‹ Les Lobi et Leur CoutumeChapitre 39 sur 76 · EM EE · texte numérisé non relu

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partie de son clan allié. C’est ainsi que, si des Kambiré et des Palé sont en désaccord, on assistera à l’intervention pacifique d’un membre du clan Yen, allié des Kambiré, qui pourra se rencontrer avec un D, allié des Palé. L’allié de clan agit spontanément. La lutte ne peut continuer après son intervention sans provoquer le courroux de la Terre; tirer sur lui serait un crime épouvantable, dont la Terre tirerait une vengeance capitale. |

L’allié de clan apparaît d’autre part lors des funérailles d’un membre du clan ami, et c’est lui qui préside au partage de la succession.

L'institution prend un caractère imprécis chez les Lobi et chez les Birifor, dispersés et oublieux; aussi doit-on se féliciter que ces observations aient pu encore être faites.

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On a indiqué qu’il est possible de confondre le clan avec la famille patriarcale. Sans doute rencontre-t-on celle-ci au Lobi; mais elle y est dégénérée; ce n’est pas elle qu’il convient de prendre comme base à une étude des personnes.

À plus forte raison, le clan est trop vaste et son organisation est trop confuse pour que nous nous arrètions plus longtemps à cette forme sociale dont les seuls caractères juridiques importants sont l’exogamie et la solidarité entre membres du clan.

Des circonstances morales et matérielles — individualisme des Lobi et dispersion de leurs foyers — autorisent au contraire à considérer chez eux, dès maintenant, la famille dans sa forme la plus réduite, c’est-àdire celle qui ne comprend que le père, ses épouses, et les enfants qu’il en a eus. Ce groupe, auquel nous donnerons le nom de famille restreinte, vit sous un seul toit, presque indépendant de ses voisins. En dépit de sa sou-

mission, se relative, à certaines traditions propres: au clan ou à la famille patriarcale, il est bien, actuellement, la be domestique la plus intéressante.

On l’étudiera en lui-même et par rapport aux parents de clan de la mère ou du père qui peuvent exercer une influence sur sa vie juridique; et on parviendra, sans en sortir, à passer en revue les principaux et les plus intéressants des cas de droit qui peuvent se es relativement aux personnes.

La parenté de clan apparaît cependant à certains auteurs comme portant le maximum d’effets. MM. Moret et Davy le pensent : « La famille primitive n’est qu’une figure plus spéciale et plus hiérarchisée du clan. Cette identité se révèle dans les obligations que la coutume attache au fait d’appartenir au clan et qui ne sont autres que des obligations de parenté »1. S’il y a identité, nous retrouverons le clan en étudiant la famille. Mais quelles sont ces obligations de parenté, attachées. au clan et qu’on retrouve dans la famille ? « Le devoir si important de se marier en dehors du clan (exogamie, et du point de vue de la famille proprement dite, prohibition de l'inceste), le devoir de s’abstenir de consommet l'animal servant de totem. — Ces obligations. sont attachées au clan avant la famille. C’est le clan qui est vraiment la famille, c’est-à-dire cette société juridique de parents liés entre eux par la communauté de nom et de culte et par la réciprocité des droits et des devoirs. Ces droits et ces devoirs sont ceux de la parenté, mais qui ne sont pas encore attachés au petit groupe de fait que peuvent constituer le couple conjugal et les enfants » ?. Ces obligations, attachées au clan en général, se retrouvent sans doute dans le clan lobi; mais l’obligation de l’exogamie est souvent tour-

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