‹ Les lois économiquesChapitre 165 sur 239 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

l’échelle de l'humanité; là où la civilisation commence à poindre, vous trouverez la bêche pour retourner le sol, les cisailles pour tondre les brebis, le maillet pour enfoncer les pieux ; quelques échelons plus haut, la scie, les tenailles, la brouette, l’échelle, puis les moulins à eau ou à vent, le rouet à filer, le métier à tisser et peut-être celui à fabriquer des bas. Arrivé là, l’homme semble se reposer : on dirait qu’il se trouve au bord d’un fossé qu’il n’ose franchir et que des liens puissants le retiennent enchaîrîé.

Ces liens, c’est toute une série de dix-huit siècles, dont les croyances et les aspirations s’harmonisaient tant bien que mal avec cette civilisation enfantine que la sénilité menaçait déjà, série de dix-huit siècles avec laquelle il faut rompre ; car ni ses croyances , ni ses aspirations ne peuvent s’harmoniser avec l’avenir que nous préparent les lois économiques. A mesure que l’homme s’assujettit les forces visibles et invisibles de la matière, qu’il courbe sous ses lois la vapeur , l’électricité , la dilatation, la lumière, les affinités des corps, qu’il supprime l’espace et multiplie la longueur du temps; son intelligence s’élargit, et son regard sonde des hori-

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zons dont nont aucune idée ceux qui persistent à s ensevelir dans les limbes du passé.

Quand donc il a franchi la limite qui sépare 1 ancien du nouveau monde, la machine à vapeur vient centupler dix fois l’activité de la presse à imprimer, les chemins de fer permettent à l’humanité tout entière de se chercher, de se mêler, de se retrouver, et partout elle ne trouve que des figures amies; l’électricité vient parler à des distances infinies aussi vite que les yeux , et chacun se demande : Après, que va-t-il survenir? car le monde est à la veille d une nouvelle ère. j

Ce n’est pas exclusivement aux machines que ; 1 homme doit ce progrès; car, en économie sociale ou politique, tout marche d’un pas harmonique : le développement du capital, l’accroissement du crédit, l’émancipation de l’intelligence, , l’augmentation des échanges et d’autres causes encore ont contribué à déterminer le progrès. La loi économique, néanmoins, veut que le développement de la civilisation et du bien-être soit de tout point proportionnel à l’emploi des forces mécaniques. 11 est, en effet, digne de remarque que l’invention des machines vient à l’heure voulue quand les découvertes antérieures permettent leur exécution matérielle et leur appli- :

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