‹ Les logiciens anglais contemporainsChapitre 6 sur 57 · I. Stuact Uill : pétiUon de principe iabéfeate à tout eyllo · texte numérisé non relu

I. Stuact Uill : pétiUon de principe iabéfeate à tout eyllo

fisme ; fonction du Bjllogiflme ; Igrajula du srllogisme. — L Herbert Spencer : itélinitloD de la logique; critique du syllogisme péri pa tel Icien i raiBonnement du particulier au particulier; Byllogisme à quatre termes ; principe (le aiœilitutle.

I. La logii]ue inductive ii'« en eUe-méme rien-d'iii'compatible 9vec l'eustence d'une logique fori^neUe; on peut tracer les règles de la recherche et de la preuve expérimeiitAlee, sans mer pour oela la légitiniité des déductions syllogistiovies. Quand fiacon disait : Reji" cimua ayUogi8muin,il mi^xiiait geul^meotle proecrïre comme instrument de découverte ; il ne contestait pas l'autorité de la logique péripatéticienne, ramenée dans les limites où son inventeur Itti^mênae l'avait circonscnte> Wbewell, sur ce point, ne pense pas ajitrement qjieJBiLCOP-

Um Stuftrt Mill, ^ i m wite J]orl)ert Spencer, devAMDjt'étce conduits, pw les doctrwes qu'ils firofesseot sur l'origine at la genôs« dos connaisFanoes, b annexer i Js logique toduotive le domaine entier âe la logique ConaeJle.JDe toiU temps, les logiciens s'étaient accordés

à reconnaître une science de. la forme générale de la pensée. L'exercice de l'entendement, disait Kant en particulier, est soumis à des lois ; les unes, qui dépendent des objets déterminés de la connaissance, sont aussi nombreuses qae ces objets, et contingentes ; les autr,e3, qui dérivent de la nature môme de l'entendement, sont nécessaires. Si l'on fait abstraction de toute connaissance relative aux objets particuliers, pour ne considérer que l'usage de l'entendement en général, on est conduit à constituer une science où n'entre rien de ce qui touche à la matiët'e de la connaissance. Dans une telle science, la vérité objective des principes et des conclusions n'e^t pas en question ; on se préoccupe uniquement de savoir comment, de certaines propositions données à litre d'hypothèses, on peut tirer des conclusions conformes aux exigences constitutives de l'entendement.

Stuart Mill nie l'existence et la possibilité d'une telle Bcience. Pour lui, l'inférence du général au particulier n'est pas un mode primitif et irréductible du raisonnement.

En premier lieu, il faut, d'après lui, reconnaître que tout syllogisme, considéré sous l'aspect ordinaire, contient une pétition de principe. Quand on dit :

Tous les hommes sont mortels,

Socrate est un homme,

Donc Socrate est mortel,

La conclusion est présupposée dans la première prémisse. Nous ne pouvons pas être assurés de la mortalité de tous les hommes, à moins d'être déjà certains de la mortaUté de chaque homme individuel. Si l'on dit que la mortalité de Socrate est douteuse avant d'avoir été extraite de la majeure : Tous les hommes 9ont mortels, cette majeure est par là même frappée

lA LOGIQUE INDtCTlVE ET LE SYLLOGISHU: 25

d'incertitude et ne peut, par conséquent, servir à légitimer la conclusion. Le principe général, loin d'êti-w ■ une preuve do cas particulier, ne peut être lui-même reçu comme vrai, s'il reste l'ombre d'un doute sur un des cas qu'il contient. Par conséquent, aucun raisonnement du général au particulier ne peut, comme tel, rien prouver, puisque d'un principe général on ne peut inférer que les faits particuliers que ce principe suppose connus.

Pourtant, en fait, le syllogisme semble chaque jour nous fournir la connaissance de vérités non encore observées. Il a donc une force d'inférence sur la nature de laquelle on s'est mépris, altérée qu'elle était par des formules artificielles. Il est incontestable que cette proposition : Le duc de Wellington est mortel, est une inférence. Mais peut-on la conclure de la proposition : Tous les hommes sont mortels? a Je réponds ; non. L'erreur en ceci est, ce me semble, dit Mitl, d'oublier qu'il y a deux parts à faire dans le procédé philosophique, la part de linférence et la part de l' enregistrement, et d'attribuer à la seconde la fonction de la première. La méprise consiste à faire remonter l'origine des connaissances d'une personne à ses notes. Si, à une question qui lut est faite, une personne ne trouva pas immédiatement sa réponse, elle peut rafraîchir sa mémoire en consultant un mémorandum qu'elle porte dans sa poche. Mais, si on lui demande comment le fait est venu & sa connaissance, elle ne dira pas trèsprobablement que c'est parce qu'il est noté sur son carnet '. »

Or qu'est-ce qu'une proposition générale? C'est un court abrégé et de -nos ub£el*^'aUons, et des inférences

i. Syit. de %.,-trad. frouç., liv. H, ch. 3.

LIAQD. S

L , ., :.C00gIc

36 LS LOGICIËHS ANGLAIS COKTEUPOBAINS

que nous leo avons tirées. « Lors donc que nous cûn^ cluons de la mort de Jean, de Pierre, et de tous les indiviilus dont nous avons entendu parler, que le duc Wellington est mortel, noue pouvons sans doute, comme station iotermédiaijre, passer par cette généralité que tous les bornâtes sont mortels ; mais ce n'est pas dans cette dernière moitié de chemin qui va de tous les hommes va duc de WelUngtoa que réside rinfôrence; elle est faite quand nous avons atilrmé que tous tes hommes sont mortels *. > La garantie de la mortalité du duc de Wellington, c'est la mortalité de Jean, de Pierre, de Jacques eldes autres hommesà nous connus; qu'entre le premier et le dernier stade du raisonnement nous intercalions une propodtion générale, la preuve, en uni que preuve, n'en reçoit rien.

Quelle est donc la vraie fonctiou du syllogisme ? — Toutes les inEérences primitives se font, nous l'avons vu, du particulier au particulier. Les propoisitionB générales sont de simples regi^res des infér^ncas déjà faites et de courtes formules pour en faire d'autres. Si, comme c'est le cas dans le syllogisme, nous prenons pour point de départ une de ces propositions, que »era ta conclusion qu'on s'imagine en tirer, sinon une interprétation? On ne peut dire en effet, sans pétition de principe, que la conclusion est tirée de la formule ; on doit dire qu'elle est faite conformément à la formule. La prémisse réelle, ou mieux l'antécédent logique de la conclusion, c'est la somme des, faits particuliers d'oii r'inductioD a extrait la proportion générale. Nous avons pu oublier ces faits individuels; Q nous reste à la place une brève annotation, un mémorandum, qui, nou» lacfielant que certains attributs

Page 1