CHAPITRE IV
HYPOTHÈSE DE L’UiMÏÉ DES SENS.
Les impressions externes pourraient-elles se reproduire dans les réceptacles internes des sens, si elles n’y trouvaient pas des propriétés correspondantes? La négative est nécessairement l’unique réponse à une telle question. Les organes sensitifs ne parviendraient pas à recevoir des impressions externes, si par leur forme, par leur structure et leurs propriétés, ils n’étaient pas aptes à les recevoir.
N’est-il pas vrai, d’autre part, que seule la présence immédiate d’un objet produit l’impression sur les sens? Tout ce qui, par sa distance ou par l’interposition d’un obstacle, ne frappe pas les sens, les laisse indifférents et en repos.
Mais y a-t-il une autre action, en dehors de celle du choc, de la rencontre ou du contact, par laquelle un corps puisse être mis en communication avec un autre corps, soit directement, soit par un agent intermédiaire ? Quelle que soit la nature intime des corps aptes à se pénétrer l’un l’autre, la manière dont cette pénétration
— Go —
s’opère ne peut être que celle d’une action mécanique,
c est-à-dire le transfert de la propriété d’une substance à une autre substance.
Or, en se reportant aux phénomènes d’ordre physiologique — choc, rencontre, osculation, superposition, pénétration — ou quel que soit l’acte par lequel les effets des objets extérieurs se transfèrent dans les organes des sens, qu’est-ce autre chose que le tact, dans son acception la plus générale? Les impressions produites sur l’épiderme par les propriétés et les contours d’un objet en contact avec lui ne s’effectuent pas autrement, quant à la manière, que les impressions produites dans la rétine de l’œil par un trait lumineux, dans le tympan de
I oreille par un son, dans l’organe olfactif par une odeur, dans celui du goût par une saveur. En effet, une couleur pouirait-elle être vue, si le rayon qui la conduit, ou pour mieux dire, qui l’exprime n’atteignait pas l’œil en touchant la rétine et les membranes qui la précèdent?
II en est de même du son et des impressions de l’odorat ou du goût.
Et 1 on comprend qu’il n’en pourrait être autrement, si 1 on tient compte et des lois physiques qui président aux phénomènes extérieurs et de la structure même des organes sensitifs. D’une part — pour ne parler d’abord que de la vue et de l’ouïe— indépendamment des mécanismes de 1 œil et de l’oreille, la physique a constaté que les rayons lumineux procèdent par ondulations d’une longueui inégale selon les couleurs, et les sons par contrac-
— Gelions d’ondulations qui varient de largeur et de vitesse. D’autre part, les réceptacles de la vue présentent des membranes aptes à réfracter et des corpuscules, pareils à de petits bâtons et à des cônes adhérents à la rétine, aptes à être impressionnés; en même temps que les réceptacles de l’ouïe offrent des instruments à répercussion, tels que la conque du tympan, les arcs et les grilles vibratoires* Les uns et les autres sont évidemment soumis à une action mécanique. L’action mécanique seule produit les phénomènes externes relatifs à l’œil et à 1 oreille, et c est seulement pour être influencés par elle que sont constitués les appareils des systèmes sensitifs.
Quant aux phénomènes et aux organes de 1 odorat et du goût, bien que jusqu’à ce jour on les ait étudiés avec moins de précision, quel doute peut-on avoir que les impressions ne procèdent de la même manière ? Les corps d’où s’exhalent des odeurs et d’où émanent des saveurs ne semblent-ils pas, en effet, être entourés d une atmosphère spéciale ou d’une poussière, d où se détachent sans cesse, en fractions excessivement ténues, des* particules qui vont toucher les cils de 1 odorat et les papilles du
palais, ou les cellules de la langue?
