‹ Les lois économiquesChapitre 118 sur 239 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

les produits du travail aillent toujours croissant en quantité.

Il est elair que nous ne parlons pas ici de tel ou tel produit agricole ou industriel, spécial, mais la loi s’applique aux produits de l’homme en général. Ainsi prenez tel groupe de travailleurs que vous voudrez, comparez leurs produits avec les produits d’un groupe tout semblable d’il y a un siècle, et vous trouverez que le travail d’aujourd hui est plus productif qu’il y a cent ans, comme celui d’il y a cent ans était supérieur à celui des siècles antérieurs.

La dépréciation relative des valeurs monétaires peut être causée par plusieurs circonstances différentes : elle peut provenir d’une rapide production de métaux précieux • le remède à cette dépréciation se trouve dans sa continuation et dans son intensité. Si la dépréciation est considérable, on cesse d’exploiter quelques mines et les prix reprennent leur niveau. Elle peut provenir encore d’une grande rareté des produits : ainsi si les récoltes sont excessivement mauvaises, l’argent perd de son prix relativement au blé • il faut en donner davantage pour avoir une même mesure de blé que dans le temps de l’abondance.

LA MONNAIE

L'argent peut encore être déprécié, mais momentanément, quand des inventions comme celle de Law, venant à l’encontre de toutes les lois économiques, changent les rapports de l’offre à la demande et créent à profusion des valeurs échangeables. La dépréciation est bientôt suivie d’une violente réaction : la loi économique reprend son empire, et l’argent, un instant méprisé et dédaigné, est recherché et recouvre au delà de sa valeur ordinaire.

Si l’on a bien compris le mécanisme économique que nous avons voulu expliquer, on concevra pourquoi les gouvernements, malgré les demandes et les supplications qui leur ont été souvent adressées à cet effet, n’ont jamais pu et ne pourront jamais faire circuler sur le même pied que les monnaies métalliques, des monnaies fictives, des valeurs fiduciaires, hypothéquées sur ceci ou sur cela. Nous le répéterons en terminant, c’est que la monnaie métallique est la représentation d’un produit et ne s’obtient pas sans travail, tandis que toute autre monnaie ne repose que sur le crédit : il importe peu que ce crédit soit étayé d’hypothèques, de contrats, d’avals, ou de garanties territoriales , domaniales ou autres, on sait par instinct ou par raison-

Page 1