‹ Les Logiciens anglais contemporains (volume 2)Chapitre 5 sur 90 · Syst, de log., trad. franc., liv. 111, ch · texte numérisé non relu

Syst, de log., trad. franc., liv. 111, ch

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traire trouver deux cas qui, semblables sous tous les autres rapports, diffèrent par la présence ou l'absence du phénomène étudié. S'il s'agit de découvrir les effets d'un agent A, il faut prendre A dans quelques groupes de circonstances constatées, comme ABC, et, ayant noté les effets produits, les com.parer avec l'effet des autres circonstances BC quand A est absent. Si l'effet de ABC est abc, et l'effet de BG, hc, il est évident que l'effet de A est a. De même, si, commençant par l'autre bout, on veut déterminer la cause d'un effet a, il faut choisir un cas comme abc, dans lequel l'effet se produit, et où les antécédents étaient ABC, et se mettre en quête d'un autre cas dans lequel les circonstances restantes bc se présentent sans a. Si dans ce dernier cas les antécédents sont BG, on sait que la cause de a doit être A, A seul ou joint à auelqu'une des autres circonstances présentes.

Méthode unie de concordance et de différence. — Parfois, il est impossible de trouver le couple de cas requis. Alors, par un double emploi de la méthode de concordance, on peut découvrir en quoi les cas qui contiennent A ou a diffèrent de ceux qui ne les contiennent pas. Si, en comparant divers cas dans lesquels a arrive, on trouve qu'ils ont tous en commun la circonstance A et (autant qu'on peut l'observer) pas d'autre, la méthode de concordance témoigne d'une connexion entre A et a. Pour convertir cette preuve de connexion en preuve de causation par la méthode directe de différence, il faudrait pouvoir dans quelqu'un de ces cas, par exemple dans ABG, exclure A et voir si, cela fait, a n'a pas lieu. Maintenant, supposé^ ce qui est fréquent, que nous ne soyons pas en mesure de faire cette expérience décisive, si nous réussissons de quelque manière à découvrir quel aurait été son ré-

sultat au cas où elle aurait été faite, l'avantage sera le même. Supposé donc qu'ayant d'abord examiné divers cas dans lesquels a avait lieu, et trouvé qu'ils concordaient en ce qu'ils contenaient tous A, nous observons maintenant différents cas dans lesquels a n'a pas lieu, et trouvons qu'ils concordent en ce qu'ils ne contiennent pas A, la méthode de concordance établit entre l'absence de A et l'absence de a la même connexion établie précédemment entre leur présence. De même, par conséquent, qu'il a été constaté que, toutes les fois que A est présent, a l'est aussi; de même, en montrant maintenant que, lorsque A est mis de côté, a manque aussi, on obtient, par une des propositions ABC, abc, par l'autre BG, &c, qui sont les cas positifs et négatifs requis par la méthode de différence.

Méthode des résidus. — Le principe de cette méthode est très-simple. En retranchant d'un phénomène donné tout ce qui, en vertu d'inductions antérieures, peut être attribué à des causes connues, ce qui reste sera l'effet des antécédents qui ont été néghgés ou dont l'effet était encore une quantité inconnue.

Méthode des variations concomitantes. — Il reste une classe de lois qu'il n'est pas possible de déterminer par aucune des méthodes précédentes : ce sont les lois de ces causes permanentes, de ces agents naturels indestructibles qu'il est à la fois impossible d'exclure et d'isoler. Mais nous avons une ressource. Quoiqu'il soit impossible d'exclure complètement un antécédent , nous pouvons être à même, ou la nature pour nous, de le modifier de quelque façon. Par modification, il faut entendre un changement qui ne va pas jusqu'à la suppression totale. Si une certaine modification dans l'antécédent A est toujours suivie d'un changement dans le conséquent a, les autres conséquents h et c demeu-

rant les mêmes, ou vice versa, si chaque changement dans a est précédé de quelque modification de A, sans qu'on en observe aucun dans les autres antécédents, on peut en toute sûreté conclure que a est, en tout ou en partie, un effet de A, ou du moins est lié de quelque manière à A causalement. Pour la chaleur, par exemple, bien qu'on ne puisse pas l'expulser complétement d'un corps, on peut en modifier la quantité, l'augmenter ou la diminuer, et de cette manière on trouve, par les différentes méthodes d'expérimentation ou d'observation, que l'augmentation ou la diminution de la chaleur est suivie de l'expansion ou de la contraction des corps. On arrive ainsi à conclure, ce qui serait impossible autrement, que l'un des effets de la chaleur est d'augmenter le volume des corps.

Tels sont, d'après Stuart Mill, les principes et les opérations fondamentales de la logique inductive.

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