CHAPITRE X
Et il est bien qu’il en soit ainsi : L’abaissement de valeur des capitaux mobiliers permet à un plus grand nombre de travailleurs d’arriver à leur possession , et l’accroissement de valeur des capitaux immobiliers détermine et nécessite l’application de la loi qui régit la division du travail. Si les terres n’avaient conservé à l’égard de l’argent que la valeur échangeable qu’elles avaient du temps de Charlemagne, chacun aurait voulu posséder son coin de terre et serait peut-être resté à végéter du produit qu’il en aurait retiré en grains ou en bestiaux . Mais la loi du travail est une loi de progrès , elle impose à chacun le devoir impérieux de toujours produire davantage pour posséder davantage.
Cependant, nous dira-t-on, au point de vue de chaque individu , l’accroissement des monnaies métalliques en circulation a une tendance à diminuer la fortune de chacun, puisque cet accroissement diminue d’autant la valeur échangeable des quantités préexistantes. Je possédais un million, dit celui-ci ; avec ce million je pouvais faire telle et telle chose ; par suite de l’augmentation des sommes en circulation il me faudrait deux millions pour atteindre le même but qu’auparavant, donc ma fortune est diminuée de moitié.
LA MONNAIE
Nous ne pouvons contester la vérité de cette assertion ; mais c’est ainsi que l’argent n’ayant de valeur que comme moyen d’échange et de circulation, la loi économique le force sans cesse à changer de main, sous peine de se voir amoindrir, de voir sa puissance échangeable diminuer.
Le fait même qu’elle signale démontre combien les diverses lois économiques s’harmonisent entre elles et réagissent les unes sur les autres.
La première loi économique imposée à Tliomme, celle dont découlent toutes les autres, est la loi du travail, elle domine le monde économique et son action se fait sentir partout.
Si cependant les richesses métalliques, les richesses mobilières ou immobilières, les richesses de toute nature, conservaient à toujours une valeur fixe et invariable, la nécessité du travail serait moindre pour ceux qui ont amassé quelquesunes de ces richesses. Mais comme elles sont toutes sujettes à dépérissement ou à dépréciation, il y a là pour les possesseurs des unes comme des autres une raison impérieuse qui les condamne à toujours obéir à la loi du travail, sous peinede voirlebesoins’avancer vers euxpas àpas.
C’est ainsi encore que le travail étant le premier devoir de l’homme, la loi économique veut que