‹ Les lois économiquesChapitre 224 sur 239 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

nomistes et statisticiens en concluent volontiers que le développement des intérêts, ou,sil’on aime mieux, des appétits matériels amène comme conséquence forcée l’augmentation du paupérisme et l’accroissement de la criminalité ; ils ont affirmé, en un mot, que la misère s’étend et s’accroît dans les nations en raison exacte de ses progrès dans le commerce et l’industrie.

Les chiffres ont semblé leur donner raison. Ainsi les relevés officiels de Belgique montrent que l’importance du commerce et par conséquent de l’industrie s’est doublée en vingt ans et que le nombre des indigents inscrits s’est doublé en dix ans seulement. Quant au chiffre des accusés il s’est accru dans une proportion exacte avec la progression du mouvement commercial.

Sommes-nous en droit de conclure de ce fait que la décadence morale et la pauvreté des populations marchent côte à côte avec le progrès matériel? Est-ce là réellement la morale du bilan de notre civilisation et de notre prospérité commerciale et industrielle ?

Devons-nous craindre enfin de voir un jour le droit et le bien-être vaincus par la misère et le crime, et le monde entier s’abîmer sous des travaux industriels gigantesques?

LE PAUPÉRISME

Si cela était, tout ce que nous avons écrit jusqu’ici ne serait qu’un rêve, l’harmonie et la concordance des lois économiques ne seraient qu’une illusion, le hasard ou plutôt un être malfaisant aurait jeté la civilisation à l’humanité comme une suprême dérision et nous ne saurions où trouver les bases du droit, les sources du devoir.

Mais cela n’est pas et nous croyons pouvoir prouver qu’il faut plus que de la hardiesse pour accuser ainsi le commerce et l’industrie -, il faut l’ignorance la plus complète de leur raison d’être et de leurs conséquences directes et indirectes.

Les effets les moins contestables du commerce sont, en premier lieu, de créer de nombreuses sources d’occupation qui, sans l’échange, n’existeraient pas, et, en second lieu , d’amener dans le pays une grande quantité de produits utiles en retour d’autres productions moins importantes, moins nécessaires. Le commerce est un travail, crée du travail et accroît la somme des choses qui viennent satisfaire nos besoins.

Nous ne voyons là aucune source de misère, aucune cause de pauvreté.

Les résultats les plus évidents et les plus cer-

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