XIV INTRODUCTION
place de rhomme dans l'univers ; j'ai essayé de ne jamais oublier le précepte que Ton rappelle aux chrétiens le jour où commence le carême : Mémento quia pulvis es^ Souviens-toi que tu es fait des mêmes éléments que la poussière, ou, plus exactement, que tu es dans la nature !
M. Poincaré nous a appris* que, ce que la science peut atteindre, « ce ne sont pas les choses elles-mêmes comme le pensent les dogmatistes naïfs, ce sont seulement les rapports entre les choses ; en dehors de ces rapports, il n'y a pas de réalité connaissable. » J'irai plus loin et j'affirmerai que, ce que l'homme connaît, ce sont seulement les rapports des choses avec l'homme ; ce que nous appelons les choses ce sont les éléments de la description humaine du monde; et ces éléments dépendent, non seulement de la nature du monde, mais aussi de la nature de celui qui les décrit.
Il est donc logique de commencer l'étude des choses par celle des moyens qui sont h la disposition de l'homme pour connaître les choses; il faut faire d'abord, dans un seul but descriptif, la nomenclature des sens de l'homme et diviser l'activité extérieure en cantons correspondant à chacun d'eux. Une simple réflexion suffira pour nous montrer qu'il n'y a aucun rapport direct entre les documents que nous fournissent nos divers sens sur les divers cantons de l'activité extérieure et que, par conséquent, le langage de fim de ces cantons iiest pas directement applicable aux documents que nous fournit^ sur un autre canton, le sens correspondant.
Et cette remarque, en apparence si insignifiante, nous fournira une règle rigoureuse pour savoir ce qui, dans chaque partie de la science, est convention, définition, axiome ou vérité expérimentale.
Une telle recherche peut paraître oiseuse à beaucoup ;