H. Labouret. Monographie du cercle de Gaoua, page
Le processus du sacrifice est le suivant : pour savoir si le dieu est favorable, le sacrificateur tranche la carotide à un gallinacé et le lâche. Si celui-ci expire sur le dos, les pattes en l'air, c’est que la divinité est bien disposée. Dans la négative, on renouvelle d’ordinaire le sacrifice, et il faut plusieurs insuccès pour qu’on se décide à rechercher les causes du mécontentement du dieu, et à remettre ce qu’on projetait de faire avec son appui. Quel que soit le cas, la viande des animaux sacrifiés profitera grandement au sacrificateur et à sa famille, qui la mangeront, beaucoup moins au dieu, dont l'effigie devra se contenter de plumes, d’os et de quelques gouttes de SA Do
Les danses rituelles sont un autre moyen d’honorer les dieux. Chaque année, la fin de la récolte est marquée par des réjouissances qui commencent naturellement par un sacrifice, puis se poursuivent par des danses où les sexes séparés se livrent en file indienne, pendant des nuits entières, à des évolutions fort compliquées, et dont chaque figure a une signification. L’orchestre est composé de balafons et de tambours; des chants, hurlés par les danseurs, et dont les paroles peuvent avoir un caractère sacré, se font entendre à intervalles réguliers. C’est une musique hallucinante, aux rythmes originaux, qui émeut à la longue un auditeur même indifférent, et communique une sorte d’ivresse aux danseurs.