‹ Les lois de la circulation du sangChapitre 14 sur 39 · XIX · texte numérisé non relu

XIX

Comparaison avec l'état de l'intestin dans le météorisme et l'étal des

bronches dans l'asthme.

J'ai toujours peusé que le météorisme intestinal était dû à une dilatation active de l'intestin. Dans certaines entéralgies, cela est si évident! Nous retrouvons cet état dans la fièvre typhoïde ; et là il n'est pas sans analogie avec l'état des tuniques artérielles. L'intestin a le typhus ai ^ premier chef. Il est frappé de ce qu'on pourrait appeler il'' une stupeur active. Stupeur et narcotisme ne veulent dire ^ ni mort ni même épuisement.

L'intestin n'est point un tube inerte pourvu de contra tilité. C'est une conception très erronée que celle-là. 11^ est activement expansible autant que contractile. On pou" rait poser la question de savoir si, dans le météorisme, l'intestin est passivement distendu par des gaz ou si la formation de ceux-ci n'est pas l'effet d'une expansion morbide de l'intestin. Il est probable que ces deux action^ sont connexes et reconnaissent une même cause. Le mé téorisme disparaît l)ien souvent sans expulsion de gaz, d«|* même qu'il s'est développé sans introduction de gaz du dehors. Ces fluides aériformes sont une production de l'intestin, et cette action morbide suppose une modification morbide correspondante dans la fibre musculaire. La mem- : brane sécrétante et la membrane musculeuse sont frappées de la même altération. Il ne faut pas croire que la contractilité soit épuisée et vaincue dans ce cas : elle est modifiée dans le même sens que l'expausibihté, et on la

liouve souvent très tendue. L'intestin est frappé tout à la lois d'un excès d'expansibilité et d'un excès de contractilité. Il est dilaté activement et contracté de même ; et pourtant, les gaz ne sont pas expulsés.

L'intestin est alors dans cet état de la fibre musculaire que Barthez appelait force de situation fixe, où l'expansibilité et la contractilité sont simultanément irritées et se font équilibre dans un repos ou plutôt dans une inamovibilité très active.

Le poumon dans Tasthme présente quelque chose d'analogue. Ce viscère est expansible et contractile, et les deux [)ropriétés sont modifiées et perverties dans l'asthme comme je viens de les montrer dans le météorisme.

jj Toutes choses égales d'ailleurs, les vaisseaux sanguins n'obéissent pas à d'autres lois. Le pouls dur, tendu et élevé est donné par une sorte de situation fixe des parois de l'artère qui, presque incapable d'expansion et de contraction, éprouve une locomotion qui la soulève en totahté comme un tendon dans le soubresaut. Dans le pouls large et mou de la pneumonie, la force d'expansion de l'artère l'emporte sur sa force de contraction. C'est le contraire dans le pouls petit et serré de la péritonite des plaies pénétrantes, ou de certaines douleurs des tissus fibreux. Que n'y aurait-il pas à dire, au point de vue de l'action propre des artères, sur le pouls rampant ou péristaltique, dans

■lequel le vaisseau semble s'emphr successivement du flot sanguin, ou se dilater et se soulever progressivement comme se dilate et s'allonge un lombric, au lieu de se soulever roide, inflexible et tout d'une pièce, ainsi qu'on l'a ;vu tout à l'heure dans une autre variété?

Si le pouls uous (ionue plus que des signes d'hydrostatique, s'il fournit des symptômes, et exprime toujours par lui-même l'état du sang et du système nerveux, il faut bien que les vaisseaux soient sensibles et animés de mouvements formateurs. La fièvre particulière qui suit les grandes hémorrhagies va nous en présenter un bel exemple.

Page 1