‹ Les lois économiquesChapitre 31 sur 239 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

turelles que l’intelligence a appelées a son aide.

Il est à remarquer que toutes ces puissances motrices deviennent en très-peu de temps propriété collective ; elles tombent dans le domaine public aussitôt que le travail intellectuel de celui qui les a découvertes est suffisamment rémunéré. Chacun peut employer aujourd’hui la force expansive de la vapeur ou la force de pesanteur que donne une chute d’eau, sans avoir a payer aucune redevance pour la force en elle-même.

11 faut, sans aucun doute, se procurer par faveur, par son travail, ou à beaux deniers comptant, une machine à vapeur ou une chute d’eau; mais le prix que l’on y met, le travail que l'on donne en échange est exclusif de la valeur de la force naturelle en elle-même : ce prix et ce travail ne représentent exactement que les débours faits ou le labeur employé pour faciliter Fusage de la force de la vapeur ou de la chute d’eau, qui sans cela resteraient forces dormantes et improductives.

Quand l’homme se sert d’une bêche pour serfouir et tourner le sol qu’il veut ensemencer, le manche de cette bêche forme levier et multiplie la force dont l’homme fait usage : il y a là un agent naturel invisible , devenu notre esclave.

,2 LE TRAVAIL

Le paysan qui achète une bêche 11e paie rien à son vendeur pour cette force de levier que renferme l’instrument, par la raison très-simple et ties-juste que s il eût confectionné lui-même cet outil, il n aurait dépensé aucune force, aucune parcelle de temps, il n’aurait employé aucun travail pour introduire cette puissance dans le manche de la bêche.

Que 1 on analyse comme on voudra le coût de la machine à vapeur, de la chute d’eau, du moulin à vent, du navire à voiles, on ne trouvera pas un centime donné en paiement de la force expansive de la vapeur, de la puissance motrice de 1 eau ou de celle du vent, sauf dans les premiers temps qui suivent immédiatement l'invention, et la somme alors donnée est la juste rémunération du travail de l’inventeur.

Or, tout travail productif mérite salaire, que ce travail soit celui des bras ou de l’intelligence, qu’il provienne du capital ou de l’emploi du crédit.

C’est d’après ces principes dent la justesse et la vérité seront développées plus au long dans tout le cours de cet ouvrage que nous considérons comme travailleurs tous ceux qui fatiguent leurs bras ou leur intelligence, qui se servent de

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