‹ Les Lolos ...: État actuel de la questionChapitre 1 sur 10 · Les Lolos ...: État actuel de la question · texte numérisé non relu

Les Lolos ...: État actuel de la question

Ceci est une copie numérique d'un ouvrage conservé depuis des générations dans les rayonnages d'une bibliothèque avant d'être numérisé avec

ligne.

Ce livre étant relativement ancien, il n'est plus protégé par la loi sur les droits d'auteur et appartient à présent au domaine public. L'expression

"appartenir au domaine public" signifie que le livre en question n'a jamais été soumis aux droits d'auteur ou que ses droits légaux sont arrivés à

expiration. Les conditions requises pour qu'un livre tombe dans le domaine public peuvent varier d'un pays à l'autre. Les livres libres de droit sont

autant de liens avec le passé. Ils sont les témoins de la richesse de notre histoire, de notre patrimoine culturel et de la connaissance humaine et sont

trop souvent difficilement accessibles au public.

Les notes de bas de page et autres annotations en maige du texte présentes dans le volume original sont reprises dans ce fichier, comme un souvenir

du long chemin parcouru par l'ouvrage depuis la maison d'édition en passant par la bibliothèque pour finalement se retrouver entre vos mains.

Consignes d'utilisation

ITT

iiCFUitiRiB ci-devaat b. i. bull, lui».

LES LOLOS m m

PAB

HENRI COBDIEB.

M. le Capitaine d'ÛLLONs yient d'accomplir an remarquable voyage OapiUiiie en Chine; parti de Ning-yonen, capitale da Eien tch'aug, avec le P. de GuEBRiANT et le maréchal des logis de Botyb, il a traversé le massif du Ta Leang chan, pays des Lolos indépendants; il a atteint le Yang tsea, an peu au sad de Hoaang P'ing, longé le territoire lolo jusqu'à Lei-po t'ing, et lorsque le fleuve devint navigable, un peu en amont de son coude nord, il le descendit jusqu'à Soui-fou où il arriva le 10 juin 1907 au soir; nous ne doutons pas, si nous en jugeons par le rapport qu'il adresse à la Société de Géc^aphie ^), que le Capitaine d'OUone n'ait recueilli une ample moisson de renseignements; sans être, comme il le croit, on le verra tout à l'heure, le premier voyageur qui ait traversé le Ta Leang chan, il est le premier qui ait coupé de l'ouest à l'est cette chaîne de montagnes qui n'est pas jusqu'ici «demeurée impénétrable». En attendant de pouvoir juger des fruits de cette mission intéressante qui doit marquer une date dans les recherches dont les Lolos sont l'objet, nous avons cru utile de réunir les renseignements que nous possédons jusqu'à

1) La Géographie, 15 oct. 1907, pp. 865—869.

4 HBNRI OORDIBR. 598

présent sur ces peuples, poar bien marquer ce qa*il y aura de nouveau dans la récente exploration française lorsque les résultats en seront définitivement connus.

Sources chinoisefiu

Dn volume du grand ouvrage topographique sur le Tun-nan, le ^ ^ ^ j^ Yun nan foung tche^ traite, dans Tavant-derniàre édition, des peuples sauvages ^ Man de la province et parmi eux nous trouvons les ^ ^^ ^ He Lo-loa (Lolos noirs) — les ^ ^ ^ Pe Lo'loa ou Lolos blancs — les jj^ ^ ^^ Miao Lo^loa — les 1^ ^ ^ ^af Lo4o8 — les ^ ^^ ^|| Kan Lo-los (Lolos secs) — l«s MM MM ^«-'«» ^^-^^* - les |Sï ^ ^ ^ ^.<cAo Lo-Zo« les ^ ^MM ^^'^ou Lo4oê — les ^i|[ ^ ^HIP Sa-wan Lo'los — les ^ dig ^^ 1^ ^-Ao Kouo4o8 — les ^ |^ |g iPo Kouo'loa — les ^ :|jl[ ||[ ^^ Paa-La JDo./o« — les -j^MM Ta Lo4o8 — les /\\ ^ ^ Siao Lo4o8.

Je donne des fac-similés de ces figures représentant ces indigènes dans l'ouvrage chinois.

