PONS
ment une centaine de mètres — les terrains sont archéens — et leurs pentes servent souvent à la culture en gradins du mil, céréale prépondérante.
La végétation est pauvre, dispersée. Il n’est de bois qu’auprès des rivières permanentes. Les arbres, à l’exception de quelques espèces, ne dépassent pas une quinzaine de mètres de hauteur. Beaucoup sont à feuilles caduques. Les palmiers sont rares ; les plantes épineuses, nombreuses. Le pays, en somme, présente les caractères de la steppe. L’abondance des pluies d’hivernage provoque annuellement une renaissance de la végétation, un reverdissement, une poussée de roseaux et de hautes herbes qui, pour un temps, rappelleront la savane; période de bombance pour les animaux, de travail aux champs pour l’homme 1.
Le climat dépend du régime des vents. En saison sèche, c’est-à-dire de novembre à avril, domine l’harmattan, vent chaud et sec venu du Sahara. Pendant l’h1vernage, nom donné par les Européens à la saison qui dure de mai à octobre, les nuages s’amoncellent, nés sur place ou attirés, de l’étuve que constitue en été le golfe de Guinée jusqu’au continent, par la dépression atmosphérique saharienne. [1 pleut presque chaque jour en juillet et août. Les pluies sont torrentielles, supprimant parfois toute communication.
La température, malgré deux saisons si tranchées, n’oscille guère qu'entre 16 et 35° à l’ombre, avec une moyenne générale de 27° dont la persistance ne laisse pas d’être amollissante, même pour le noir. Le régime climatique n’autorise que les cultures annuelles, car l’indigène ignore l'irrigation.
1. Le pays lobi se trouve en somme placé à la limite des zones de la steppe, caractérisant le Soudan, et de la savane, particulière à la haute Côte d'Ivoire ; ce qui explique qu'il participe, suivant la saison, des végétations spéciales à l’une et à l’autre.
Les céréales principales sont, dans l’ordre : le mil ou sorgho, le maïs, les arachides, les pois et haricots, les ignames et les patates. Le riz, importé par les Européens, est encore rare et peu apprécié par la masse des consommateurs. Parmi les produits de cueillette, il convient de noter le soumbara, fruit du néré (parkia biglobosa), condiment très recherché, et les noix de karité (bassia Parku), qui font l’objet d’une consommation locale et d’une exportation considérables. Comme plante industrielle, le cotonnier seul mérite d’être cité ici. Sa fibre est de qualité médiocre; les Dioula 1 immigrés dans la région l’emploient à la fabrication d’étoffes grossières mais très solides. L’excédent est exporté. Le kapok, fibre fournie libéralement par la nature, commence à être recherché par les acheteurs européens, mais l’indigène ne l'utilise pas pour son compte.
Le pays, en somme, est coupé, mal arrosé, de climat déprimant. Mais son étendue met à la disposition d’une population relativement peu dense suffisamment de terrains fertiles pour que les cultures d’alimentation soient aisées et de bon rendement, et suffisamment de richesses naturelles pour rendre possibles les échanges avec le dehors.
L'organisation politique date de l’arrivée des Francais dans le pays. Auparavant, c'était l'anarchie, dans le cadre des traditions coutumières, tempérament insuffisant à l’excéssif individualisme des habitants.
65.000 Lobi ressortent actuellement du cercle administratif de Gaoua, qui comprend quatre subdivisions placées sous la direction de fonctionnaires français; 3 à 4.000 Lobi dépendent encore de la Côte d’[voire.