‹ Les lois de la circulation du sang enseignées par l'anatomie comparée, l'embryologie et l'observation cliniqueChapitre 16 sur 65 · INTRODUCTION. XXIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXIX

selon Bichat qu'en dominant le règne inorganique, auquel ils sont, en effet, supérieurs, et qu'en luttant par conséquent contre lui pour le soumettre et le tourner à ses fins. Uichat avait raison, et si ses contradicleurs n'étaient pas toujours hors d'eux-mêmes ; si, expérimentant moins, ils observaient et réfiéchissaient davantage, ils verraient plus clair dans leur esprit, qui est le miroir vivant et pensant de la nature.

Comment Bernard serait-il entré dans l'esprit de la définition de Bichat, lui, qu'on surprend à dire que les corps vivants ne nous offrent à observer que la continuation des phénomènes et des lois du règne inorganique? 11 ajoutait, j'en conviens, que dans les corps organisés et vivants, ces phénomènes physicochimiques sont accomplis par des instruments ou «des oufils spéciaux» ; mais qui ne voit que cette concession est purement éclectique; qu'elle nous laisse dès lors en plein vitalisme péripatéticien et même dans le stahlianisme où l'on voit un principe vital, une âme indépendante des organes, diriger ceux-ci, instruments physico-chimiques, distincts de l'âme ou de la force vitale, comme la voiture du cheval ou la vapeur de la machine?

Je n'invente pas : « Il existe dans les organismes vivants des appareils anatomiques ou des outils organiques qui leur sont propres et qu'on ne pourrait reproduire en dehors d'eux; mais les phénomènes ma-

Page 1