B.C. BridKman Le Rév. E. C. Bbidgman, OU 1859, a traduit*) d'un travail

d'un savant chinois qui avait voyagé dans la province de Koueitcheou une série de quatre-vingt deux notes sur les tribus aborigènes: chaque notice est écrite sur une page et sur la page en face se trouve une illustration coloriée. Quelques-unes de ces notes modifiées et abrégées avaient été traduites et publiées dans le Chinese Repoaitory^ [Voir Bib. Sinica, coL 367—868].

1) Skâtekâs of the Miau-Uu. {Joum. NoHh Ohima Br. Boy, As. 8oe^ VU, Dec. 1860, p. 1).

599 LIS Loix)s. 5

Nous allons donner trois notes relatives aux Lolos:

«18. Aiu Kouan^ «Les femmes gouverneurs», appelées aussi Ko-lo. (On ne nous dit pas où on les trouve).

«L*épouse piîndpale parmi elles est appelée Nairté, Elles ont leurs cheveux tressés, et couverts en partie par un morceau d'étoffe bleue. Elles ornent leurs fronts, d^ornements de soie et d*argent, et leurs oreilles de grands anneaux. Leurs longs jupons ont des plis nombreux et épais. Les Nai-ié sont les chefs, et dirigent et contrôlent toutes les affaires locales; et aucune, sauf celles qui sont en&nts de la Nai-ié^ ne peuvent lui succéder ou exercer aucune autorité». (P. 265).

»38. Ko-lo^ à l'origine appelés Lou-lou [Lu-{u/i]; la désignation moderne Rty-lo est incorrecte. On les trouve dans la préfecture de Ta«ting [~^ ^^J*

«Ils sont divisés en deux tribus, Tune blanche et Tautre noire. Us sont grands, d'un teint foncé, avec des yeux enfoncés, le nez aquilin, portent de longs &voris, et ont la barbe rasée au-dessus de la bouche. Us ont beaucoup de déférence pour les démons, et pour cette raison on les appelle «Dragons de Lo.»

«Â l'époque des Trois Royaumes il y avait un Tsi-ho, qui se distingua particulièrement à la suite de Wou-Hou (le fameux Tchou-ko Liang ^Ê 'j^ ^^ J, quand il défit Meng-Houo, et fut honoré du titre «Prince du Royaume de Lotien». L'ancêtre lointain du chef actuel se nommait Ngan, et pendant beaucoup de générations ses descendants ont gouverné le pays.

«Actuellement ces Ro-lo sont divisés en quarante-huit clans, dont les Anciens sont appelés Gheâ, lit «Tète et Yeux» et sont de neuf rangs, dont le plus élevé est appelé Kang-isoui, On ne s'adresse jamais par leurs noms propres à ceux-ci qui sont exemptés de toutes les formalités du salut. Us ont un bâton d'honneur monté d'argent, et on leur fait appel pour décider les affaires de grande importance. Après les Kang-tsoui, viennent les Mo-kouei^ les Chokouei^ et ainsi de suite jusqu'aux Me-tso, qui ont tous l'honneur d'occuper des postes de confiance. Leur langue et leur littérature sont mongoles.

«Les hommes lient leurs cheveux en une touffe avec une étoffe bleue, et l'attachent sur le front comme une corne. Leurs vêtements du haut sont courts, avec 4e larges manches, et leurs vêtements du bas sont d'un beau bleu. Quand un de leurs chefs meurt, tous ceux qui étaient au-dessous de lui se réunissent, vêtus de leur armure, et à cheval. Ayant habillé le cadavre de robes de soie et de laine, ils le brûlent en plein air ; invoquant alors l'esprit parti, ils enterrent les cendres. Leur attachement pour lui, comme leur seul maître, est tel que rien ne peut les tenter de se soustraire à leur obéissance. Leurs grands arcs, longues lances, et épées tranchantes, sont solides et bien Êibriqués. Us dressent d'excellents chevaux, adorent le tir à l'arc et la chasse; et ils sont si habiles

6 HBKAI OOKDIBB. 600

dans la tactique, que leurs soldats comptent comme les meilleurs parmi toutes les tribus non-civilisées. Il y a ce proverbe: «Les Dragons Lo des Choui-si tapent la tète et frappent la queue», pour indiquer leur célérité dans la défense». Ce texte est accompagné d'une illustration représentant une bande de six hommes, tous armés de longues lances: trois d'entre eux sont à cheval. Un des piétons du groupe porte un cerf sur ses épaules; ils paraissent retourner d'une chasse dans les montagnes.

