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CHAPITRE XV

rémunération plus élevée, elle ajoute à la puissance humaine, en permettant au travailleur de produire plus vite et mieux que ne le faisait le bras de l’homme, aidé des rudes et simples outils de nos pères.

Il ne faut pas oublier, cependant, que ces outils eux-mêmes ont jadis été des inventions qui, les unes après les autres, ont révolutionné l'ancien mode de production et perfectionné J agriculture et 1 industrie. Tel qui plaisante aujourd’hui l’application de la force produite parla vapeur au labourage des terres pourrait, s’il voulait y réfléchir, railler tout aussi bien la charrue attelée de bœufs ou de chevaux* car, elle aussi, à son apparition, venait changer le mode de culture et dut rencontrer, parmi les partisans de la bêche, tout autant d’objections que la charrue mécanique à vapeur peut en soulever aujourd’hui.

Quand le mode actuel de labour s’est introduit dans le monde, il a dû se faire une révolution profonde dans 1 amenagement des campagnes, sans laquelle l’invention de la charrue fût restée lettre morte et d’une application impossible. Aussi longtemps que les champs ont été fouillés à la bêche, Jeur étendue a dû être des plus restrein-

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LES MACHINES

tes; on bêche un jardin et non pas une plaine de cinquante ou de cent hectares. La charrue a reculé les bornes des champs ; elle a étendu la surface cultivée par un seul homme ou une seule famille.

Multipliant plusieurs fois la puissance productrice de cet homme, elle lui a donné les moyens d’accroître le montant de ses échanges, c’est-àdire de satisfaire une foule de besoins nouveaux, de se procurer des jouissances qui lui étaient inconnues jusqu’alors ou qu’il devait regarder comme inapprochables.

La puissance productrice de l’homme croissant en raison de l’usage qu’il fait des machines, elles ont doncpermis la plus grande multiplication de l’espèce, en accroissant le chiffre de la production de chaque travailleur. On peut donc affirmer que les pays les plus peuplés sont ceux où il se trouve le plus de machines, et que le chiffre de la population est toujours proportionné à la puissance des moyens mécaniques que l’on emploie soit dans l’industrie, soit aux travaux agricoles.

Cherchez, en effet, combien la France pourrait nourrir d’habitants si elle était tout entière cultivée à la bêche ; cherchez combien elle pour-

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