‹ Les logiciens anglais contemporainsChapitre 5 sur 57 · leg; inA et did., trad. touiQ., t. If, a[>pcDd. II · texte numérisé non relu

leg; inA et did., trad. touiQ., t. If, a[>pcDd. II

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LA LDGIOUE IRSUCrniB EN ANGLETEBKS t5

servent à l'estimatioD de )« preuEve, c'est-à-dire à la fuis du procédé général qui va ddoontui à l'iiicaiHtu, et des opérations avxtiiaire» de cette opération fondamen^ taie.»

Aller du connu à i'ineoonu, c'est raisonner. Le rai« sonnement, au sens large du mot, est synonyme d'inf'?rence. On distingue d'ordinaire, des inFérences du particulier au générai et des inféretlces du général au particulier; les: prenièrea sont appelées ioductions, <t les secondes, syliogiuBe'. Mais les unes et les autres sont dérivées d'un mode primitif d'ioférence, l'intârence àa particulier aa particulier. La logique doit montrer pSL» quelle âvotation ce mode primitif et irréductible d» raisonnement donna naissance à l'iaduction et ^ la déduction scientifiques. Bornons-nous ici à ce qui concerne la première.

Toutes nos inférettces primitives sont faiies) d'après Sluart Mill, du perticaiiftr au particulier. Dès. les pre- Biiëres lueurs de l'intelligence, nous tirons de» conclusions, et des umée» se passent arant que nous apprer nions l'usage des termes généraux. L'enfant qui s'est brûlé le doigt se garde désormais de l'approcher da f£a ; il a raisonné et condu, sans s'être pour celaservi d'an principegénéral. Il se souvient qu'il a été brillé; et, sans autre garantie que. ce souvenir, il croit que, s'il ftpprocbe encore son doigt du fen, il se brûlera de nouveaa; l'image du feu et la souvenir de U sensation douloureuse précédemment é|H-ouvée. sont associés en son esprit, et la présence de l'une suffit k provoquer l'apparition de l'autre. La même inférence se répète chaque fois que se présente un nouveao cas semblable; mais, chaque fois; elle ne dépasse pas U cas présent; il n'y a pas là de généralisation; un tait particulier est inféré» d'uafïit parUeulier.

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Mais cette inducUon instinctive et restreinte est loin d'être l'induction réfléchie et savante. Comment s'opère le passage de Tune à l'autre? Comment de l'infércnce du particulier au particulier peut sortir l'inférence du particulier au général? L'induction savante consiste à conclure que a ce qui est vrai dans un cas particulier sera trouvé vrai dans tous les cas qui ressemblent au premier ». Il suffit de ce bref énoncé pour faire voir qu'une telle opération implique un principe ou un postulat. Pour croire que ce qui s'est produit dans un cas particulier se reproduira dans tous les cas semblables, il faut au préalable croire t qu'il y a des cas parallèles dans la nature, que ce qui est arrivé une fois arrivera encore dans des circonstances suffisamment semblables et de plus arrivera aussi souvent que les mêmes circonstances se représenteront '. n

Mais comment s'engendre celte conviction? L'uniformité de la nature, quand on met un corps dans cette forme vidOi est la somme des uniformités partielles ; elle est un fait complexe composé des uniformités séparées de chaque phénomène. Cela revient à dire quels principe ou le postulat de l'induction est l'expression abrégée de toutes nos inductions partielles. Mais, à parler ainsi, il y a cercle vicieux. Si en efTet l'induction du particulier au général implique, pour être valide, la croyance à l'uniformité du cours de la nature, cette croyance ne peut dériver des inductions particulières, qui, sans elle, seraient sans force et sans valeur.

Mais n'oublions pas quelle est la nature des inductions primitives.. Elles se font d'un cas particulier & un cas parUculier. L'homme alors induit spontanément, et

). Sys/. dû log., trad. fraoç., liv. III, ch. 3.

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sans ïe secours d'aucun principe. La reproduction constante, dans les mêmes circonstances, des cas particuliers attendus en vertu de cette prévision spontanée et presque machinale, qui est le fond de nos premières inférences, enfante une présomption à croire que tous les phénomènes se comportent ainsi régulièrement; peu èi peu, cette présomption se fortifie, h mesure que s'accroU le nombre des cas favorables qui déposent en sa faveur, et, comme aucun fait ne la dément, l'esprit en vient naturellement à réunir en une formule générale toutes ces lois ébauchées et provisoires, et la croyance à l'uniformité de la nature finit par tirer de l'unanimité des témoignages favorables, et de l'absence de tout témoignage contraire, une autorité à laquelle nous ne saurions nous soustraire sans faire une violence injustifiée à nos habitudes d'esprit les plus puissantes. Dès lors, la certitude dont elle est investie rejaillit sur les lois particulières, et ainsi s'accomplit, sans cercle vicieux, le passage de l'inférence du particulier au particulier à l'inférence du particulier au général, par l'intermédiaire du principe de l'uniformité de la nature.