29. Pe Ko-lOy «Ko-los blancs» ; ils résident dans les départements de Nganchouen [ ^jh j|B ] et de Ta-ting.

«Us ne différent des Ko-los noirs qu*en leur étant inférieurs en dons naturels. Us prennent des reptiles de toute espèce, boivent leur sang, les font rôtir et alors, comme des bêtes, dévorent leur chair. Us enveloppent leurs morts dans des peaux fraîches de boeufs et de chevaux, et les brûlent ainsi. Un peuple demeurant à Pau-ting, appelé Aho parait être identifié avec eux».

G. M. H. Avant d'avoir eu connaissance de la publication de Bridgman,

Playfair

1876 en 1876, Mr. 6. M. H. Platfair tirait de deux MSS., sans titre ou mention d'autenf, traitant des tribus du Eouei-tcheou — et d'un troisième consacré aux dix tribus aborigènes habitant la préfecture de Li kiang (Tun-nan) intitulé j^ ^X. Jf^ "H ^ ^ Q — ^^^ série de monographies dont nous traduisons la quatorzième décriyant les Lo-los '); on peut la rapprocher du texte de Bridgman:

«iKouchlo ^S ^S La Tribu Kouo-lo,

Noms. — Le nom de cette tribu était à Torigine Lou-lou J^ J^ , mais a depuis été corrompu en Kouo-lo,

Distribution, — La Préfecture de Ta-ting dans le Kouei-tcheou, et plus ou moins dans toutes les Préfectures du Yun-nan.

Apparence. — Ces sauvages sont divisés en deux groupes, le «noir» ou «supérieur» et le «blanc» ou «inférieur». Us ont les yeux enfoncés, le teint foncé, les dents blanches, le nez crochu, et un long corps. Us rasent le poil de la lèvre supérieure, mais laissent pousser les favoiis. Us doivent à leur teint le nom de «sauvages noirs» J^ i^, et à leur culte des esprits la désignation

de Lo-Kouei ^ J^ .

Habillement, — Semblable à celui de la Tribu des Li Sou j^ ^S^ [leurs vêtements sont faits de fibres (grass), et leui*s cheveux portés tordus en un noeud]; ils ne portent pas d'arbalètes.

1) TAâ Miaottu of Ktaeiehou and Twman from CAmgm Detcriptiomt. p. 97. (CMma Bgview, V, pp. »2— 108).

Industrie. — Agriculteur et bûcheron.

Religion, — Us adorent les esprits et le dragon, auxquels ik offrent des sacrifices dans l'espérance d'obt^r une longue vie.

Disposition, — Paisibles et faciles à contrôler, mais dépourvus de culture littéraire ou d'étiquette.

Histoire — A Tépoque de la dynastie des Petits Han (221 ap. J. G.) Tchou-ko Liang ^ê "j^ JÈ^ , canonisé comme Wou Hou ^^ ^^ entra en campagne contre Meng Houo ^^ |s et fut créé Prince de Lo-tien ^ë ^to| . Il apprit Pusage du feu aux Tribus Kouo-Lo».

Enfin, Mr. A. B. CoLquHouN a inséré dans son onyrage Across ' ^gg3 Chrysi (1883), Vol. Il, App., une traduction par M. George W. Gla&kb, de la China Inland Mission, d*un compte-rendu ms. des Miao-tsen, du Eoaei-tcheon, écrit après lenr conquête vers 1730 [82 articles]; il ofPre quelques variantes avec les mss. de Bridgman et de Playfair sans ajouter grand*cliose aux renseignements de ses devanciers:

Lo'lo.

