X PREFACE DE LA DEUXIEME ED[TION
Au surplus, ce qu'il y a peut-être de plus facile en fait de conception, c'est un néologisme tiré du grec. Au lieu de dire invention ou imitation^ j'aurais pu forger, sans beaucoup de peine, deux mots nouveaux. — Mais laissons là cette petite chicane sans intérêt.
— Ce qui est plus grave, on m'a parfois taxé d'exagération dans l'emploi des deux notions dont il s'agit. Reproche un peu banal, il est vrai, et auquel tout novateur doit s'attendre, alors même qu'il aurait péché par excès de réserve dans l'expression de sa pensée. Soyez sûrs que, lorsqu'un philosophe grec s'avisa de dire que le soleil était peut-être bien aussi grand que le Péloponèse, ses meilleurs amis furent unanimes à reconnaître qu'il y avait quelque chose de vrai au fond de son ingénieux paradoxe, mais qu'évidemment il exagérait. — En général, on n'a pas pris garde à la fin que je me proposais et qui était de dégager des faits humains leur côté sociologique pur, abstraction faite, par hypothèse, de leur côté biologique, inséparable pourtant, je le sais fort bien, du premier. Mon plan ne m'a permis que d'indiquer sans grand développement, les rapports des trois formes principales de la répétition universelle, notamment de l'hérédité avec l'imitation. Mais j'en ai assez dit, je crois, pour ne laisser aucun doute sur ma pensée, au sujet de l'importance de la race et du milieu physique.
En outre, dire que le caractère distinctif de tout rapport social, de tout fait social, est d'être imitatif, est-ce dire, comme certains lecteurs superficiels ont paru le croire, qu'il n'y ait à mes yeux d'autre rapport social, d'autre fait social, d'autre cause sociale, que l'imitation ? Autant vaudrait dire que toute fonction vivante se réduit à la génération et tout phénomène vivant à l'hérédité, parce que, en tout être vivant, tout est engendré et héréditaire. Les relations sociales sont