Les expériences de Grookes ont démontré plus que jamais la divisibilité à l’infini des particules qui composent les corps les plus aériformes. Et ce qui prouve que la saveur et l’odeur résident plutôt dans les enveloppes volatiles des corps que dans les corps eux-mêmes, c’est le fait constant que les émanations de certains
fruits et de certaines fleurs s’évanouissent, quoique la substance qui semblait les produire continue à subsister. Les odeurs et les saveurs auront peut-être un jour leur gamme graduelle, comme la gamme spectrale des couleurs, la gamme tonique des sons et toutes les autres échelles dans lesquelles se divisent les propriétés des corps qui peuvent se trouver en contact avec les sens.
Il faut en dire autant, plus particulièrement, de la série des impressions thermiques ou de chaleur, que l’on comprend inexactement dans celles du tact. Ces impressions résultent du mouvement inhérent au corps qui les fait naître, mais elles manquent apparemment d’organes propres : ce qui démontrerait, mieux que toute autre preuve, que l’action mécanique est l’intermédiaire naturel entre les objets extérieurs et les sens.
Si les impressions se forment de cette manière, les images internes provoquées par elles ne se produisent pas autrement, et elles ne sont pas transmises autrement au centre sensorial qui les perçoit.
Les appareils sensitifs diffèrent entre eux et de forme et de substance, mais ils ont tous un seul et même agent qui les met en communication directe avec le centre de perception, soit que celui-ci réside dans la masse générale du cerveau, ou dans une de ses parties. L’anatomie et la physiologie nous démontrent sans hésitation que cet agent n’est autre que le système nerveux. Or, les nerfs, depuis le tronc principal jusqu’aux dernières ramifications de leurs fils innombrables, si fins et si
serrés, sont d’une matière et d’une structure identiques. Une seule propriété leur a été jusqu’à présent reconnue ; l’irritabilité ou l’excitation, propriété exclusivement sujette à l’action mécanique.
Les nerfs, qui certainement transmettent les sensations, restent indifférents à l’action complexe qu’ils reçoivent ; puisqu’il est certain que le nerf optique est par lui-même insensible à la lumière et le nerf acoustique au son. Il reste à connaître de quelle manière l’irritation des nerfs conducteurs excite la perception dans le centre sensitif; mais il est évident que l’irritation est l’unique intermédiaire qui existe entre les organes et leur centre.
Quelques physiologistes pensent que le centre des sens reçoit et distingue les images formées dans les organes sensitifs, au moyen de la différence ou de la gradation de l’irritation nerveuse; mais cette explication ne saurait contenter une raison sévère. Les images de la nature seraient alors traduites par des signes, à la façon du télégraphe, chacun desquels devrait être suivi d’une opération nouvelle qui reconstituât la sensation.
L’irritabilité des nerfs n’est peut-être que la cause immédiate de l’activité où serait mis un autre agent, qui, dans l’état actuel de la science, reste encore mystérieux, mais qui, en relation avec la substance des organes sensitifs et avec la substance de leur centre, présenterait à celui-ci les images formées par ceux-là. Les nerfs, dans ce cas, grâce à la cavité qu’ils renferment invariablement, seraient l’enveloppe de l’agent suprême et direct des sens
— coproduit par l’action des organes, un fluide ou n’importe quelle substance éthérée. Ils serviraient, en outre, à conduire par leur irritabilité, et à mesurer l’activité de cet agent, aussi bien lorsque les sens sont excités nécessairement par les objets extérieurs, que lorsque, au contraire, ils sont délibérément ou par volition poussés et dirigés vers eux par le centre sensitif. La propriété de ce transmetteur occulte doit également correspondre et à la propriété des organes et à celle du centre avec lequel il est mis en communication. L’astronomie a dû admettre l’éther pour expliquer les actions et les réactions des corps célestes. Pourquoi le fluide nerveux dans son élasticité, dans sa pression et dans l’assimilation des images déjà élaborées par les organes internes, rencontrerait-il de plus fortes objections?
