enseigner son père. Celui-ci devint Anagàmipluir et dame Pachéapatey-Kotami devint sôtapliaP.
23. — Conversion de la famille du Buddha ET d’un grand nombre DE SaKYAS
Le jour suivant, le Saint vint manger au palais royal et envoya appeler néang Pimpéa-têvy ((pii avait été son ('pouse)
nourriture. » Le père lui parle de ses ancêtres, le Buddlia lui oi)pose les précédents buddhas et lui démontre que son état exige qu’il demande l’aumône. Le père l’écoute, est convaincu, et obtient l'état de sotapatti qui est le premier degré de la .sainteté. Puis il entre au palais (pp. Iü5- 167).
La leçon singlialaise que Spence Hardy a traduite est encoï c plus détaillée. Je ne vais signaler ici que les développements les plus importants : Sous chaque pas du Buddha quêtant sa nourriture au travers de la ville, des fleurs de lotus paraissent, les creux se remplissent, les buttes s’abaissent, les obstacles et les impuretés disparaissent devant lui et des rayons jaillissent de son corps (détails). Son épouse apprend qu’il mendie de maison en maison, dans la cité où il était accoutumé d’aller en char, portant sur lui les soixante-quatre ornements, suivi de mille nobles, elle distingue le rayonnement sacré, prévient le roi, décrit la beauté de son apparence. Le père accourt : « Pourquoi me déshonorez- vous ainsi ? dit-il; ne pouvez- vous pas obtenir autrement votre nourriture '? » Le Buddha reprend : (( C’est la coutume de ma race. » Le roi dit : « Votre race est celle de Sammata et notre race n'a jamais fait ainsi. » Le Buddha répond qu’il n’est pas de la race de Sammata l’ancêtre, mais de celle des Buddhas. Et son discours convertit son père et lui procure le deuxième degré de sainteté (pp. 207-209). — On voit que la leçon singlialaise ne parle pas de l’indignation des habitants de la ville et que cette indignation populaire est remplacée par celle de l’épouse du Buddha.
1. En pâli anarjamiphala, c’est-à-dire qui est parvenu à la station ip/iala) des anapanii, ceux qui sont parvenus à l'état de la grande pureté. C’est le deuxième état de sainteté,
2. En pâli solapattiphald, qui est parvenu à la station des sotapatti, de ceux qui ont atteint l’esprit de pureté. C’est le premier état de pureté.
LE PRÉAS PATHAMA SÂMPHOTIIIAN
mais elle refusa de venir. Alors le roi Suthôton et le Saint se levèrent et se rendirent chez elle avec les deux principaux disciples, Saribot et IMokaléan.
Étant arrivé près d’elle', le Saint prêcha le sanki/idacliêadah. Quand ce prêche fut achevé, la sainte dame était sotcV .
Le jour suivant, le Saint emmena Nont kaumar* qui était sur le point d’épouser néang Kalyéaney et le fît religieux, puis il le conduisit au paradis {suorkéaY . Celui-ci, ayant vu les femmes du paradis, les trouva plus belles (jue sa fiancée, il se mit à étudier la Loi et devint arahât. Plus tard®, le Saint lit entrer son fils Réahuol parmi les novices {sâmnênY et reçut au nombre des religieux six sakyas de la famille royale : Photti, Anuruth, Ânont, Phoka, Kœmpil et Tévatat*. Photti conquit de suite les trois branches
1. Spence Hardy la représente se coupant les cheveux avec cinq cents de ses suivantes et mettant de simples ornements pour recevoir son seigneur. Le roi fait l’apologie de son affection d’épouse, de sa fidélité ; le Saint rappelle ses existences antérieures, les mérites qu’elle a acquis, les souhaits qu’elle a jadis formés de renaître un jour pour être l’épouse d’un futur buddha, l’assistance qu’elle lui prêta pendant des milliers d’années. Et ce discours apaise le chagrin de la princesse (pp. 209-210).
2. En pâli, sanidrnudaj ataka, le récit dont parle la note précédente.
3. Sotûpanna, c’est-à-dire fidèle du premier degré, convertie.
4. Le prince Xanda, fils de Mâha Prajâpati, sœur de Maya-tévi et seconde épouse de Suddhodana.