‹ Les lois économiquesChapitre 164 sur 239 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

ou le monopole, et de l’autre empêchaient l’application immédiate, sur une large échelle , des nouvelles inventions, en entravant l’action du capital et celle du crédit. On a fait croire à l’ouvrier que le système protecteur était imaginé dans son intérêt! Nous serions curieux de savoir ce que ce système a jamais fait pour l’ouvrier pour le protéger contre les machines. Notez, au contraire , qu’il pouvait puiser dans les piincipes de la protection tous les arguments qu il employait contre les mécaniques , puisque dans 1 intérêt du travail, disait-on, on prohibait les produits étrangers ; que ne prohibait-on pareillement les machines et les mécaniques?

C’est que, quoi que l’on fasse, il y a au fond du cœur de l’homme une voie qui lui crie toujours, en avant! en avant! Tu dois vaincre la matière, 1 asservir a tes volontés, l’employer à la satisfaction de tes besoins.

>. L étude attentive du phénomène de la production nous montre que sans machines, il n’y a pas de société, iln’y a pas de civilisation. Avonsnous besoin de dire que les tenailles , les marteaux, les scies, les coins, les poulies, les bêches, les essieux et les roues, sont des machines au même titre que la presse à monnayer, la

LES MACHINES

presse hydraulique, la vis d’Archimède ou le renvideur continu. Tout homme donc qui demande la suppression des machines demande implicitement que le travailleur retourne à l’usage exclusif de ses bras, de ses mains et de ses ongles !

Il est impossible de tirer une ligne de démarcation en deçà de laquelle les machines seront acceptées et repoussées au delà : croire que des mesures législatives arrêteraient le développement de la puissance mécanique, c’est croire que le progrès et la civilisation peuvent aujourd hui être refoulés par des règlements de police, des établissements d’inquisition ou toute autre combinaison despotique.

Le développement de la civilisation, l’accroissement de la population, l’augmentation du bien-1 être, sont proportionnels à l’emploi de la force’ mécanique : plus.une nation est civilisée et plus elle a soumis d’agents naturels à sa volonté, plus elle peut économiser de force corporelle ou musculaire. . ; (

Voyez, en effet, les peuples encore sauvages ; ;ji ils n ont ni machines , ni mécaniques, ils n’en ont pas meme les rudiments, ils n’ont ni outils, pi instruments. Montez un peu plus haut dans '

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