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PHRYGIENS

Les arts, les lettres et les sciences des plus anciens peupies ne sont pas restés absolument immobiles. Mais les efforts de leur génie, malgré les phases diverses parcourues par ce dernier, sont cependant restés emprisonnés dans les limites de leur individualité. Ce qui est égyptien, chinois, babylonien, assyrien, se reconnaît à première vue, que l'objet ou l'œuvre date du xx® ou du viii* siècle avant notre ère. Malgré leur commerce extrêmement étendu et leur industrie prospère, les Phéniciens, différents sous ce rapport des peuples cités par nous, ne paraissent pas avoir imprimé à leurs produits un haut degré d'originalité. Dans leurs tissus, dans leurs broderies, comme dans leur architecture, ils semblent avoir imité surtout des modèles babyloniens. Ils n'ont pas brillé dans les arts plastiques ; les petites images

de leurs, dieux avaient, comme on sait, des formes bizarres, monstrueuses. En revanche, nous savons par la Bible et par les chants homériques que longtemps avant Fan 1000, ils étaient remarquables comme fondeurs*. Un de leurs grands mérites aux yeux de la postérité sera toujours d'avoir formé à leur école les Grecs encore barbares. Mais ils n'ont été ni les seuls, ni peut-être les premiers maîtres de cette race si bien douée.

Les Hellènes ou mieux les Yavanas se trouvèrent dans l'Asie Mineure et même sur leur propre sol en contact avec des peuplades bien plus avancées qu'eux dans la voie de la civilisation. Nous ne parlerons pas trop des Cariens, auxquels les Grecs ne paraissent avoir emprunté qu'une meilleure armure et la coutume de surmonter leur casque d'un panache^. Mais qui ignore qu'ils doivent une partie de leur culture aux Lycjiens ? C'est d'eux qu'ils apprirent à combattre à cheval, à se servir de poids et mesures et notamment d'argent monnayé, à teindre les étoffes, à jouer à la paume et aux dés. C^est grâce aux Lydiens qu'ils purent enrichir leur musique par l'introduction d^une lyre particulière, la magadiSf qui était munie de vingt cordes, de certaines flûtes, dites mâles et femelles, qui portaient le nom de lydiennes^ enfin du fameux mode, dit lydien aussi, auquel Aristote assigna une place dans l'éducation des garçons ^ La flûte fut utilisée par les Grecs pour accompagner l'élégie et par les Spartiates pour accentuer plus vivement leurs marches militaires; plus tard même elle fut employée dans les choraux. N'oublions pas que la flûte fut aussi l'instrument favori des Phrygiens : Marsyas, considéré comme son inventeur et dont la défaite par Apollon était racontée par la légende, appartenait à la Phrygie. Le mode phrygien par ses harmonies enthousiastes et énervantes agitait et troublait les âmes plus profondément que le mode lydien, quelque peu féminin lui aussi*. Phry-

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