‹ Les lois de la société chrétienneChapitre 3 sur 37 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

En ces temps de foi vacillante, où les classes lettrées vivent principalement de théories et de préjugés, j'offre au public un livre qui est tout de croyance et de faits.

Une conviction profonde sur les principes, et le sentiment du péril suprême où courent les sociétés qui les oublient, m'ont inspiré la pensée d'exposer, dans leur simplicité, les lois naturelles de la vie sociale. Ces lois ne sont autres que les lois de la vie chrétienne ; car l'homme n'a pas en lui deux consciences, et la morale publique n*est pas différente de la morale privée.

Mais ce n*est pas . assez, eii matière de questions sociales, d'avoir reconnu et caractérisé les grandes

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lois de Tordre moral. Il faut encore rechei'cher quelles sont, dans la vie publique et dans la vie privée, les institutions qui répondent le mieux à ces lois. Il faut voir comment, sous l'empire absolu des principes, Thomme dispose, suivant la diversité de& mœurs et le degré d'avancement des sociétés, de toutes les choses que Dieu laisse à sa liberté.

Ceci est plus particulièrement ce qu'on nomme la politique. J'en ai abordé les. principaux problèmes, en évitant soigneusement de confondre le relatif avec l'absolu. Je me suis attaché à distinguer, dans la vie sociale, ce qui reste de ce qui passe, ce qui se retrouve et doit se retrouver partout de ce qui varie jd'après les temps et les lieux. Si l'on ne faisait cette distinction nécessaire, on pourrait craindre, surtout à notre époque, de jeter de la défaveur sur les principes, en couvrant de l'inviolabilité qui leur est due certaines formes des rapports sociaux qui n'ont, par leur nature, rien d'immuable.

J'ai toujoui's placé les faits à côté des principes. En montrant ce que furent les nations chrétiennes malgré leurs défaillances trop fréquentes, j'ai cherché à faire comprendre ce que pourrait être une société qui pratiquerait, avec une généreuse fidélité, la loi de l'Eglise. J'ai aussi considéré ce que deviennent les nations qui n'ont jamais connu celte

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Joi, OU qui, l*ayant connue, la méprisent et la rejettent.

Je ne sais rien de plus instructif que ce rapprochement. Il nous éclaire sur l'avenir de nos sociétés, et sur les calamités auxquelles elles s'exposent, lorsqu'elles veulent se faire un ordre politique où rhomme serait tout, et où Dieu ne serait rien.

En affirmant tout ce que l'Église affirme, en repoussant tout ce qu'elle repousse, je remplis le strict devoir qu'elle impose à tous ses fils. Je le remplis dans l'esprit de soumission où doit être tout catholique, prêt à désavouer toute erreur qui pourrait, contre mon intention, s'être glissée dans cet écrit.

Je ne comprendrais pas, du reste, qu'aujourd'hui, au milieu d'une des luttes les plus formidables qui aient jamais été engagées entre le bien et le mal, ou cherchât à atténuer la vérité ou à la voiler. Gagnet-on les batailles en désertant son drapeau et en cachant ses armes? Le monde, ébranlé par les assauts redoublés de la Révolution, n'a pas trop de toute hi puissance de la vérité pour se défendre.

Ce sont les fortes doctrines qui font les grands courages. Si les âmes ont, de nos jours, si peu d'élan, si es volontés fléchissent et capitulent si facilement, n'est-ce point parce que, chez un grand nombre, les doctrines sont timides et flottantes?

tTi AVANT-PROPOS.

Du côté des ennemis de l'Église et de la société^ toute erreur s'affirme. Il faut que nous tous, qui voulons servir l'Église et travailler au salut de la société, nous leur rendions affirmation pour affirmation. L'école révolutionnaire nous montre le chemin ; à ses négations radicales opposons la pleine et simple vérité. En fait d'erreur on dit tout, il faut que tout soit dit aussi en fait de vérité. L'erreur totale, qui prétend nous imposer son joug, ne pourra être vaincue que par la vérité totale.

LKS LOIS

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