‹ Les lois économiquesChapitre 32 sur 239 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

leur capital ou de leur crédit pour produire. Nous verrons plus loin que le capital et le crédit produisent tout autant, sinon davantage que les bras et le génie, et que la répartition du produit se ferait de la manière la plus équitable si ces quatre forces agissaient en toute liberté, c est-àdire avec toute l’harmonie que comportent leurs différents attributs.

On a beaucoup écrit et beaucoup parlé de l’organisation du travail, on a prétendu réglementer par des mesures gouvernementales le mouvement de la production et le jeu naturel de la répartition des produits, cest-à-dire des salaires. C’était tout simplement vouloir arrêter le développement de la civilisation, s’opposer à cette invincible tendance qui pousse les sociétés humaines vers l’unité.

11 n’est pas un seul des plans que l’on a produits, il n’est pas une seule combinaison que l’on ait imaginée qui n’ait eu pour moyen et pour résultat, l’isolement des nations, la séquestration des peuples, c’est-à-dire le maintien des barrières internationales, la pérennité de l’antagonisme des races, la division de la grande famille humaine. Fourier seul a rêvé un avenir d’unité, mais pour y arriver il modifiait l’homme moral

LE TRAVAIL

comme l’homme physique, il changeait les lois de la nature, il créait une nouvelle terre.

Nous croyons, nous, qu’il faut prendre le monde tel qu’il est, les hommes tels qu’ils sont, ou plutôt qu’il faut les ramener à ce qu’ils auraient été si leurs tendances naturelles n’eussent pas été faussées par de déplorables institutions.

On a parlé d’organisation du travail! Mais nous avons sous les yeux l’organisation la plus compliquée et la plus minutieuse qu’il soit possible d’imaginer. Qu’est-ce en effet que ces systèmes de douanes, que ces lois de primes, que ces monopoles et ces privilèges sur lesquels reposent aujourd’hui une grande partie de nos industries, de nos échanges, et qui président à notre travail de production, si ce ne sont pas des mesures organiques, réglementaires, distributives?

A celui-ci, dit la loi, le travail des fers et des sucres, à celui-là le monopole du crédit, à cet autre une prime sur son labeur, et à cet autre encore une immunité pour son œuvre, tandis qu’il y a à côté surcharge pour l’un, privation pour l’autre, souffrances pour celui-ci, entraves pour celui-là!

On a voulu harmoniser en dehors des lois naturelles de la production et de la consommation,

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