XVII
La trace méningitique. 4
La circulation capillaire présente dans les fièvres graves «c et dans certaines aftections cérébrales une singularité qui i est l'analogue de celles que viennent de nous montrer les artères dans le phénomène du pouls redoublé, et les muscles dans celui des contractions fibrillaires partielles i indépendantes des influences nerveuses centrales.
Lorsque dans ces conditions, on trace avec le doigt une raie sur la peau, celle-ci s'injecte et offre une traînée rouge d'autant plus prononcée et qui se forme d'autant plus rapidement que la maladie est plus grave. Qu'est-ce que cela? Je crois que c'est une preuve du désordre de la circulation capillaire, manifestée par une tendance de cette fonction à la décentralisation. Il en résulte une faiblesse
US grande unie à une plus grande excitabilité. Ces deux iiactères sont partout inséparables en pareil cas.
f.e fait que je signale a remis en présence Brown et roussais ; la force et la faiblesse. On a toujours pris ;clusivement le parti de l'un ou de l'autre. Des mécanisles ont dit: un traumatisme quelconque, coup, pression, ottement, produit une congestion, en épuisant l'incitabides vaisseaux capillaires. Leur contractilité perdue, ■s vaisseaux n'ont plus que des propriétés physiques et ; se laissent distendre sans contrepoids ni réaction, d'où
trace méningitique.
Voilà une théorie de la fièvre typhoïde bientôt donnée, t, en effet, qui aurait la théorie des modifications appores par la fièvre typhoïde dans le plus petit vaisseau cajlaire, aurait bien certainement tout entière la théorie ^ cette maladie. La fièvre typhoïde est donc une pure 'bihté physiologique, un pur épuisement de l'incitabilité lez un homme sain, bien portant sans cela. On est faible, ès faible dans cette maladie, donc elle n'est qu'une mple faiblesse physiologique. Les vaisseaux capillaires irtagent cette adynamie, donc les congestions, les phleglasies typhoïdes ne sont que pure faiblesse, que dis-je? Lie pure inertie de ces vaisseaux.
On pourrait d'abord demander aux mécanicistes de iiel droit ils admettent une contractihté, une incitabilité, ne inseusibiUté, par conséquent, propriétés inouïes en lécanique; mais passons. En attendant qu'ils comprenent que l'existence de ces propriétés ne laisse aucune lace en physiologie aux explications tirées de la mécaniue, je remarque que les congestions et les phlegma-
sies naissent et pullulent sans aucune cause extérieure sans coup, ni pression, elc...
Or, si bien cerlainement une phlegmasie peut naître et naît plus facilement dans une partie affaiblie que dans des tissus vigoureux et sains, il est certain aussi qu'une stimulation, soit occasionnée du dehors ou traumatique, soit purement interne et spontanée, est nécessaire pour qu'une fluxion inflammatoire se développe, et prouvée ipso facto. Toutes les actions vitales sont exaltées, dans une partie enflammée, quelque profonde que soit la faiblesse dont cette partie est en même temps frappée. Il n'y a pas là de théorie, c'est un fait. Que les mécanicistes s'en arrangent s'ils peuvent. Pour tout observateur hbre, la raie méningitique comme la naissance spontanée d'une congestion typhoïde, suppose, irritabihlé des parties, c'està-dire une organisation altérée et d'un type inférieur, plus faible en même temps que plus excitable, et marchant par cette voie à la désorganisation. L'intelligence de cette t idée dépend de celle qu'on se fait de la maladie en géné- ^ ral. Si, à l'exemple de l'École, on la regarde commeune dé- i viation accidentelle, c'est-à-dire extérieure de l'ordre physiologique, sans racine en nous, on ne comprendra rieu à l'incitation, à ce que Hunter avec son instinct \rai des choses appelait la faiblesse irritable, ou la force morbide, la force ^ altérée ; et le pouls redoublé des fièvres, et la raie méningitique, et l'inflammation en général, resteront des énigmes, j que, ne pouvant pas déchiffrer par la physiologie ou par l'idée de la vie saine et normale, on voudra toujours déchiffrer par la mécanique. Qu^on se fasse, au contraire, à la notion d'une vie autre et parasitique, dégradée et „
,is faible, par couséqueut, et on y verra s'unir nalullemeutdes propriétés qui s'excluent l'une l'autre dans tat (le santé, la violence, la faiblesse, dans un type de vie t'érieure, altérée et éminemment destructible. Telle est i iitabilité, manifestation commencée de la maladie.^ Ce est ni une santé en plus , ni une santé en moins, seulement st une santé autre, une organisation inférieure et altérée. Mais qui donc a épuisé l'incitabilité des artères et des isseaux capillaires? Cette idée est-elle permise à des écaniciens ? dans la fièvre typhoïde, indépendamment ' toute violence extérieure? D'ailleurs, épuisée, le mot t faux. Rien ne l'a épuisée. Il y a eu transformation et vénération. Un organisme typhoïde est né, a évolué à Il moment, des profondeurs de l'organisme sain où ses rments incubaient, s'est greffé sur lui et a substitué une itrition, une sensibilité, une contractihté, une circula- )n typhoïdes à la nutrition, à la sensibiUté, à la circulaiQ saines. Du jour au lendemain, sans aucune déperdition • substance, sans aucune cause extérieure d'épuisement, (s artères ont battu autrement, plus vite et plus fort, la iculation capillaire a semblé plus riche et activée, la laleur s'est élevée, la pâleur déterminée par une preson de la peau a fait plus rapidement place à une rougeur lUS vive que dans la santé, etc. Sont-ce là des marques d'un juisement de Tincitabihlé vasculaire ? Non, mais d'une lire incitabilité, d'une circulation altérée. Cette altération a rendu manifeste la vie propre de chauc partie. Elle a exagéré sa vie partielle aux dépens de i vie d'unité et d'ensemble qui est sa véritable vie, et par ijuséquent sa véritable force.
CIRCULATION DU SANC