Ce principe, Stuart Mill l'appelle encore la loi de la causalité universelle. C'est qu'en effet, parmi les uniformités de la nature, les plus importantes, celles qui ont le rôle scienti&que le plus éminent, sont les uniformités de succession, et que toute succession régulière implique cause et etïet. — Qu'est-ce donc qu'une cause, au sens scientifique du mot? Dans Tordre de la nalure, quand un phénomène se produit, il n'apparaît pas s^ns Lien k ce qui l'a précédé ; mais il est uni à un groupedecirconstancesantécédentes. Si nous analysons ces circonstances, nous voyons que les unes sont invariables, tandis que les autres varient d'un cas & l'autre.

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Njus appelons i cause d'une «bofie, rantécédent h la suite duquel oetteehosearriveinrartablementB '. Mais c'est Ui une déûnilion insuffisante. Si en effet t'anlécédence et la coneéquence invariables duns l'ordre dn temps étaient l'unique signe de la cause et de l'efièt, il faudrait déclarer que la nuit est cause du jour et le jour cause de la nuit, puisqu'ils alternent en succession régulière et constante. Or l'espnt se refuse à cette conséquence. A l'invariabilité dans la succession doit donc se joindre un autre caractère : c'est Vinconditionnalilé de l'antécédeat. La nuit et le jour se saceëdent invariablement, sans qne nous puitskins dire que l'une est la cause de l'anlre. C'est que cetlesucceaicm est elte-mfime soumise à une condition, I0 lever du soleil à l'hcsi20n; c'est ce dernier phénomène qui fait snceéàer la clarté aux ténèbres-, qu'il se produise, et I0 jour remplace la nuit; qu'il ne se produise pas, et ta succession de la »i>it et du jOiur est interrompue. C'est donc l'apparition du soleil a;u<lesdus de l'horizon, l'abseace d'un corps opaque placé en ligne droite entre cet astre et le lieu de la terre où nous sommée, qui est pour nous la condition sans laquelle le jour ne se produirait pas. H faut donc définir la cause d'on phénomène a l'antécédent ou la réunion d'antécédents dont le {di^nomène est invariablement et iaconditionneUement le conséquent n *.

Ce sens de la cai>salité étabii, le mécâimme àg la preuve expérimentale est aisé il analyser. Chaque phénomène est précédé d'ia cortège de oirconâtances variées et fait à son tour partie d'un semblable cortège. Il faut donc déterminer quels antécédents et quels conséquents sont unis dans cette saits incessants 1. S!pt- ie log., trod. fiHAç., tiy. Ht, du •.

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LA LO&tOI^ INDUCTITO Bit AITGLBTEBIIE 19

des faits. Pour cela, trais opérations sont nécessaires : la séparation mentale, la séparation actuelle des faits, et la variation des circonstances; en deux mots, l'ob- Bervation et l'expérimentation.

Les méthodes de recherche expérimentale sont : la méthode de concordance, la méibode de dilTérence, la méthode unie de concordanc ; et de dirTércnce, la mé* thodedes résidus et enâa la méthode des Varialions

Méthode de concordatiee. — « Soit A une cause, et supposons qu'il s'agiise d'en déterminer les effets. Si l'on peut rencontrer ou produire l'agent A au milieu ds circonstances variées, et si les différents cjs n'ont aucune circonstance commune excepté A, l'effet quelconque qui se prodoit duis toutes les expériences est ugnalé cornue l'effet de A. Supposons, par exemple, que A est mis à l'eaaai avec B et C, et que l'effet est abc; puisque, A étasit joint à D et E, mais sans B ni G, l'effet est ade. Ceci posé, voici comment on raisonnera : Il et c ne sont pas les- efEets de A, car ils n'ont pas été produits par A dans ta seconde expérience; d et e ne la sont pas non plus, car ils n'ont pas été produits dan» la première. L'effet réel, quel qu'il soit, de A doit avoir été produit dans les deux cas; or, il n'y « que la mconstancea qui remplisse cette condition. Le phénomène a ne peut pas ètce l'efTet de B ni de C, puisqu'il S''est produiten leur absence, ni de D tri de C, par la même rtUson. Donc il est l'effet de A, >

Méthode de différenee. — Par la méthode précédente,, il s'i^^issait d'obtenir des ca» qui coneordenf dans- la drconstance donnée, mais diffèrent dans toute autre. Sans la méthode de diOérence, il faut an con-

i. Suit, de lùff.flrtÂ.traa^.,U-r.lU, ah. .

