‹ Les lois économiquesChapitre 35 sur 239 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

l'habtiant des îles les plus arides dn grand océan Pacifique , qui ne se nourrit que des coquillages épars sur le rivage, ou des oeufs que les tortues viennent déposer dans le sable ; le negre du Congo qui n’a d’autres ressources que les fruits et les racines croissant spontanément dans les forêts; l’Australien vivant d’insectes, de serpents et de lézards; cet Indien, cet insulaire, ce nègre et cet Australien n’ont aucun capital. Ils sont au plus bas degré de l’ échelle humaine: la vie animale existe chez eux, mais la vie intellectuelle n’y est encore qu’à l’état latent; tout sens moral est absent; ils n’ont guère que de l’instinct.

Mais voyez! là où le capital commence à se former, comme chez le pauvre Esquimaux, qui s’est construit ou creusé une hutte, qui s’est façonné quelques ustensiles, qùi à cousu quelques peaux de phoques pour faire un canot et préparé des armes et des engins pour chasser les baleines, le travail a amené l’idée de la propriété, et avec elle l’épargne, la prudence, la constance, la prévoyance et la patience.

Il y a encore formation rudimentaire de capital chez le chasseur algonquin qui s’est fait une fronde, un arc, deà flèches, des filets de

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pêche, un tomahawk, et nous voyons se développer chez lui toutes les qualités qui lui assurent la supériorité sur sa proie; il est rusé, adroit, persévérant, inventif et fier de son succès: il raisonne, il combine et calcule; son intelligence est sur le qui-vive. Le capital est aussi en voie de s accumuler chez l’Arabe possesseur d’une tente, d’une couple de chameaux et de quelques brebis. Ici la science commence à poindre . le pasteur nomade étudie les cieux et réglé sur les saisons ses émigrations périodiques.

Disons-le cependant, en passant, les mœurs patriarcales trop vantées jusqu’ici, le manque de liberté de la femme, le maintien d’une sorte d esclavage, arrêtent chez l’Arabe le développement du capital; il en est ainsi depuis trois mille ans et plus. Les pasteurs contemporains des Pharaons étaient aussi riches que les cheiks les plus riches des vallées de l’Atlas.

Le capital ne peut s’accumuler et se développer qu’en raison de la liberté des travailleurs, parce que la richesse, le travail et le produit de l’un, concourent à accroître la richesse, à aider le travail et à donner plus de valeur au produit de l’autre.

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