CHAPITRE XIII
luttes des diverses sociétés de compagnonnage de mêmes corps de métiers.
Nous sommes loin, cependant, de repousser l'association sous quelque forme quelle se produise; nous savons combien elle s'harmonise avec toutes les lois économiques, quand elle se fonde en dehors du monopole et du privilège, quand elle se crée en toute liberté. Elle n’a besoin d’autre réglementation que celle que nous voudrions voir appliquer au travail, au crédit, au capital et à l'intelligence, une liberté limitée seulement par le droit de tous ceux qui resteraient en dehors de ses conditions d’union et d’action.
L’association sur laquelle nous avons quelques observations à présenter est l’association nationale, celle qui forme les peuples, les Etats, les gouvernements.
Nous avons déjà dit et nous aurons encore occasion de dire que l’économie politique comprise dans ses lois les plus générales, ne connaît pas les séparations par lesquelles nous avons divisé l’humanité en peuples ou nations.
Il est évident cependant que diverses affinités de mœurs, de caractères, de goûts, de besoins et de penchants, nous excluons formellement les intérêts qui sont partout les mêmes, rassemblent
L’ASSOCIATION
et relient différents groupes d'individus et les portent à s’associer pour exécuter et accomplir certaines choses en commun. C’est ainsi que les habitants d’un district s’entendent et se cotisent pour supporter ensemble les frais de police, de voirie, d’éclairage et autres de haute utilité publique, et forment ou la commune, ou le canton, ou la ville. Plusieurs de ces groupes s’associent, .conviennent de l’exécution de certains travaux de longue haleine, de l’accomplissement de certaines formalités, de l’adoption de certaines coutumes et créent ainsi un Etat, un peuple, une nation.
Ces associations ont puissamment aidé au développement de la civilisation en facilitant et hâtant l’ exécution d’ouvrages d’intérêt général comme le forage des puits, l’ouverture des routes, la construction des ponts, le creusement des ports, l’élévation des phares et la création d’un droit public qui finira par triompher de la force en établissant la plus complète liberté civile et politique entre tous les hommes, quel que soit le lieu de leur naissance, quelles que soient leurs croyances et quelle que soit leur couleur ou leur langage.
L’exécution des travaux d’intérêt général dont