CHAPITRE XXI
tains de l’industrie sont d’utiliser une foule d’objets qui ne peuvent être employés qu’après avoir subi certaines manipulations, de procurer à la consommation une massq de plus en plus considérable d'articles de vêtements, de choses nécessaires aux habitations et à toutes les fonctions de la vie, et, en ce faisant , de donner à d’innombrables travailleurs les moyens de se procurer, par l’emploi de leurs bras ou de leur intelligence un certain bien-être relatif.
Cela étant, et nous croyons que ces effets, ces résultats, ne seront pas contestés, on peut se demander comment il pourrait se faire qu’une augmentation dans les sources du travail, un accroissement dans le chiffre de la production et celui de la consommation causât, en même temps, l’accroissement du chiffre de ceux qui manquent des choses les plus nécessaires. Evidemment ces deux propositions sont contraires, une des deux est fausse. Ce qu’il y a de faux, c’est l’induction que l’on voudrait tirer de la comparaison ou du rapprochement des chiffres, car il n’y a pas d’erreur possible dans la multiplication mathématique du travail et de la production.
Il ne suffit pas de l’affirmer, nous allons le prouver :
LE PAUPÉRISME
Quels sont les tableaux dont on groupe si habilement les chiffres pour constater d’une part le mouvement industriel et de l’autre l’accroissement de la misère ?
Ce sont les relevés officiels des administrations douanières, quant à la partie commerciale ou industrielle du problème , et les comptes des bureaux de charité ou de bienfaisance, quant à son côté moral et civilisateur.
Or, en économie politique il faut se garder scrupuleusement d’attribuer trop de puissance de raisonnement aux relevés de statistique ; la statistique est une science d’origine encore plus moderne que l’économie politique ) les travaux qu’elle nous a donnés ne sont pas encore assez , nombreux pour que tout le monde puisse y lire à livre ouvert. Elle ne donne presque toujours ; que la situation apparente des peuples ou des industries, et ses chiffres cachent souvent des phénomènes économiques qui , pour un grand nombre de publicistes, de moralistes et de légistes, ont été des pierres d’achoppement et ont j porté le doute et le trouble dans plus d’une honnête et sincère conviction.
Nous avons besoin d’entrer ici dans quelques explications ;