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traire trouver deux cas qui, semblables sous tous les autres rapports, diffèrent par la présence ou l'absence du phénomène étudié. S'il s'agit de découvrir les effets d'un agent A, il faut prendre A dans quelques groupes de circonstances conslatées, comme ABC, et, ayant noté les effets produits, les comparer avec l'effet des autfes circonstances BC quand A est absent. Si l'effet de ABC est abc, et l'effet de BG, bc, il est évident que l'effet de A est a. De même, si, commençant par l'autre bout, on veut déterminer la cause d'un effet a, il faut choisir un cas comme abc, dans lequel l'effet se produit, et où les antécédents étaient ABC, et se mettre en quête d'un autre cas dans lequel les circonstances restantes bc se présentent sans a. Si dans ce dernier cas les antécédents sont BC, on sait que la cause de a doit être A, A seul ou joint à quelqu'une dps autres circonstances présentes.

Méthode «nie de concordance et de différence. — Parfois, il est impossible de trouver ie couple de cas requis. Alors, par un double emploi de la méthode de concordance, on peut découvrir en quoi les cas qui coniiennent A ou a diffèrent do ceux qui ne les contiennent pas. Si, en comparant divers cas dans lesquels a arrive, on trouve qu'ils ont tous en commun ia circonstance A et [autant qu'on peut l'observer] pas d'autre, la méthode de concordance témoigne d'une connexion entre A eto. Pour convertir cette preuve de connexion en preuve de causation par la méthode directe de différence, il faudrait pouvoir dans quelqu'un de ces cas, par exemple dans ABC, exclure A et voir ei, cela fait, a n'a pas lieu. Maintenant, supposé, ce qui est fréquent, que nous ne soyons pas en mesure de faire cette expérience décisive, si nous réussissons de quelque manière à découvrir quel aurait été son ré-

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eullat au cas où elle aurait été faite, l'avantage sera le même. Supposé donc qu'uyant d'abord examiné divers cas dans lesquels a avait lieu, et trouvé qu'ils concordaient en ce qu'ils contenaient Ions A, nous observons maintenant diiîérents cas dans lesquels a n'a pas lieu, et trouvons qu'ils concordent en ce qu'ils ne contiennent pas A, la méthode de concordance établit entre l'absence de A et l'absence de a la même connexion établie précédemment entre leur présence. De même, par conséquenl, qu'il a été constaté que, toutes les fois que A est présent, a l'est aussi; de môme, en montrant maintenant que, lorsque A est mis de côté, a manque aussi, on obtient, par une des propositions ABC, abc, par l'autre BC, hc, qui sont les cas positifs et négatifs requis par la méthode de différence.

Méthode des résidus. — Le principe de cette méthode est très-simple. En retranchant d'un phénomène donné tout ce qui, en vertu diniuctions anlérieures, peut être attribué à des causes connues, ce qui reste sera l'effet des antécédents qui ont été négligés ou dont l'effet était encore une quanUté inconnue.

Méthode des variations concomitantes. — Il reste une classe de lois qu'il n'est pas possible de déterminer par aucune des méthodes précédentes : ce sont les lois de ces causes permanentes, de ces agents naturels indestructibles qu'il est à la fois impossible d'exclure et d'isoler. Mais nous avons une ressource. Quoiqu'il soit impossible d'exclure complètement -un antécédent, nous pouvons être à même, ou la nature pour nous, de le modifier de quelque façon. Par modification, il faut entendre un changement qui ne va pas jusqu'à la suppression totale. Si une certaine modiâcation dans l'antécédent A est toujours suivie d'un changement dans le conséquent a, les autres conséquents b et c demeu-

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rant les mêmes, ou vice versa, si chaque chaiigernent dans a est précédé de quelque modification de A, sana qu'on en observe aucun dans les autres antécédents, on peut en toute sljreté conclure que a est, en tout ou en partie, un effet de A) ou du moins est lié de quelque manière à A causalement. Pour la chaleur, par exemple, bien qu'an ne puisse pas l'expulser complètement d'un corps, mi peut en modifier la quantité, l'augmenier ou la diminuer, et de cette manière on trouve, pai le Oifféreoteemétliodes d'expérimentation ou dobservauun, que l'augmentation ou la diminution de la chaleur est suivie de l'espansion ou de la contraction des corps. On urrive ainsi à conclure, ce qui serait impossible autrement, que l'un des effets de la chaleur est d'augmenter le volume des corps.

Tels sont, d'après Btuart Mill, les principes et les opérations fondaïucntali^g de la logique inductive.

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