I. La tribu Lo-lo est divisée en deux clans, appelés les Noirs et les Blancs, Le clan Noir a de jolis noms. Leurs yeux sont profonds; ils sont grands, ont un teint foncé et de grands nez. Ils se rasent la tète mais laissent pousser leur barbe. Ils ont un sac étroit de calicot noir, dans lequel leurs cheveux sont mis et tordus, comme une corne, sur le sommet de la tète. Les femmes portent de longs vêtements et de grandes manches. Leurs coutumes sont diaboliques, et Pon appelle leur territoire «Le Filet du Diable». Ils ont des caractères. (A Dating-fou ^) il y a une tablette, la moitié est écrite en Chinois, l'autre moitié en Lo-lo). Ils nourissent bien leur bétail, ont de bons chevaux, et sont amateurs de chasse dans les montagnes. En 221 A. D. (l'époque des Trois Royaumes)^ un Lo-lo, appelé Tchi-ho, vint au Yun-Nan avec le Marquis Wou et aida à la défaite de Mong— houo; cela lui |acquit une grande réputation. L'Empereur Tchao-lié B3 3?d le fit Prince de Lo-tien-Kouo, c'est-à-dire le pays autour de Da-ting-fou. Il prit ensuite l'ancien nom de sa famille, Ngan, Paix. Son territoire est partagé en quarante-huit sections; chaque section a ses administrateura, mais il y a neuf administrateurs en chef. Ces neuf demeurent à Da-ting-fou.

1) Lire Tt-ting, ^ ^ jl^ .

8 HBKBI OOBDIBE. 602

Niu-kouan Lo^lo.

II. Il y a des femmes gouverneurs parmi les Lo-lo. En ce cas, c'est la première épouse, qui est appelée Longue-Souffrance. Celles-ci replient leurs cheveux en une touffe, et Tenveloppent dans un sac de calicot noir sur le sommet de la tète. Elles portent plusieurs ornements d'argent sur leur front et aussi de larges colliers d'argent. Elles portent de longues jupes avec trente-six plis. Seul, le fils de la première femme peut obtenir la place de son père dans le clan. Si Tenfant est trop jeune pour remplir la charge, sa mère en prend le contrôle jusqu'à ce qu'il soit d'âge. Quand il n'y a pas de vrai successeur, un autre administrateur est choisi par le clan pour gouverner.

Pe Lo'lo.

III. Les Pe Lihlo sont de la même fomille que les He Lo^lo, Leurs noms sont inférieurs. Us ne sont pas recherchés dans leur nourriture, mangeant un petit peu de poil et de chair et des animaux tels que rats, oiseaux ou des choses rampantes. Ils n'emploient pas de bols ni de vaisselle; la nourriture est cuite dans des marmites à trois pieds et chaque personne emploie une cuiller pour y puiser et manger. Quand ils meurent, le corps est enveloppé dans une peau de bœuf ou de cheval, et le cadavre est alors brûlé. On les appelle Lo los Blancs à Dating, Choui-si, Ngan-choun et Yong-ning; mais à Pu-.ting, on les nomme A-ho. Us sont cultivateurs de thé, ce qui est un bon commerce.

G. Devéria Devéria dans son ouvrage La frontière Sino-Annamite a recueilli

sur les peuples du sud de la Chine et en particulier sur les LOIO0 des renseignements d'après les sources chinoises. La seconde partie de son livre renferme des Notes ethnographiques ^ixéeBàxxxeoxjieiiHouang Tsing tche-kong Vou ^ ^ ^^^ c'est-à-dire Tableau descriptif des peuples tributaires de la dynastie Tsing publié de 1751 à 1778 par ordre de l'Empereur E'ien-loung. Nous y trouvons presque toutes les tribus citées dans la Topographie du Yun-nan: les Miao L0I08 différents des Lolos blancs et des Lolos noirs, d'une physionomie repoussante, d'un caractère violent et très habiles à manier la lance et l'arbalète, répandus dans dix préfectures du Tnn-nan, mais sans former d'agglomérations; les Zfolos blancs qui occupent k dernier degré de l'échelle parmi les barbares étrangers. «Les

603 us L0L08. 9

Y-kia [^ ^] on Pe Lolos, <Lolo9 blancs», portent la qnene et sont, de tontes ces populations mixtes, celle qni a été le plus complètement assouplie par la * civilisation chinoise. Les femmes ont les cheyeux divisés en deux tresses, portent un petit turban sur la tête et le costume des campagnardes chinoises, moins la chaussure. Elles vont pieds nus. Les Y-kia habitent le territoire compris entre Ma-chang et Nga-da-ti. Ils sont bons agriculteurs, d'un naturel superstitieux et craintif et paraissent honteux de leur origine. Dds qu'ils le peuvent, ils se travestissent en Pen-ti> ^).

