‹ Les lois économiquesChapitre 52 sur 239 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

un subtil paysan : autant qu’on en peut faire dans le même temps et avec la même dépense!

Nous avons déjà dit que cette réponse nous semblait erronée; nous croyons que la théorie fondée sur b utilité est aussi fausse, et nous allons dire sur quelles raisons nous basons notre opinion.

L’utilité peut être la cause de la valeur abstraite ou philosophique d’un objet, mais elle est loin d’être la raison déterminante de la valeur échangeable : témoin les diamants et les milles frivolités de la mode ou du luxe dont la valeur échangeable est quelquefois excessive, tandis que celle de l’air est nulle et que celle des matériaux de construction est relativement des plus légères.

La quantité de travail nécessaire pour la production des choses ne donne pas davantage la raison de la valeur des produits, car alors la journée du bûcheron ou du carrier aurait autant de prix que celle du ciseleur ou de l’émailleur.

Pour ne pas se tromper sur les causes réelles, évidentes ou cachées de la valeur des choses, il est indispensable de se rendre bien compte de l’idée que représente ce mot.

La valeur est, selon nous, le point de contact

LA VALEUR

entre l’offre et la demande : c’est le chiffre exact que la consommation afïixe ou imprime à la production.

La valeur d’un objet est donc toujours basée sur la rareté ou sur l’abondance, et elle varie en raison directe de la demande qui se produit.

L’utilité de l’objet et la quantité de travail nécessaire pour le produire n’influent en aucune manière sur la valeur qui lui est assignée.

Quand la demande est l’effet de la nécessité, comme celle qui s’adresse aux aliments et aux vêtements, la valeur revêt alors et présente un caractère évident de généralité et de notoriété ; si elle résulte des besoins de certaines situations ou de certains travaux, comme celle relative aux ustensiles de l’industrie, aux instruments de travail ou d'échange, la valeur emprunte parfois à la nouveauté ou à la puissance de l’objet lui-même une exagération qui n’est souvent que temporaire ; si la demande est inspirée par un engouement passager, comme pour les articles de luxe et d’ornement, la valeur entre dans le domaine de la fantaisie et ne suit presque aucune règle ; si enfin la demande est conseillée par la sécurité que l’objet peut présenter,

Page 1