CHAPITRE XIX
menter vos capitaux, vos travailleurs et vos forces motrices et productives.
L’industrie se développe donc avec la civilisation, cest-à-dire avec l’accroissement de la population, avec l’augmentation du capital, avec la diffusion du savoir, avec l’établissement delà liberté : sans liberté, sans science, sans capital, sans population, il n’y a pas d’industrie possible, et ces quatre conditions sont indispensables; l’absence d’une seule suffît pour créer un obstacle insurmontable.
Il a été assez de mode , pendant un temps, d’accuser l’industrie de ne pas prendre soin de la vie et du bien-être des travailleurs, de les entasser dans des habitations malsaines, de les renfermer dans des établissements mal aérés et insalubres.
Ces accusations étaient mal fondées , car ce n’est pas l’industrie qui a construit ces habitations étroites, humides , ces rues sans jour et sans air, ces caves où suintent les fièvres et où plane la mort. Ce n’est pas l’industrie qui a renfermé nos villes dans des ceintures de granit et forcé les habitations à se coller les unes contre les autres, à se superposer les unes aux autres , c’est l’art de la destruction , c’est la
L’INDUSTRIE
guerre dont les tristes et mortelles inspirations ont peut-être fait autant de victimes pendant la paix que dans les périodes de combats. Ce n’est i pas l’industrie qui avait obligé nos pères à abriter leurs demeures au pied des donjons, autour des monastères et des cathédrales, c’étaient les r excès, les fureurs d’une noblesse sans cœur et I sans frein qui se croyait grande parce qu’elle était injuste, rude et violente.
Mais c’est l’industrie qui a vaincu les institutions barbares des temps où chaque homme avait besoin d’un protecteur, c’est l’industrie qui fait tomber les remparts , élargir les places, assainir les rues, aérer les logements et qui vaincra la guerre.
Les travailleurs se sont établis dans les demeures qu’ils ont trouvées faites par leurs pères; mais est-ce la faute de l’industrie si ces demeures étaient construites en d’autres temps, pour d’autres mœurs, d’autres habitudes ?
L’industrie a opéré de grands changements dans le monde, mais nous ne sommes encore qu’à l’aurore du jour qu’elle nous prépare. C’est vers l’industrie que se tournent aujourd’hui tous ces esprits généréux, tous ces hommes pleins d’ardeur et de génie qui n’avaient autrefois