INTRODUCTION. XXXI
jours comme quelque chose de merveilleux et d'incompréhensible. C'est pourtant au fond toujours la même chose, et ce qui se passe pour le cerveau ne nous semble extraordinaire que parce que nous confondons les causes avec les conditions des phénomènes. Nous croyons à tort que le déterminisme dans la science mène à conclure que la matière engendre les phénomènes que ces propriétés manifestent, et cependant nous répugnons à admettre que la matière puisse avoir par elle-même la faculté de penser, de sentir. En effet, dès que nous avons reconnu plus haut, que la matière organisée est dépourvue de spontanéité comme la matière brute, elle ne peut pas, plus qu'elle, avoir la conscience des phénomènes qu'elle présente. »
Un autre non-sens encore : « Les mécanismes vitaux en tant que mécanismes, ne difTèrent pas des mécanismes non vitaux (1). »
On se fatiguerait à continuer. Je ne connais rien de plus pénible que de signaler les défaillances d'un savant illustre, d'un physiologiste original et vaillant qu'on a aimé, dont on a eu l'estime^ et qu'on voudrait égal à lui-même dans toute son œuvre.
Bernard me disait peu de mois avant sa mort : « Il
(i) Toutes ces citations sont extraites d'un Mémoire qui a pour titre : « Le problème de la physiologie générale, » d'un autre intitulé « du Progrès dans les sciences physiologiques; » d'un troisième : <( Définition de la vie « et qui renchérit sur les deux premiers.