‹ Les lois économiquesChapitre 239 sur 239 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

tile est un vol fait à la consommation, c’est que toute production utile répond aune consommation nécessaire. Toutes les fois donc que les forces productives d’un pays sont absorbées par des travaux inutiles, il y a création de souffrances, il y a cause inévitable de misère. Tout travail inutile cause une rareté, car le travailleur, quoiqu’il produise, doit consommer, et si son produit n’est pas reproducteur, ce qu’il consomme est nécessairement pris sur le produit des autres.

Cette vérité était encore plus frappante à l’époque de ces grandes déperditions de forces productives , parce que alors l’homme était livré , à peu de choses près, aux seules forces de ses bras, et la production du travailleur dépassait à peine sa consommation.

Nous l’avons déjà dit, on a souvent cherché les causes de la misère dans certains défauts de l’homme, comme dans la paresse, l’ivrognerie, la débauche et autres de ce genre, maison aurait du se rappeler que la misère est l’état primitif de l’homme. Le bien-être et la richesse légitime ne viennent que par la production utile : or, si les générations passées ne nous ont pas laissé une certaine accumulation de produits utiles, comment n’aurions-nous pas des pauvres? Et si nous

LA PRODUCTION

accumulons sans cesse des productions utiles, si nous nous livrons sans relâche à des travaux reproducteurs, comment la misère ne disparaîtrait-elle pas?

Nous ne voulons pas dire, répétons-le encore une fois, qu’il n’y aura pas toujours inégalité de richesses, inégalité d’avoir, mais nous affirmons que le jour s’approche où le besoin n’existera plüs que dans des cas isolés, accidentels et par la faute de ceux mêmes qui en ressentiront les atteintes ; car tout autre cas , même accidentel, peut être prévu et il peut y être porté remède par la collectivité des risques et des ressources.

La misère ne peut provenir que d’une insuffisance de la production • laissez la production manuelle, mécanique et intellectuelle se développer en toute liberté, et le besoin fera place au bien-être, à l’abondance.

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