«Les hommes se couvrent la tête d'un morceau d'étoffe, leur tunique est courte, ils portent en bandoulidre une bourse brodée et sont chaussés de souliers de cuir. Les femmes retroussent leurs cheveux pour en faire un chignon qu'elles recouvrent d'un morceau d'étoffe noir ou bleu orné de coquillages et de grelots d'étain. Elles se bandent les pieds, portent des chaussures et sont obligées de travailler à la terre» *).

A rapprocher des Lolos blancs du Tong-king:

«Les Lolog blancs se nomment eux-mêmes Mân za, leur habitude de porter les cheveux longs les font nommer quelquefois Tchang mao Lolo. On trouve leurs villages parmi ceux des Lolo noirs dans la partie nord du phu de Bao lac, et des fou de K'ai hoa *) et de Kouang nan ^) au Tun-nan» ^),

Les Lolos noirs «forment la classe la plus estimable des étrangers qui habitent sur le sol yunnanais. . . Les habitations des Lolos noirs sont appelées Chan-pien "^ ^ lorsque pour leur construction ils se sont servis de bois au lieu de briques.

«Les hommes s'entourent la tête d'un morceau d'étoffe noire ou bien portent un chapeau fait de bambou; sur leurs vêtements de

I) F. Oamier, Voyage éPExphratUm, I, p. 519.

3) Derérit, p. 188.

5) BoDi&ey, pp. 824-5.

10 HB9RI OORDIBB. 604

toile ils mettent un manteau de feutre. Les femmes s'entourent aussi la tête d'un morceau d'étoffe noire et portent des pardessus de peau de mouton, elles se serrent les pieds et portent des chaussures» ^).

«Les He Lolos ou «Lolos noirs» écrit Gamier, *) portent leurs cheyeux et se considèrent comme supérieurs aux précédents [Lolos blancs]. Je crois que l'on peut comprendre sous cette appellation générale les tribus qui, sous les différents noms de Man-tse, de Lissons, de Si-fan, sont disséminées depuis les frontières occidentales du Se-tchouen jusqu'aux rives de la Salouen. De ces tribus, quelques-unes paraissent appartenir au rameau noir de la race caucasique; les autres sont probablement un mélange de ce rameau et de la race tibétaine».

Rapprochons les également des Lolos noirs du Tong-king:

«Les Lolos noirs n'habitent au Tong-king que le phu de Bao lac; dans leur langue ils s'appellent Màn zi (prononcer Meun zi); on les appelle Man khoanh (sino-annamite galon); ils parlent le thai comme langue d'échange.

«On trouve chez ces Lolo une coutume analogue à celles qui sont décrites dans le chap. II de l'ouvrage de Westermarck sur l'origine du mariage dans l'espèce humaine. Dans le premier mois de l'année annamite ou chinoise, qui coïncide avec la fin des récoltes et l'époque où les travaux des champs ont cessé, les jeunes gens sont libres de se fréquenter comme ils l'entendent. De nombreux mariages se concluent à cette époque. Il faut dire d'ailleurs que les mois d'hiver, alora que les greniers sont pleins, sont particulièrement mis à profit par les Indigènes de tous les groupes ethniques, pour célébrer leurs fêtes de famille» *).

Les Lo'Wou ou Lo'los LaO'Wou sur le territoire des préfectures de Yun-nan, Ta-li, Tchou-hiong, Yao-ngaui Yong*tch'ang et Eingtong fou *). — Il n'y a de Lou^wou Lo^lo *) que sur le territoire de E'iu-tsing fou ^); leur manière de vivre ressemble à celle des Lolos noirs. — Les A^teho Lo'los ®), sur le territoire de la préfecture de Kouang-si fou. — «Les Hai Lo-losy Lolos de la mer; il n'y en a

1) Devérift, pp. 140—1.

2) F. Gamier, Voyaçe if Exploration, l, p. 519. 8) Bonifaey, pp. 823—4.

4) Devéria, p. 162. ^) ft A^ /j^ • ^) Dev^ria> P- 168.

Page 1