IV PRÉFACE DU SECOND VOLUME
çaise. Au reste, le succès d'une telle entreprise eut jeté tant de perturbation dans nos tribunaux, que nous devons leur savoir gré de n'avoir manifesté que des semblants de préférence pour un Système ou pour un autre.
On comprendra notre pensée en observant avec quelle espèce d'opiniatreté Les codificateurs ont ignoré la motion, qui joue un si grand rôle
dans notre procédure. Partout et toujours, c'est
la requéle qui en remplit les fonctions. Le Code heureusement n'aura pas l'effet de supprimer Ja motion, procédé moins formaliste, plus concis, plus pratique et plus commode que la requête, Sous un système comme le nôtre, où l'avocat cumule avec ses fonctions celle de lavoué, tout ce qui abrège les écritures a son prix. Les juges qui, de leur côté, ont à parcourir tant d'écritures, souvent indéchiffrables, ont besoin qu'on leur épargne le trouble de chercher, dans de longues formules, ce que les plaideurs désirent leur soumettre.
L'un des savants rédacteurs de la Revue de Droit Pnlernational et de Législation Comparée, nous écrivait récemment: ‘J'ai vu en parcourant votre livre, dont j'attends avec impatience le complément annoncé, tout l’intérèét que présente la législation de votre pays, où l'esprit pratique de l'Angleterre s’est pour ainsi dire greffé sur la vivacitè, la clarté et la méthode des premiers fondateurs de votre colonie.”
Cet esprit pratique se révèle surtout dans ces actes de procédure, sans prétention, que lon appelle la motion et la règle xisi, dont la procédure française semble n'avoir eu qu'un pressentiment. Eh! pourtant, ce sont deux chevilles ouvrières, en activité constante. Elles servent de remède à tous les embarras, elles raméenent à la ligne droite tout ce qui tend à bifurquer. La règle rusi est l'agent le plus fertile en ressources, le plus rapide dans ses évolutions, le plus irrésistible dans ses opérations.