INTRODUCTION
Lorsque je fus nommé en 1860 Médecin Inspecteur des Eaux-Bonnes, je m'occupais depuis quelque temps d'un travail qui avait pour titre :
Les lois de la circulation du sang enseignées par ï Anatomie comparée^ r Embryologie et VQhservation clinique.
J'ai oublié ce manuscrit pendant plus de vingt ans. Je viens de le revoir. Je le crois encore capable de suggérer des réflexions profitables à la physiologie en général et aux théories qui régnent sur le grand problème de la circulation du sang en particulier. Gela m'engage à le publier tel qu'il est malgré ses défauts de tout genre.
Les idées que j'expose dans ces études intimes et tout à fait libres seront mieux comprises en ce moment qu'il y a vingt ou trente ans, lorsque florissaient la physiologie de Magendie et la pathologie de Rostan. Je ne
YI hNTRODUCTION.
dois peut-être pas regretter à cause de cela, d'avoir été détourné de cette publication par la nouvelle direction qu'ont du prendre, à l'époque dont j'ai parlé, mes observations et mes études.
L'histologie, le microscope, véritables instruments du vitalisme tel que je le comprends ou du vitalisme organique ; les progrès que la physiologie française a faits sous l'impulsion de Claude Bernard, ont rendu beaucoup plus intelligibles aujourd'hui un certain nombre des faits et des idées que je développe.
Pliât à Dieu que l'anatomie comparée, l'embryologie et la pathologie qui sont le trépied de la physiologie, ses sources naturelles et toujours ouvertes, eussent marché du même pas que l'expérimentation. C'est, en effet, sur cette triple base que je m'appuie. J'avoue cependant qu'entre les mains de Claude Bernard, la physiologie expérimentale, méthode de précision et de localisation, a répandu un peu de lumière sur le problème qui va m'occuper. Quelques points en ont été éclairés, qui habitueront les esprits à une lumière plus forte et à une conception générale nouvelle de ce grand appareil organique qui ne fait de la sanguification et du mouvement circulatoire qu'un même acte, qu'une seule et indivisible opération d'où la mécanique est exclue par cela seul que tout y est génération et évolution.
La vie est, en effet, partout dans ce système d'or-