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Lois, II, page

Une des réactions les plus glorieuses fut assurément celle qui ramena récçmment les esprits les plus distingués de l'Angleterre à la lecture et à l'étude des anciens chefs-d'œuvre de la nation. L'esprit saxon s'y retrempa comme dans une source de Jouvence. Quant aux Danois et aux Suédois, ils semblent avoir puisé dans l'amour avec lequel ils cultivent les kaempeoiser et les sagas^ de l'Islande, l'énergie indispensable pour fonder une littérature moderne et populaire. On le voit aisément, les lettres, comme les peuples en général, reculent quelquefois pour avancer encore.

Mais les deux mouvements de recul les plus glorieux dont les temps modernes aient été témoins sont : la Réforme et la Renaissance. Leur nom même, indique le redressement de ce qui menaçait de se déformer prématurément, la résurrection de ce qui semblait pour toujours scellé dans la nuit des tombeaux. C'est Athènes et Rome tout entières qui reprennent possession du monde en secouant la couche de poussière dont les a couvertes une conquête brutale, en faisant éclater à des yeux étonnés, les belles lignes de leurs chefs-d'œuvre mutilés, et à des oreilles charmées, les harmonieuses inspirations de leurs poètes et de leurs penseurs. Elles firent honte ainsi, aux peuples de l'Europe, et de leur ignorance et de leur grossièreté.

C'est la primitive Église, ensuite, qui rappelle à un clergé corrompu et à une société glissant sur la pente d'un ignoble matérialisme, la pratique austère de toutes les vertus dont le fondateur avait donné l'exemple, d'une vie pure et pauvre, d'une foi humble, ardente et sincère, et de cette libre recherche dans le domaine du dogme qui avait fait jadis la gloire de la religion nouvelle. Schisme regrettable, s'écrieront les uns ; mouvement admirable, répondrions-nous sans hésiter, s'il avait eu la charité pour compagne.

Quoi qu'il en soit, Renaissance et Réforme ne paraissent pas près du terme de leur durée; nous respirons, pour ainsi dire, dans leur atmosphère ; leur action se prolongera sans doute encore pendant une série de générations dans le temps et dans l'espace.

Ne pourrait-on pas dire que la civilisation, avant de prendre son dernier élan, a voulu se retremper à ses deux sources éternelles : celle du Beau, auquel le génie de la Grèce préside; celle du Bien, qu'a fait jaillir l'esprit hébraïque, et que leurs eaux confondues nous conduiront un jour, nous pouvons du moins l'espérer, à ces régions lumineuses où habite le vrai? ^

Un mot encore sur la loi de réaction, qui peut être con- . sidérée comme le reflux plus faible du mouvement qui emporte irrésistiblement le genre humain de l'Est à l'Ouest. Gomme ce mouvement n'a pas encore cessé, comme il n'a pas encore terminé sa révolution 6t ne commence pas encore à revenir sur lui-même, on en peut induire avec une extrême vraisemblance que, jusqu'à présent au moins, l'humanité n'est pas encore entrée dans la période de son déclin. Du moment où ce déclin se sera déclaré, il ne faudra pas s'étonner si le rapport qui existe entre les deux mouvements s'intervertit, ou par intervalles ou pour toujours.

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