CHAPITRE XIH
Nous n’avons pas l’intention de traiter à fond toutes les questions qui se rattachent aux diverses combinaisons que ces différentes sortes de sociétés peuvent présenter. Nous voulons seulement indiquer quelques-uns des points par lesquels elles se rattachent aux principes primordiaux de l’économie politique, et montrer leur harmonie avec les maximes que nous avons déjà déduites de nos études sur le capital, la propriété, le travail et le crédit. On a cru trouver dans l’association des intérêts particuliers le remède à certains inconvénients que l’on voyait dans le salariat et dans la concurrence.
L’association peut en effet, dans certains cas, être combinée de manière à faire disparaître une partie de l'incertitude qui pèse assez souvent sur le salarié ; mais c’est au prix de la perte de sa liberté, mais c’est à condition qu’il abandonnera le peu de garanties que lui donne son engagement temporaire pour courir les chances aléatoires de gain ou de perte, qui peuvent résulter des entreprises industrielles ou commerciales dans lesquelles il devient associé. Nous doutons fort que ce changement, que l’on a tenté d'apporter aux relations établies naturellement entre les travailleurs directs et les travailleurs indirects, soit en
L’ASSOCIATION
définitive avantageux à l'ouvrier : le capitaliste ne peut abandonner sans compensation la part ou une partie de la part de profits auxquels il a droit, et s’il donne à l'ouvrier plus de chances de gain, en certaines circonstances, c'est pour s'en réserver de plus fortes en certaines autres.
Nous persistons à croire que l’avenir du travailleur se trouve en entier dans l'affranchissement complet du capital, du crédit, du travail et de l’intelligence et non dans aucune des combinaisons plus ou moins ingénieuses au moyen desquelles on a voulu modifier les parts relatives du travail et du capital.
Quant à supprimer la concurrence par le moyen de l’association, nous avouons ne pas comprendre comment ce résultat pourrait être obtenu : si la concurrence entre les individus avait été amortie ou même supprimée, elle serait revenue plus vivace et plus active que jamais entre les diverses sociétés. Elle ne pourrait pas être anéantie, elle ne serait que repoussée plus loin, mais alors elle agirait avec toutes les forces que donne la collectivité et menacerait, nous le croyons, de dégénérer en hostilité ouverte. Voyez plutôt les querelles, l'antagonisme et les