De toute façon, les sensations externes, quoique si diverses et si distinctes entre elles dans toutes leurs phases ou transitions, depuis la première impression de l’objet jusqu’à sa perception complète, s’opèrent, s induisent en quelque sorte par l’énergie mécanique, et procèdent uniformément de la seule manière dans laquelle se résout cette énergie ou action, lorsque, en poussant deux corps l’un contre l’autre, a lieu le rapprochement ou le choc : ce que pour le moment, en l’appliquant aux phénomènes physiologiques des sensations, je demande la permission d’appeler le tact; car c’est au tact, répandu par tout le corps organique animal, que se réduit, en effet, toute sensation.
Si, grâce à la déduction que nous venons d’exposer, on considère comme suffisamment démontrée la modalité de la genèse des sensations externes, on peut considérer comme également démontrées les trois propositions suivantes qui sont d’une importance capitale dans l’étude des sensations, à savoir : l’origine des sensations résidant dans les objets extérieurs; la corrélation intime existant entre elles ; l’unité de leur centre.
Les images perçues sont réellement celles des objets extérieurs, quelles que soient les modifications ou, pour mieux dire, les traductions subies dans les organes internes, car elles ne résument que la pénétration même du corps, qu’elles représentent décomposé peut-être, et peut-être recomposé moyennant une autre forme, mais toujours identique dans sa nature. Qu’on exclue, au contraire, l’énergie mécanique comme mode ou moyen unique et constant de transmission des phénomènes sensitifs, et l’on rendra impossible toute preuve que l’image sentie soit celle d’un objet qui a frappé les sens.
Il existe aussi entre les sensations, par suite de leur manière commune de procéder, un rapport qui permet de relier, par l’évocation de la mémoire, la sensation présente d’un ordre ou d’un organe donné à d’autres sensations appartenant à des organes différents.
L’instantanéité et la sûreté avec lesquelles, dans la perception d’un son, d’une couleur, d’une odeur ou d’une saveur, on évoque les autres qualités précédemment reconnues d’un même objet, seraient impossibles à expli-
quer, si, dans chacun des sens, il n’existait une disposition à se représenter en quelque sorte l’image produite dans tous les autres.
Que, laissant de côté les calculs de millièmes de seconde auxquels on s’est livré pour mesurer les opérations de l’esprit, on se borne, pour un instant, à ne tenir compte que de ceux que l’on a faits pour déterminer le temps des sensations, et, avec plus de raison, pour mesurer les émotions (calculs qui reposent sur l’ingénieuse expérience du docteur Mosso, de Turin); les millièmes de seconde ne seraient-ils pas en retard sur la foudroyante évocation des multiples propriétés de tous les corps qui s’unissent pour présenter, par exemple, l’image complexe d’une explosion, lorsque celle-ci est perçue? Quel dédale de courbes, quelle somme de chiffres ne serait-il pas nécessaire de tracer, surtout si l’on admettait la localisation des sens ? Et encore, il serait plus facile d’expliquer l’instantanéité que de prouver la vérité des * images évoquées et de leurs propriétés unies à celles de l’image présente. En entendant un son, en respirant un, parfum, en goûtant une saveur, on a immédiatement la vue de l’objet qui produit ces impressions, avec une intensité qui ne paraît pas pouvoir se concilier avec des images déposées dans la mémoire et, par conséquent, presque mortes.
Des associations d’idées, ou plus exactement, dans le cas actuel, d’impressions, pas plus que l’éducation des sens et l’expérience des sensations ne suffiraient ni à
ranimer cette puissance d’impressions ni à assurer cette communion de propriétés. Pour que les images évoquées se présentent de nouveau instantanées et certaines, il faut qu’un acte d’une nouvelle sensation, quoique plus faible, les ait relevées de l’état d’inertie ou d’indifférence où elles gisaient et les ait, pour ainsi dire, revivifiées. C’est ce qui arrive, en effet, par la raison que tous les sens sont sujets à la modalité de l’action qui se résout dans le tact et qui, non seulement impressionne le sens actuellement en présence de l’objet extérieur, mais en
même temps, bien qu’à des degrés moindres et divers, tous les autres sens.
