‹ Les lois de l'imitation: étude sociologiqueChapitre 9 sur 34 · XXII AVANT-PROPOS DE LA PREMIÈRE ÉDITION · texte numérisé non relu

XXII AVANT-PROPOS DE LA PREMIÈRE ÉDITION

sorte, en les refondant, à leur destination première. Les sociologisies qui in*ont fait Thonneur, parfois, de remarquer ma manière de voir, pourront maintenant, s'ils le jugent à propos, la critiquer en connaissance de cause et non d'après des fragments détachés. Je leur pardonnerai d'être sévères pour moi s'ils sont bienveillants pour mon idée, ce qui n'aurait rien d'impossible. Elle peut, en effet, avoir à se plaindre de moi, comme la semence de la terre. Mais je souhaite, en ce cas, que, par suite de cette publication, elle tombe dans un esprit mieux préparé que le mien à la mettre en valeur.

J'ai donc tâché d'esquisser une sociologie pure. Autant vaut dire une sociologie générale. Les lois de celle-ci, telle que je la comprends, s'appliquent à toutes les sociétés actuelles, passées ou possibles, comme les lois de la physiologie générale à toutes les espèces vivantes, éteintes ou concevables. Il est bien plus aisé, je n'en disconviens pas, de poser et de prouver môme ces principes, d'une simplicité égale à leur généralité, que de les suivre dans le dédale de leurs applications particulières ; mais il n'en est pas moins nécessaire de les formuler

Par philosophie de F histoire^ au contraire, et par joAîlosophie de la nature^ on entendait jadis un système étroit d'explication historique ou d'interprétation scientifique, qui cherchait à rendre raison du groupe entier ou de la série entière des faits de l'histoire ou des phénomènes naturels, mais présentés de telle sorte que la possibilité de tout autre groupement et de toute autre sucarticles sociologiques publiés dans le même recueil, mais destinés à une revision ultérieure.

Dans un autre ouvrage (La Philosophie pénale)^ j'ai développé l'application de mon point de vue au côté criminel et pénal des sociétés comme jeTavais essaye déjà dans ma Criminalité comparée ,

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cession fût exclue. De là Tavortement de ces tentatives. Le réel n^est explicable que rattaché à Timmensité du possible, c*est-à-dire du nécessaire sous condition, où il nage comme Tétoile dans Tespace infini. L'idée même de loi est la conception de ce firmament des faits.

Certes, tout est rigoureusement déterminé, et la réalité ne pouvait être différente, ses conditions primordiales et inconnues étant données. Mais pourquoi celles-ci et non d'autres? Il y a de Tirrationnel à la base du nécessaire. Aussi, dans le domaine physique et le domaine vivant, comme dans le monde social, le réalisé semble n'être qu'un fragment du réalisable. Voyez le caractère éparset morcelé descieux, avec leur dissémination arbitraire de soleils et de nébuleuses ; l'air bizarre des faunes et des flores; l'aspect mutilé et incohérent des sociétés qui se juxtaposent, pêle-mêle d'ébauches et de ruines. Sous ce rapport, comme à tant d'autres égards que je signalerai en passant, les trois grands compartiments de la réalité se ressemblent trop bien.

Un chapitre de ce livre, celui qui est intitulé les lois logiques de rimitationy n'y est placé que comme pierre d*attente d'un ouvrage ultérieur, destiné à compléter celui-ci. Si j'avais donné au sujet tous les développements qu'il comporte, ce volume n'aurait pas suffi.

Les idées que j'émets pourraient fournir, je crois, des solutions nouvelles aux questions politiques ou autres qui nous divisent maintenant. Je n'ai pas cru devoir les déduire, et la classe de lecteurs à laquelle je m'adresse ne me reprochera pas d'avoir négligé cet attrait d'actualité. Je ne l'aurais pu, d'ailleurs, sans sortir des limites de mon travail.

— Encore un mot, pour justifier ma dédicace. Je ne

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