‹ Les lois de l'histoireChapitre 22 sur 144 · L^ÉVOLUTION DES BEAUX-ARTS CUEZ LES GRECS · texte numérisé non relu

L^ÉVOLUTION DES BEAUX-ARTS CUEZ LES GRECS

Ce que nous disons ici des lettres peut s'affirmer pareillement des arts. Ceux-ci avaient été poussés assez loin par les Égyptiens et les Asiatiques. Il ne paraît pas que les Hellènes aient montré tout d'abord, au moins pour l'architecture et les arts plastiques, des dispositions plus heureuses que les races congénères qui habitaient les bords de Tlndus et du Gange * . Longtemps ils sont restés à la remorque des artistes de Memphis, de Babel et de Ninive ; longtemps leur habileté technique resta au-dessous des créations grandioses de leurs poètes. Ce ne fut que petit à petit que l'abime qui séparait celle-là de celles-ci se combla. Elle fut lente l'éducation qui força le burin de satisfaire l'œil d'artistes habitués à chercher dans la statue du dieu l'incarnation d'une pensée réellement poétique. Qui ignore que Phidias en concevant Timage de Jupiter Olympien s'était inspiré des vers célèbres, où Homère nous montre le souverain des dieux secouant les boucles de sa chevelure et, d'un regard, faisant trembler l'Olympe jusqu'à sa base? Aristole a dit avec vérité que la statue de l'artiste est faite dans son cerveau avant qu'elle sorte vivante du bloc de marbre. Mais il faut ajouter qu^il y a cerveau et cerveau, et qu'en Grèce au moins, le génie des statuaires avait été formé et perfectionné par celui des aèdes et des grands lyriques. Il s'est développé aussi par la con-

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