‹ Les lois de la société chrétienneChapitre 2 sur 37 · PIE IX PAPE · texte numérisé non relu

PIE IX PAPE

Cher Fils, Salut et Bénédiction Apostolique.

En ces temps où la sociétë civile se persuade que le pixK grès de la civilisation, qu^elle croit avoir couquis, lui commande de se constituer, de se diriger et de se gouverner pai* elle-même, sans aucune assistance de Dieu ni de la religion instituée de Dieu ; lorsqu'elle .prépai^e ainsi sa ruine en détruisant les bases mêmes de la vie sociale ; vous lui rappelez,, avec une très-grande opportunité, dans votre beau travail sur les Lois de la société chrétienne, que la religion et la société humaine procèdent du même auteur, que la loi de la justice est une et éternelle, que cette loi unique a été portée aussi bien pour les hommes réunis en société que pour les hommes pris individuellement, que c'est de l'obéissance à cette loi que les nations doivent attendre Tordre, la prospérité et tous les progrès.

Certes, l'œuvre que vous avez entreprise était difficile et elle a exigé un rude labeur. Mais, pour l'accomplir, vous avez trouvé des ressources, d'abord dans les sciences spéciales que vous enseignez depuis longtemps avec tant de succès, puis dans la force, la pénétration et la justesse de votre esjirit^ enûn, et surtout, dans votre foi religieuse, da::s votre

TIII

quium et erga hujus Veritatis C-athedrac magisteriiim. liiiic,

licet pauca de tuis voluminibus delibare potuerimus, merito commeudari censuimus perspicuitatem et libeilatem, qua saua principîa proponis, explicas, tuerisy et quaquidquid abiis dellectat in civilibus legibus, aut condemnas, aut, si imperantibus rerum adjunctis, ad graviora mala vitaiida invectum fuerit, toferari quidem posse doces, sed non evehi ad honoi^m juris, cum nullum jus esse possit ad versus aeternas justitix leges. Atque utinam id illi intelligerent, qui se catholicos jactant, licet adeo praefracte adhaereant libertatibus conscientiao, cultuum, typorum, aliisque id generis promulgatis a rebellibus exeunte pra^terito saeculo, et constanter ab Ecclesia proscriptis, ut non solum eas tolerandas contendant, sed habendas pmnino loco jurium, et fovendas propugnandasque utî necessarias prsesenti rerum conditioni progressuique promovendo : perinde ac si quod verae religioni opponitur, quod homiuem autonomum facit et divino solulum imperio, quod àmplam pandit viamerroribus omnibus et coriTiptioni, prosperitatem, profectum, gloriam afferre posset nationibus ! Si hujusmodi homines opinionem suam non prsetulissent Ëcclesise documentis, si amicam ita manum, fortasse nec opinantes, non. praebuissent ejus et civilis auctoritatis osoribus, si non scidissent ita conjunctas catholicie familise vires ; perturbatorum machinationes et audacia retusœ fuissent, resque eo non devenissent^ ut timenda sit cujusvis ordinis subversio. Verum etsi ab islis.

fermeté qu*aucune difficulté u'ébranle, dans votre amour de la justice et dans votre obéissance absolue aux lois de TÉglise et au magistère de cette Chaire de Vérité.

Aussi, bien que nous n'ayons pti lire que peu de chose de vos deux volumes, nous avons jugé qu'il y a lieu de louer la netteté et la franchise avec lesquelles vous exposez, expliquez et défendez les vrais principes, avec lesquelles vous condamnez tout ce qui, dans les lois civiles, s'écarte de ces principes, et avec lesquelles vous enseignez comment, si les circonstances l'exigent, on peut tolérer les déviations de la règle lorsqu'elles ont été introduites en vue d'éviler de plus grands maux, sans toutefois les élever à la dignité de droits, vu qu'il ne peut y avoir aucun droit contre les étemelles lois de la justice.

Plût à Dieu que ces vérités fussent comprises de ceux qui se vantent d'être catholiques, quoiqu'ils tiennent à la liberté de conscience, à la liberté des cultes, à la liberté de la presse, et à d'autres libertés de ce genre, décrétées à la fin du siècle dernier par les révolutionnaires et constamment réprouvées par l'Eglise, et qu'ils y tiennent avec une telle opiniâtreté, qu'ils prétendent qu'on ne doit pas seulement les tolérer, mais qu'on doit absolument les considérer comme des droifs, et qu'il faut les favoriser et les défendre comme nécessaires à la condition présente des choses et à la marche du progrès : comme si tout ce qui est opposé à la vraie religion, tout ce qui attribue à l'homme l'autonomie et l'affranchit de l'autorité divine, tout ce qui ouvre la voie large à toutes les erreurs et à la corruption des mœurs, pouvait donner aux peuples la prospérité, le progrès et la gloire !

Si ces hommes n'avaient mis leur sens propre au-dessus des enseignements de l'Eglise ; s'ils n'avaient, peut-être sans le

^ui Ecclesiam audire nolutit, iiil omnino sperandum sit ; opus tuum tamen vires et arma suppeditabitrecte sentientibus, illustnre poterit haesîtantes, nutantes erigere et confirmare. Tu ver&f qui posthabito adversarum opinionum conflictu, coutemptaque illecebra captandae gratisB, libère pro veritate scripsîsti» merito certe praemio apud Deum non carebis. Ëjus intérim cumulata tibi adprecairiur auxilia et munera, eorumque attspicem esse cupimus Apostolicam Benedictionem, quam tibî, Dilecte Fili» paternae benevolentiae Nostrae testem peraiBanter impertimus.

Datum Romse apud S. Petrum die 1 februarii anno 1875,

Pontificatus Nostri Anno vicesimo nono.

Plus PP. IX,

savoir, olîert une iiiaiu amie à ceux qui poursuivent de leur haine Tautorité religieuse et Tautorité civile, s*ils n'avaient ainsi divisé les forces unies de la famille catholique, les audacieuses machinations des perturbateurs auraient été contenues, et nous n*en serions pas venus à ce point que nous avons à redouter la subversion de tout ordre.

Bien qu'il n'y ait absolument rien à espérer de ces hommes qui ne veulent pas écouter l'Église, votre ouvrage fournira néanmoins des forces et des armes à ceux qui suivent les bonnes doctrines ; il pourra éclairer ceux qui hésitent, relever et raffermir ceux qui chancellent. Quant à vous qui, sans vous laisser arrêter par la contradiction des opinions advei*ses, et méprisant les séductions de la faveur, avez librement écrit pour la vérité, vous ne pouvez manquer de recevoir de Dieu la récompense que vous méritez. Nous Le prions de vous combler de ses secours et de ses dons. Nous voulons que la Bénédiction Apostolique, que Nous vous accordons, cher fils, avec grande affection et comme témoignage de Notre bienveillance paternelle, soit pour vous le présage de ces faveurs divines.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 1®' février 1875,

De notre pontifical la vingt -neuvième année.

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