CHAPITRE XVII
mais il n’y avait pas de banques proprement dites.
C'est qu’une banque constituée et gérée d’après les vrais principes économiques ne prête pas son capital, n'opère pas avec son capital, elle ne fonctionne et n’agit qu’au moyen du crédit! aussi on peut dire des banques qu’elles sont mères et filles du crédit tout à la fois.
Ce n’est donc que dans les temps modernes qu’une association possédant un capital d’un million, par exemple, a pu en prêter deux, trois, quatre ou plus, grâce à l’invention des valeurs fictives des monnaies de papier basées sur le crédit.
La puissance accordée à certaines associations de doubler, tripler ou quadrupler l’action de leur capital, et de donner à ce supplément d’avoir toutes les propriétés fécondantes du capital effectif, a puissamment contribué au développement du travail, de l’échange et de la richesse. C’est une arme toute nouvelle dans les mains de la civilisation , malheureusement on craint d’en user, on ne s’en sert qu’avec des restrictions de toute sorte, et les gouvernements, ne la confiant qu’à des corps privilégiés qui fonctionnent sous leur oeil , l’interdisent rigoureusement au reste des populations.
Nous croyons que l’on a jusqu’ici peu compris l’action et le mécanisme financier des banques, et c’est à l’absence de connaissances vraies et pratiques sur cette question que nous devons de n’avoir dans tous nos départements que des changeurs d’argent au lieu de banques fonctionnant au moyen du crédit. Quand nous aurons exposé le système le plus simple de la multiplication du capital et de la circulation sous la garantie des banques, peut-être' reconnaîtra-t-on que la peur généralement ressentie à l’encontre d’établissements de crédit émettant des valeurs fictives, ressemble à la frayeur qu’éprouvaient nos bons aïeux aux histoires d’apparitions, d’enchantements et d’exorcismes.
Une banque est une association de capitalistes qui, mettant tout ou partie de leur avoir en collectivité d’action , acquiert par cela même une puissance de crédit bien autrement considérable que ne pourrait être le crédit individuel de chacun de ses membres. Ce crédit multipliant le capital associé, la banque le capitalise ou l’élève par l’émission de valeurs fictives au rang et à la fonction de capital effectif, en le faisant circuler sous des formes apparentes et tangibles qui lui communiquent toute la valeur échangeable du