‹ Les lois sociales: esquisse d'une sociologieChapitre 4 sur 29 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

A parcourir le musée deThistoire, la succession de ses-lableaux bariolés et bizarres, à voyager à travers les peuples, tous divers et changeants, la première impression de l'observateur superficiel est que les phénomènes de la vie sociale échappent à toute formule générale, à toute loi scientifique, et que la prétention de fonder une sociologie est une chimère. Mais les premiers pâtres qui ont considéré le ciel étoile, les premiers agriculteurs qui ont essayé de deviner les secrets de la vie des plantes, ont dû être impressionnés de la môme manière par l'étincelant désordre du firmament, par la multiformité de ses météores, par l'exubérante diversité des formes végétales ou animales, et l'idée d'expliquer le ciel et la forêt par un petit nombre de notions logiquement enchaînées sous le nom d'astronomie et de biologie.

Tarde. — Les Lois sociales. i

celle idée, si elle avait pu leur luire, eût été à leurs yeiix le comble derextravagance. Il n'y a pas moins de complication, en effet, d'irrégularité réelle et de caprice apparent dans le monde des météores ou dans l'intérieur d'une forêt vierge que dans le fouillis fit* r histoire humaine.

Comment donc , en dépit de cette diversité ondoyante des états célestes ou des états sylvestres, des choses physiques ou des choses vivantes, est-on parvenu à faire naître et croître peu à peu un embryon de mécanique ou de biologie ? C'est à trois conditions, qu'il importe de distinguer bien nettement pour se faiie une notion précise et complète de ce qu'il convient d'entendre par ce substantif et cet adjectif si iisiiéa, science et scientifique. — D'abord, on a coinmencé par apercevoir quelques similitudes au milieu de ces différences, quelques répétitions parmi ces variations : les retours périodiques des mêmes états du ciel, des mômes saisons, le cours régulièrement répété des âges, jeunesse, maturité, vieillesse, dans les êtres vivants, et les traits communs aux inrlividus d'une même espèce. Il n'y a point de science di' Undividuel comme tel; il n'y a de science que du géjtéial, autrement dit de l'individu considéré comme répélé ou susceptible d'être répété indéfiniment.

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