‹ Les lois naturellesChapitre 18 sur 98 · INTRODUCTION XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XV

elle n'est cependant pas inutile, car nous vivons à une époque bien intéressante, oîi, après avoir tout creusé, tout pénétré, après être arrivé trop vite à des certitudes et surtout à des explications, on revient en arrière; on doute et quelquefois on doute trop; le désarroi est général; c'est la caractéristique des époques fécondes, la science est grosse de découvertes imprévues et enfantera bientôt des merveilles, hn ce temps de révolution, les amoureux du temps passé veulent nous imposer de nouveau les vieilles cosmogonies ; ils profitent de Tinstabilité de nos hypothèses provisoires pour remettre en vigueur des hypothèses anciennes dont la stérilité n'est plus discutée et que les doutes mêmes de Theure présente ne sauraient faire revivre de leurs cendres ; le désarroi actuel couvre une marche en avant et non une retraite.

En particulier, le respect de la tradition veut ressusciter le vieux dualisme du poète : ?neîis agitai molem : la force agite la matière ! On nous parle de physique de la qualité^ et Ton veut nous faire admettre que la chaleur, par exemple, est essentiellement distincte du mouvement; tout cela n'est pas inutile en effet à ceux qui professent à l'égard des théories animistes un respectueux attachement. Or, je crois que ces prétendues qualités de Y activité extérieure tiennent seulement à la place qu'occupent les phénomènes vitaux par rapport aux divers modes d'activité du monde ambiant ; que, en particulier, ce qui caractérise pour nous la chaleur, c'est le rapport établi entre notre vie et les phénomènes que nous qualifions de calorifiques.

Quelques savants vont encore plus loin; ils se demandent si nous savons ce que c'est que la mécanique et je crois qu'ils ont tort ; ils se demandent aussi si nous savons ce que c'est ({Vl expliquer un fait par des raisons de mécanique, et je crois qu'ils ont raison. La science est descriptive et non explicative à la science est humaine et permet

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