Les sensations, enfin, ne peuvent avoir qu’un seul centre, parce que la communication des nerfs avec la substance cérébrale étant l’effet exclusif de la modalité qui les a accompagnées dans les phases précédentes, cette dernière continue nécessairement à agir dans les molécules de l’encéphale, jusqu’à ce qu’il en résulte, comme une synthèse ou une association de chaque sensation, la ■ perception complète, une et consciente.
Nous ne pouvons dire à quels points de la masse cérébrale aboutissent definitivement les derniers fils nerveux qui des organes sensitifs s’y ramifient en foule et d’une manière inextricable, mais évidemment ils pénètrent dans l’encéphale après avoir traversé tous les tissus, toutes les membranes et tous les ganglions qui le précèdent. Si l’on supposait le contraire, il s’ensuivrait que ce n’est pas dans le cerveau que l’on sent et que ce ne
sont pas les nerfs qui transmettent les sensations. Mais t la propriété des nerfs, produit exclusif de cette énergie
mécanique qui sensitivement se résout en tact, est une seule : l’irritabilité ou l’excitabilité. Or, pour que cette propriété des derniers transmetteurs puisse fonctionner dans la région des perceptions, il est nécessaire qu’elle trouve dans cette dernière une propriété correspondante à la sienne. En effet, la substance de l’encéphale, qui est invariablement la même, des hémisphères à la moelle allongée et dans les lobes, dans les cercles, les sillons, les protubérances, les sinuosités et autres divisions, ne peut se diversifier que par la structure ou, pour mieux » dire, par la disposition des particules qui la composent,
et pour cette raison, elle n’est susceptible d’être influencée que seulement par une action mécanique.
Ici se présente une question : de quelle manière s’effectuent les communications directes des nerfs avec le cerveau? Elles peuvent s’effectuer de trois manières : la communication peut avoir lieu ou en plusieurs points, c’est-à-dire dans les points où viennent aboutir les nerfs ; ou dans tous les points de la masse encéphalique ; ou dans un seul point de cette masse.
Dans la première hypothèse, il en résulterait que la communication ayant lieu dans les points terminaux des ^ nerfs, la communication des sons resterait séparée de celle
des couleurs, qui, elle-même, le serait de celle des odeurs, de celle des saveurs, de celle des contacts. Bien plus, les diverses communications de l’ouïe se diviseraient
elles-mêmes, auraient lieu sur plusieurs points, et le point qui aurait conscience du son grave ne l’aurait pas du son aigu, et ainsi de suite. Il en serait de même pour tous les autres sens. Ce serait tout au plus sentir, mais non pas percevoir. Car percevoir, c’est connaître; et la perception ne peut résulter que de la distinction de plusieurs objets, c’est-à-dire, dans le cas présent, de plusieurs sensations, et elle ne saurait dès lors s’exercer là
où ne réside qu’un seul élément d’une seule sensation.
Dans la seconde hypothèse, c’est-à-dire la communication ayant lieu sur tous les points, ou bien l’on entend qu’il y aurait simultanément autant de perceptions qu’il y a de particules constituant l’encéphale, ce qui est absurde; ou bien l’on entend que toutes les parties formeraient un tout indistinct qui percevrait toutes les sensations, c’est-à-dire que la vision serait en même temps ouïe, odorat, goût et réciproquement, ce qui n’est pas moins absurde; ou, enfin, l’on entend par là que toutes les parties coopèrent afin que la perception ait lieu sur un seul point, et, dans ce cas, l’hypothèse actuelle, coïncidant avec la troisième, resterait la seule vraie par l’exclusion des autres. Elle a néanmoins besoin d’amples explications et de preuves.
En réalité, et cela est incontestable, les faisceaux des fils nerveux se ramifient dans la substance cérébrale et tendent à se séparer, en touchant des points distincts entre eux. D’où il ressort que leur communication directe s’effectue réellement en plusieurs points différents, c’est-
à- dire dans ceux que touchent leurs extrémités. Mais si ce fait est vrai, il est vrai également que les molécules de la substance encéphalique sont toutes individuellement douées de la même propriété qui appartient en général à leur ensemble. Si cela n’avait pas lieu, il ne pourrait non plus exister de communication sur les points où se terminent les fils nerveux d’une part, et de l’autre les molécules cérébrales. Or, les molécules qui ont en commun et individuellement la même propriété peuvent avoir en outre des propriétés particulières, à cause de leur structure et de leur disposition différentes. Personne n’ignore aujourd’hui que, dans des corps égaux, soit organiques soit même inorganiques, les propriétés se diversifient seulement en raison de la diversité du volume et même par suite de la position et du groupement de leurs molécules ou atomes, comme on les appelait autrefois. Et que ces propriétés leur appartiennent effectivement, nous l’inférons de l’acte nouveau qu’il leur reste à accomplir, après avoir reçu la communication, c’està-dire non pas de la percevoir déjà, mais de la transmettre encore; puisque leur substance, différente de celle des nerfs, ne permet pas la continuation de la transmission sans une nouvelle impulsion.
Supposons, au contraire, que ces nouvelles propriétés n’existent pas, et toute opération de perceptibilité est interrompue ipso facto, soit que l’on admette, par impossible, que la perception naisse immédiatement dans les molécules cérébrales contiguës aux points nerveux, soit qu’on
estime qu’elle soit le résultat d’une élaboration à laquelle concourent d’autres molécules. Mais, puis((ue la perception ne peut, comme il a été démontré, naître dans les molécules en contact direct avec les nerfs, il s’ensuit qu’elle est produite par le concours et l’élaboration de plusieurs molécules, qui ont des propriétés que n’avaient point les premières. En d’autres termes, il faut que l’action imprimée aux molécules qui sont de nature à en être influencées ou s’épuise ou se résolve en une autre force.
Dans le fait, il n’y a et il ne peut y avoir épuisement, puisque l’opération continue. Donc cette action se transforme en perception, laquelle est véritablement le résultat de toutes les propriétés des molécules cérébrales.
Ainsi il arrive que des extrémités nerveuses, qui correspondent aux points impressionnables de l’encéphale, les éléments des sensations de n’importe quel ordre parviennent au suprême et intime organe perceptif pour y être résumés et reconnus : c’est ce qui a lieu également dans les organes proprement dits des sens, où à la reproduction des phénomènes physiques succède une opération ultérieure, par le fait de nouveaux agents qui se substituent aux premiers dans les tissus et dans les parties les plus internes des organes.
Peut-être ce qui a été décomposé précédemment pour assimiler le phénomène extérieur aux qualités de l’organe sensitif se synthétise-t-il et s’associe-t-il dans l’encéphale? De toute façon, ni la transmission de l’image ne s’interrompt pour cela, ni l’énergie ou la force, par laquelle
cette transmission s’accomplit dès sa première phase, ne change de modalité. Ce qui varie seulement, c’est la traduction de l’image même dans les traits ou caractères, grâce auxquels elle peut être portée à la connaissance du dernier et définitif organe de la perception, selon les propriétés de sa substance et les aptitudes de la disposition de celle-ci.
Au point où en est arrivé notre raisonnement, il devient donc évident que la perception ne peut plus être confondue ni avec la communication des éléments particuliers d’une même sensation, ni avec la communication plus complexe d’une sensation entière d’un ordre déterminé ou bien d’un organe spécial. D’où résulte physiologiquement la vérité de la maxime de l’école psychologique que ce qui sent est un. Du fait intérieur, qui est la conscience, la philosophie ancienne déduisait l’unité ; l’observation des phénomènes permet de déduire de l’unité la conscience. On affirmait que le moi sentant est un, parce qu’il est conscient; maintenant on pourra prouver que le moi est conscient, parce qu’il est un. Une dernière conséquence découle enfin de la présente étude et il importe de la signaler, parce qu’elle coïncidera avec des déductions qu’on pourra tirer ultérieurement, à la suite
d’autres recherches sur les sources du progrès, à savoir que la nature environnante se révèle à l’être animé avec les caractères appropriés à l’organisme sensitif de cet être.